C. L'estuaire et ses rivages

Mise à jour : 13 juillet 2026

Temps de lecture : 102 minutes

Atlas des paysages - Le-Verdon-sur-Mer
Jetées, grues et bateaux animent le paysage à l'embouchure de la Gironde - Le-Verdon-sur-MerDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Atlas des paysages - Talais
Les marais parcourus de fossés s'étendent sur les rives - TalaisDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Atlas des paysages - Saint-Vivien-de-Médoc
Les horizons s'étirent parmi ces terres gagnées sur les eaux - Saint-Vivien-de-MédocDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Atlas des paysages - Civrac-en-Médoc
Les paysages du Médoc sont dominés par la viticulture - Civrac-en-MédocDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Atlas des paysages - Pauillac
La ville surplombe les vasières herbeuses des berges de l'estuaire - PauillacDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier

Au-delà du Bec d’Ambès, rejeton terrestre de ces eaux, la rencontre entre Garonne, Dordogne et Atlantique donne ici naissance à un estuaire hors d’échelle, paysage aquatique majestueux qui longe les terrasses alluviales du Médoc en rive gauche, les marais de Braud-et-Saint-Louis en face. Les eaux des deux fleuves ont longtemps enrichi ces rives de nombreux matériaux, constituant d’une part des terrasses de graves bien drainantes, propices au développement du vignoble, et d’autre part des palus que le travail de l’homme a rendu exploitables en prairies et labours. Depuis les berges de la Gironde s’étalent donc les marais cultivés et pâturés, organisés par de complexes réseaux de drainage et accueillant des ports presque en pleine terre, surplombés par des pentes aux vignes soigneusement cultivées et ponctuées de châteaux.

Le plus vaste estuaire d’Europe se divise en un grand nombre d’unités de paysage, depuis sa naissance à la confluence Dordogne-Garonne jusqu’à son embouchure maritime. A la rencontre des deux fleuves, l’accumulation d’alluvions a formé le Bec d’Ambès, extension marécageuse de l’Entre-Deux-Mers. En rive droite, un ancien méandre a laissé la place au marais de Prignac-et-Marcamps, replat agricole au pied des coteaux de Bourg, annonciateur des plus vastes espaces agricoles du marais de Braud-et-Saint-Louis, en aval. En rive gauche, après les palus de Ludon-Médoc, terres humides aux portes de Bordeaux, les terrasses graveleuses et marais forment différents paysages dans le Médoc viticole : le Médoc de Margaux et ses vignobles prestigieux ; la clairière de Listrac, encadrée par le massif forestier ; le Médoc de Pauillac, résolument tourné vers l’estuaire ; le Médoc de Saint-Christoly, territoire partagé entre vignes et marais ; le Médoc des Mattes, aux terres gagnées sur les eaux, nettement marqué par les marais agricoles. A l’embouchure enfin, la pointe de Grave forme la connexion entre Gironde et Atlantique, et clôture les paysages de l’estuaire et ses îles. Onze unités de paysages se dégagent ainsi pour l’estuaire :

Atlas des paysages - L'estuaire et ses rivages
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier L'estuaire et ses rivages

C1. Le Bec d’Ambès

Situation

Avec la confluence de la Dordogne et de la Garonne naît le plus grand estuaire d’Europe, et à ce point de rencontre s’étire le Bec d’Ambès, langue d’alluvions accumulées lentement par les deux fleuves. Si la presqu’île ainsi formée prolonge les derniers reliefs des collines calcaires de l’Entre-Deux-Mers, elle appartient davantage, par sa position et surtout par ses paysages, aux berges de la Gironde. Continuant aujourd’hui encore à accumuler des dépôts, s’étirant imperceptiblement vers l’aval, cette avancée d’une dizaine de kilomètres accueille à la fois agriculture, urbanisation et implantations industrielles, sur des terres marécageuses transformées par l’homme au fil des siècles.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C1

  • AMBARES-ET-LAGRAVE
  • AMBES
  • BASSENS
  • SAINT-LOUBES
  • SAINT-LOUIS-DE-MONTFERRAND
  • SAINT-VINCENT-DE-PAUL

Caractéristiques

Schéma du Bloc 13
Agence Folléa-Gautier Schéma du Bloc 13

Des berges à l’occupation ancienne

Au long des berges, les deux fleuves ont formé des bourrelets alluvionnaires, légèrement surélevés et dont les sols présentent une bonne qualité agronomique. Ces terres ont donc accueilli de longue date les principales implantations - villages, vignes, et plus récemment industries - tandis que le cœur, bien plus humide, était géré en pâtures et marais de chasse. Avant même le tracé de routes sur le Bec d’Ambès, la possibilité d’y accoster en bateau depuis Bordeaux rendait ces rives attractives : la noblesse y a fait construire, dès le XVIIème siècle, des demeures de villégiature (bien visibles sur la carte de Belleyme). Cette tendance se confirmera avec le développement de la viticulture sur ces terres fertiles, durant les XVIIIème et XIXème siècles.Aujourd’hui, la D10 offre un itinéraire privilégié de découverte des paysages de berges. Elle traverse des configurations variées, profite de la présence du patrimoine bâti ancien, partiellement préservé, et offre des vues inégalées sur la Garonne comme sur la Dordogne. Au long d’un corridor végétal présentant différentes ambiances arborées - qu’il s’agisse d’alignements plantés ou bien de haies développées spontanément - des ouvertures se dessinent, plus ou moins importantes, et offrent un contact de proximité avec le fleuve. Mais l’importance et la vitesse de la circulation sur ces routes ne permettent pas de profiter de ce potentiel : le trafic lié aux zones industrielles reste important (malgré la proximité de la D113) et très peu d’endroits laissent la possibilité de s’arrêter.

Château Madran, encadré par ses vignes à l'est et la Garonne à l'ouest - Saint-Louis-de-Montferrand
Château Madran, encadré par ses vignes à l'est et la Garonne à l'ouest - Saint-Louis-de-Montferrand Agence Folléa-Gautier
Au-delà de la digue de béton, la Garonne se découvre dans toute son ampleur par cette ouverture dans la ripisylve : l'estey du Maine crée cette configuration en se jetant dans le fleuve - Ambès
Au-delà de la digue de béton, la Garonne se découvre dans toute son ampleur par cette ouverture dans la ripisylve : l'estey du Maine crée cette configuration en se jetant dans le fleuve - AmbèsAgence Folléa-Gautier
La rive bien dégagée donne à voir la Garonne et l'alignement occulte la zone d'activités - Ambès
La rive bien dégagée donne à voir la Garonne et l'alignement occulte la zone d'activités - AmbèsAgence Folléa-Gautier

Des terrains humides héritiers d’une histoire riche

Entre ces bourrelets s’étendent des terrains plats, favorables à la formation de marais, qui ont connu une évolution très différente des berges. Une grande partie de ces terrains marécageux, appartenant à la baronnie de Montferrand, a été donnée aux habitants à la fin du XVIème siècle, qui pouvaient en user pour la chasse, la pêche et l’élevage. Louis XIV en demanda l’assèchement en 1653, ce qui entraîna la création de plusieurs marais, plus ou moins drainés, certains cultivés et d’autres non. La gestion collective s’est prolongée après la disparition de la baronnie, engendrant de multiples conflits, jusqu’à ce qu’un syndicat intercommunal soit créé en 1872, donnant pouvoir aux sept communes du territoire sur ces terres. De ces transformations, apparaît aujourd’hui un paysage de prairies humides, parcourues de jalles et de fossés, ainsi que de petits plans d’eau pour la chasse ; le pâturage étant le mode d’exploitation traditionnel de ces terrains. A la fin du XIXème siècle, le Bec d’Ambès devint un territoire clef de la production viticole : il se développe durant la crise du phylloxéra, alors que la plupart des vignobles subissent de plein fouet les attaques de la maladie. En effet, l’immersion temporaire des pieds de vigne à certains moments de l’année permettait de résister efficacement au champignon. Les marais du Bec d’Ambès, avec leur système hydraulique construit et contrôlé par l’homme, offrirent donc une configuration idéale. Mais si le vin ainsi produit a tenu un rôle commercial majeur, il n’était pas d’une grande qualité et les vignes régressèrent rapidement après cette période de crise. Aujourd’hui, quelques parcelles sont encore présentes, toujours à proximité des berges, mais dans une proportion très réduite.Les évolutions les plus récentes ont vu de grandes parcelles cultivées s’implanter autour des marais, dessinant des paysages ouverts sur de larges horizons. Les bocages plutôt fermés par les ripisylves des canaux laissent donc la place à de vastes champs, souvent semés de maïs, qui tendent souvent à s’étendre sur le bourrelet alluvionnaire, empiétant sur ses paysages particuliers.

Ce fossé, proche du hameau de Mondion, a été recuvelé en béton - Saint-Vincent-de-Paul
Ce fossé, proche du hameau de Mondion, a été recuvelé en béton - Saint-Vincent-de-PaulAgence Folléa-Gautier
Juste au nord du village, la maïsiculture domine sur le bourrelet alluvionnaire - Saint-Louis-de-Montferrand
Juste au nord du village, la maïsiculture domine sur le bourrelet alluvionnaire - Saint-Louis-de-MontferrandAgence Folléa-Gautier
Les berges accueillent encore quelques domaines viticoles, protégés par de hauts murs-digues - Saint-Louis-de-Montferrand
Les berges accueillent encore quelques domaines viticoles, protégés par de hauts murs-digues - Saint-Louis-de-Montferrand
Les larges prairies de fauche, très dégagées, dessinent un paysage plus ouvert que les anciennes pâtures bocagères - Ambès
Les larges prairies de fauche, très dégagées, dessinent un paysage plus ouvert que les anciennes pâtures bocagères - Ambès Agence Folléa-Gautier

Des paysages de ’nature industrielle’ à valoriser

Parallèlement à la rive droite de la Garonne, une voie ferrée s’étire jusqu’à la pointe, desservant ainsi les multiples complexes implantés au long du fleuve. En effet, si la partie sud de cette berge reste dévolue à l’habitat - mises à part quelques zones d’activités - le nord de la pointe est le domaine privilégié des emprises industrielles, qui profitent à la fois de la proximité de Bordeaux et de deux rives navigables. Séries de cuves de stockages, pipelines, cheminées ou hangars se succèdent, parfois accompagnés par des haies et alignements plantés ou spontanés, parfois en vis-à-vis avec de larges espaces agricoles ouverts. Autour du point de repère que forment les cheminées de la centrale thermique, les lignes à haute tension rayonnent à travers la presqu’île, imposant cette présence dans la majorité de ses paysages. L’extrémité nord est totalement annexée par l’ancienne raffinerie de pétrole (en activité de 1939 à 1987) qui s’étend sur près d’un kilomètre et demi. Cette occupation empêche toute approche du point de confluence, alors que cette pointe représente un endroit stratégique pour la perception et la compréhension des paysages de l’estuaire, offrant notamment d’amples ouvertures sur l’estuaire naissant et les vifs coteaux viticoles de la rive droite. Certaines de ces industries bénéficient d’un accompagnement végétal, qui peut parvenir à assurer l’équilibre avec les paysages du Bec d’Ambès, mais d’autres s’inscrivent à l’horizon de vastes parcelles ouvertes, s’imposant visuellement avec un impact hors d’échelle par rapport à l’importance de leur emprise. L’inscription de ces bâtiments dans leur site demande un travail sur le potentiel végétal de leurs abords, et l’accès par le public de certains de ces sites doit aussi être pensé selon leurs contraintes particulières (zone SEVESO, pollution des sols). Les gravières (au centre et au sud-ouest de la presqu’île) participent aussi de cette nature industrielle, qu’elles soient encore en activité ou non. Dans le premier cas, leurs équipements d’extraction et de transport sont des éléments constitutifs du paysage, au même titre que ceux des complexes du nord, et doivent donc être accompagnés et inclus dans leur environnement. Dans le second cas, elles sont souvent transformées en équipements de loisirs : les nouveaux aménagements devraient alors tirer parti des paysages préexistant alentour, afin de s’intégrer dans l’histoire et les structures de ce territoire particulier pour les mettre en avant.

Les lignes à haute tension marquent autant les espaces agricoles ouverts que les bocages - Ambès
Les lignes à haute tension marquent autant les espaces agricoles ouverts que les bocages - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Point de repère monumental, visible depuis toute la presqu'île mais aussi au-delà des deux fleuves, la centrale thermique signale la vocation industrielle de la pointe - Ambès
Point de repère monumental, visible depuis toute la presqu'île mais aussi au-delà des deux fleuves, la centrale thermique signale la vocation industrielle de la pointe - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Jusqu'à la pointe, une voie ferrée dessert les emprises industrielles du Bec d'Ambès - Ambès
Jusqu'à la pointe, une voie ferrée dessert les emprises industrielles du Bec d'Ambès - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Confrontation visuelle de deux univers : cuves du dépôt de pétrole au premier plan ; Château Tayac, domaine viticole des Côtes de Bourg, en arrière - Ambès
Confrontation visuelle de deux univers : cuves du dépôt de pétrole au premier plan ; Château Tayac, domaine viticole des Côtes de Bourg, en arrière - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Les pétroliers amarrés aux appontements des dépôts participent du paysage du Bec - Ambès
Les pétroliers amarrés aux appontements des dépôts participent du paysage du Bec - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Les pipelines accompagnent ou franchissent la route, également accompagnée de clôtures et parkings peu amènes, tandis que la Garonne reste invisible - Ambès
Les pipelines accompagnent ou franchissent la route, également accompagnée de clôtures et parkings peu amènes, tandis que la Garonne reste invisible - Ambès Agence Folléa-Gautier
Les séries de cuves se succèdent, écrasant ces paysages dégagés - Ambès
Les séries de cuves se succèdent, écrasant ces paysages dégagés - Ambès Agence Folléa-Gautier

Une urbanisation sous l’influence de l’agglomération

Au sud de la presqu’île, l’urbanisation des communes de Saint-Louis-de-Montferrand et Saint-Vincent-de-Paul se propage au fil des routes, sans prise en compte réelle des territoires concernés. Constituées d’un pavillonnaire lâche, qui occulte souvent les vues vers les paysages en retrait, ces extensions doivent être maîtrisées, afin de préserver des coupures d’urbanisation. Celles-ci sont importantes au sortir de l’agglomération bordelaise, et offrent une première approche des paysages du Bec d’Ambès. La ville d’Ambès, quant à elle, garde pour l’instant une forme assez compacte, contrainte par la Dordogne côté nord-est, les lignes à haute tension et la D113 côté sud-ouest. Cette configuration, menacée par quelques extensions récentes, est un avantage qui mérite d’être valorisé par un travail sur les lisières bâties de la commune.Les berges en zone urbaine peuvent être un vrai atout et nécessitent un travail de valorisation : privatisées comme à Ambès ou affublées d’aménagements médiocres comme à Saint-Louis-de-Montferrand, elles n’offrent pas aux populations locales tout leur potentiel. Encore sous l’influence de la marée, elles profitent donc de milieux assez riches et permettraient de développer des espaces publics de qualité, valorisant ce patrimoine.

La ville s'étend, bâtiment après bâtiment, sur l'espace agricole - Saint-Louis-de-Montferrand
La ville s'étend, bâtiment après bâtiment, sur l'espace agricole - Saint-Louis-de-Montferrand Agence Folléa-Gautier
Le centre du village est alourdi de mobilier urbain en grand nombre - Saint-Louis-de-Montferrand
Le centre du village est alourdi de mobilier urbain en grand nombre - Saint-Louis-de-Montferrand Agence Folléa-Gautier
Sans vrai cœur de village, Saint-Vincent-de-Paul se laisse dominer par des extensions malvenues - Saint-Vincent-de-Paul
Sans vrai cœur de village, Saint-Vincent-de-Paul se laisse dominer par des extensions malvenues - Saint-Vincent-de-PaulAgence Folléa-Gautier
La forme assez compacte du bourg d'Ambès est contredite par certaines opérations récentes - Ambès
La forme assez compacte du bourg d'Ambès est contredite par certaines opérations récentes - Ambès Agence Folléa-Gautier
La digue à Saint-Louis-de-Montferrand pourrait devenir un site urbain de qualité
La digue à Saint-Louis-de-Montferrand pourrait devenir un site urbain de qualité Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

La croissance urbaine et les extensions au fil des routes : densification des cœurs de villages (dents creuses...), définitions de zones constructibles bien délimitées, valorisation des points de rencontre urbanisation / agriculture.

Le réseau hydraulique des marais : gestion hydraulique par le réseau traditionnel, entretien des canaux, valorisation de ce patrimoine (itinéraires de promenade).

Les paysages de prairies bocagères : relance de la pratique de la pâture, protection et renouvellement des haies, valorisation de ces paysages (itinéraires de promenade).

Les coupures d’urbanisation - ces espaces de transition permettent de distinguer les paysages agricoles habités du Bec d’Ambès du tissu urbain continu de l’agglomération bordelaise : définition de zones non-constructibles, préservation et reconstitution du bocage autour des villages.

De nouvelles constructions pavillonnaires s'implantent au fil de la RD10 au sud d'Ambès
De nouvelles constructions pavillonnaires s'implantent au fil de la RD10 au sud d'Ambès Agence Folléa-Gautier
La simplification des réseaux de canaux - ici recuvelé en béton - appauvrit les milieux naturels de la presqu'île
La simplification des réseaux de canaux - ici recuvelé en béton - appauvrit les milieux naturels de la presqu'îleAgence Folléa-Gautier
Peu préservées, les haies dessinent moins de connexions écologiques - Saint-Vincent-de-Paul
Peu préservées, les haies dessinent moins de connexions écologiques - Saint-Vincent-de-Paul Agence Folléa-Gautier
Même ponctuelles, les implantations bâties remettent en cause les coupures d'urbanisation - Saint-Louis-de-Montferrand
Même ponctuelles, les implantations bâties remettent en cause les coupures d'urbanisation - Saint-Louis-de-Montferrand Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les paysages riches des rives - catalyseurs de l’occupation ancienne de ce territoire (patrimoine bâti, digues anciennes, présence de vignoble...) : valorisation de ce patrimoine, gestion de la végétation aux abords de la route (plantation d’alignements, maintien d’ouvertures visuelles vers les fleuves), aménagement de points d’arrêt et d’accès aux berges.

La pointe du Bec d’Ambès - ce site clef de lecture des paysages de l’estuaire est aujourd’hui fermé : création d’un site aménagé accessible au public, mise en relation avec les itinéraires des rives du Bec d’Ambès.

La présence de la vigne à proximité des berges : assurer le maintien des parcelles viticoles existantes, soutien au développement de la vigne.

Les extensions urbaines futures : inscription des projets dans les structures paysagères existantes (bocage, réseau hydraulique).

Les berges en zones urbaines : valorisation de ces sites, aménagement d’espaces publics de qualité reliant ville et fleuve.

Le patrimoine bâti n'est pas valorisé et la ripisylve mal gérée coupe toute vue sur la Dordogne - Ambès
Le patrimoine bâti n'est pas valorisé et la ripisylve mal gérée coupe toute vue sur la Dordogne - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Route en cul-de-sac à la pointe du Bec d'Ambès
Route en cul-de-sac à la pointe du Bec d'AmbèsAgence Folléa-Gautier
Au nord de Saint-Vincent-de-Paul, la vigne s'implante en rive gauche de la Dordogne
Au nord de Saint-Vincent-de-Paul, la vigne s'implante en rive gauche de la Dordogne Agence Folléa-Gautier
Le bâti récent s'implante trop souvent sans prise en compte des structures existantes - Ambès
Le bâti récent s'implante trop souvent sans prise en compte des structures existantes - AmbèsAgence Folléa-Gautier
La digue à Saint-Louis-de-Montferrand pourrait devenir un site urbain de qualité
La digue à Saint-Louis-de-Montferrand pourrait devenir un site urbain de qualité Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

La gestion et l’usage communautaire du marais : préservation du statut particulier des marais municipaux, ouverture à un public autre que les chasseurs (itinéraires de promenade, espaces naturels pédagogiques...).

L’inscription des activités industrielles dans le paysage : accompagnement végétal des installations lourdes, aménagement des lisières bâties, inscription des étangs issus de l’exploitation des gravières dans le paysage, développement d’une image de "nature industrielle".

L’urbanisation compacte d’Ambès : maintien de cette forme urbaine cohérente, aménagement des lisières bâties.

Les structures végétales ne suffisent pas à inscrire finement ces équipements dans le paysage - Ambès
Les structures végétales ne suffisent pas à inscrire finement ces équipements dans le paysage - AmbèsAgence Folléa-Gautier
Bâti pavillonnaire et espace public sans qualités en bordure nord d'Ambès
Bâti pavillonnaire et espace public sans qualités en bordure nord d'Ambès Agence Folléa-Gautier

Documents à télécharger

C2. Le marais de Prignac-et-Marcamps

Situation

En contrebas des collines du Blayais et du Cubzadais, le marais de Prignac-et-Marcamps forme une petite unité d’à peine quatre kilomètres sur deux, ouverte sur la Dordogne. Encadré par des versants assez doux, il dessine un paysage très ouvert, dont les limites correspondent plus ou moins au tracé de la RD669.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C2

  • BOURG
  • CUBZAC-LES-PONTS
  • PRIGNAC-ET-MARCAMPS
  • SAINT-ANDRE-DE-CUBZAC
  • SAINT-GERVAIS
  • SAINT-VINCENT-DE-PAUL
  • TAURIAC

Caractéristiques

Un relief doux qui dessine des limites nettes

Le paysage très plat du marais est entouré de versants légèrement pentus, qui marquent l’amorce des collines viticoles de l’arrière-pays. L’ensemble correspond à un ancien coude de la Dordogne, comblé par des apports d’alluvions fluviatiles. Les digues constituées en bordure du fleuve ont permis de parachever ce processus et de rendre ces terres exploitables. Les fonds du marais correspondent à une altitude moyenne de trois à quatre mètres, tandis que les versants s’élèvent à une trentaine de mètres, offrant de larges vues dégagées : très ouvert, le paysage se révèle depuis les pieds de coteaux viticoles jusqu’à la Dordogne elle-même.

Depuis les hauteurs à l'est de Bourg, l'étendue plane et verdoyante du marais se révèle.
Depuis les hauteurs à l'est de Bourg, l'étendue plane et verdoyante du marais se révèle. Agence Folléa-Gautier
Légèrement en pente, les versants ouvrent de larges vues sur le marais, jusqu'à la Dordogne
Légèrement en pente, les versants ouvrent de larges vues sur le marais, jusqu'à la DordogneAgence Folléa-Gautier

Un réseau hydraulique qui structure le paysage

Le Moron constitue le cours d’eau principal des marais, complété par quelques modestes affluents de la Dordogne comme l’Estey de la Molière. Si ces ruisseaux s’écoulent directement dans le fleuve, un autre réseau organise le paysage : de nombreux fossés de drainage le structurent en constituant le parcellaire. Jouant un rôle majeur dans la mise en cultures de ces terres humides, ces fils d’eau participent également de la qualité paysagère : les haies arborées qui accompagnent certains d’entre eux rythment les horizons des champs très ouverts, tout en favorisant la biodiversité.

Autour du cours du Moron, des habitats riches ont été répertoriés au titre des ZNIEFF de type 1, témoignant de la qualité des milieux humides. Boisements humides - issus principalement de parcelles enfrichées - et roselières sur les bords de la rivière constituent des milieux naturels précieux.

La structure parcellaire est soulignée par les canaux de drainage - Saint-André-de-Cubzac
La structure parcellaire est soulignée par les canaux de drainage - Saint-André-de-CubzacAgence Folléa-Gautier
Entre vigne et prairie, une belle haie arborée accompagne le fossé jusqu'au fleuve - Prignac-et-Marcamps
Entre vigne et prairie, une belle haie arborée accompagne le fossé jusqu'au fleuve - Prignac-et-Marcamps Agence Folléa-Gautier
Cette haie de saule est sans doute héritée d'anciennes cultures de vime - Saint-Gervais
Cette haie de saule est sans doute héritée d'anciennes cultures de vime - Saint-GervaisAgence Folléa-Gautier
En contrebas du village de Prignac-et-Marcamps, ces bois humides offrent des habitats précieux pour la faune
En contrebas du village de Prignac-et-Marcamps, ces bois humides offrent des habitats précieux pour la faune Agence Folléa-Gautier

Une agriculture variée et équilibrée

Contrairement aux collines du Blayais, au nord, largement dominées par la viticulture, le marais de Prignac-et-Marcamps accueille une agriculture bien diversifiée : vignes, prairies et cultures s’y partagent l’espace en une composition assez équilibrée, source de paysages complexes et riches. L’organisation qui se dessine laisse aux vignes les versants secs sur les pentes du pourtour du marais, mais on trouve également des parcelles viticoles en bordure du fleuve. Les grandes parcelles de maïsiculture ouvrent de larges horizons, tandis que les prairies, si elles peuvent s’étendre sur des échelles similaires, sont souvent accompagnées d’arbres qui enrichissent avantageusement le paysage. Quelques parcelles boisées complètent ces paysages : des peupleraies - encore peu étendues - à proximité des berges et des boisements humides au sud de Prignac-et-Marcamps, en contrebas de la vigne.

Vignes et prairies se partagent les terres du marais - Prignac-et-Marcamps
Vignes et prairies se partagent les terres du marais - Prignac-et-MarcampsAgence Folléa-Gautier
Les versants secs sont consacrés à la viticulture, en contrebas, on aperçoit les cimes des boisements humides - Prignac-et-Marcamps
Les versants secs sont consacrés à la viticulture, en contrebas, on aperçoit les cimes des boisements humides - Prignac-et-MarcampsLes versants secs sont consacrés à la viticulture, en contrebas, on aperçoit les cimes des boisements humides - Prignac-et-Marcamps
De vastes parcelles de maïsiculture s'étirent jusqu'aux berges de la Dordogne - Saint-André-de-Cubzac
De vastes parcelles de maïsiculture s'étirent jusqu'aux berges de la Dordogne - Saint-André-de-CubzacAgence Folléa-Gautier
Friche et peupleraie à proximité du fleuve - Prignac-et-MArcamps
Friche et peupleraie à proximité du fleuve - Prignac-et-MArcamps Agence Folléa-Gautier

Une urbanisation peu développée, mais qui fragilise le paysage

Dans le contexte largement habité des collines viticoles alentour, le marais offre de grands espaces peu investis par l’habitat, constituant un agréable et précieux espace de respiration. On ne trouve pas de vraie densité bâtie dans le marais, mais une série de hameaux occupe les hauteurs des pentes au fil de la RD669, tandis que les berges ont été investies par quelques lieux-dits à vocation portuaire. La plupart de ces groupements ont pour origine un noyau ancien - qui peut se limiter à une ferme ou une église isolée - autour duquel se sont greffées de nouvelles constructions : l’occupation première de ce territoire, très dispersée, n’a pas favorisé un développement urbain cohérent. Si les extensions ne sont pas encore nombreuse, elles se diffusent et sont facilement perceptibles dans le paysage ouvert.

Bien implantés sur les crêtes, les villages de Saint-André de Cubzac, Saint-Gervais et Prignac-et-Marcamps surplombent le marais et offrent de belles silhouettes, parfois valorisées par des murs dessinant un socle régulier.

De même, les châteaux viticoles - château Grissac, château Grand-Jour, château Gombaud - positionnés à mi-pente dominent leur vignes et contribuent grandement à la valeur paysagère et patrimoniale du marais : la qualité de leur architecture dessine des ensembles bâtis valorisants, implantés avec subtilité dans leur site. Les petits parcs boisés et les allées plantées qui les accompagnent complètent les structures végétales du marais et enrichissent les paysages.

Mais le petit patrimoine rural tend à se dégrader, ainsi que certaines habitations à l’abandon - notamment dans le secteur du marais, plus touché par ces dégradations que le bâti des versants. Le risque d’inondation explique en partie cet état de fait : les implantations sur les berges ou dans les terres basses sont directement exposées à ce danger, et donc facilement délaissées. Ainsi, bien qu’il constitue un hameau d’une forme urbaine intéressante, le port de Plagne souffre de la présence de ruines bâties qui le dévalorisent sur les berges, tandis que les extensions récentes se bâtissent plus en hauteur, sans connexion avec l’implantation ancienne.

Les nouvelles constructions s'égrènent au bord de la route ; le hameau des Lurzines s'est construit autour d'une église isolée - Prignac-et-Marcamps
Les nouvelles constructions s'égrènent au bord de la route ; le hameau des Lurzines s'est construit autour d'une église isolée - Prignac-et-Marcamps Agence Folléa-Gautier
La ferme, dont on aperçoit les toitures au fond, a justifié ces constructions banalisantes et mal inscrites dans le paysage - Saint-André-de-Cubzac
La ferme, dont on aperçoit les toitures au fond, a justifié ces constructions banalisantes et mal inscrites dans le paysage - Saint-André-de-Cubzac Agence Folléa-Gautier
Saint-Gervais
La montée vers Saint-Gervais par la RD137 permet d'apprécier la silhouette du village Agence Folléa-Gautier
Alignés sur la crête, les bâtiments du hameau de Coubet dessinent un profil agrémenté par les arbres - Prignac-et-Marcamps
Alignés sur la crête, les bâtiments du hameau de Coubet dessinent un profil agrémenté par les arbres - Prignac-et-MarcampsAgence Folléa-Gautier
vignes
vignes Agence Folléa-Gautier
Château Gombaud entouré de son parc boisé - Saint-André-de-Cubzac
Château Gombaud entouré de son parc boisé - Saint-André-de-Cubzac Agence Folléa-Gautier
Belle allée plantée devant château Gombaud - Saint-André-de-Cubzac
Belle allée plantée devant château Gombaud - Saint-André-de-Cubzac Agence Folléa-Gautier
Les pentes viticoles dominées par château Grissac - Prignac-et-Marcamps
Les pentes viticoles dominées par château Grissac - Prignac-et-Marcamps Agence Folléa-Gautier
L’estuaire et ses rivages
L’estuaire et ses rivagesAgence Folléa-Gautier
Ce lavoir bien conservé gagnerait à être valorisé - Prignac-et-Marcamps
Ce lavoir bien conservé gagnerait à être valorisé - Prignac-et-Marcamps Agence Folléa-Gautier
Cette belle façade continue à Plagne souffre de l'abandon de certaines habitations - Saint-André-de-Cubzac
Cette belle façade continue à Plagne souffre de l'abandon de certaines habitations - Saint-André-de-Cubzac Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection/préservation

Les milieux naturels autour du Moron : protection des habitats naturels, ouverture raisonnée au public, gestion de l’enfrichement par fauche ou pâtures.

Le patrimoine architectural (châteaux, petit patrimoine) : repérage, classement, et inscription aux documents d’urbanisme, entretien et rénovation.

En contrebas du village de Prignac-et-Marcamps, ces bois humides offrent des habitats précieux pour la faune
En contrebas du village de Prignac-et-Marcamps, ces bois humides offrent des habitats précieux pour la faune Agence Folléa-Gautier
 Une grange en ruine dans le marais - Prignac-et-Marcamps
Une grange en ruine dans le marais - Prignac-et-Marcamps Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation/création

Les hameaux anciens : constitution de centralités par densification et requalification.

Les bords de Dordogne : création de circulation douce continue.

Le réseau des fossés de drainage : gestion et renouvellement des structures végétales existantes, prolongement du réseau des haies, mise en place de circulations douces piétons-vélos.

Les hameaux portuaires : aménagement des espaces publics en contact avec le fleuve.

Les points de vue sur le marais depuis les routes et les villages : mise en valeur.

Les berges offrent un espace idéal pour accueillir une liaison douce - Saint-André-de-Cubzac
Les berges offrent un espace idéal pour accueillir une liaison douce - Saint-André-de-CubzacAgence Folléa-Gautier
Ces arbres participent du paysage, mais gagneraient à être intégrés à un réseau de haies - Saint-Gervais
Ces arbres participent du paysage, mais gagneraient à être intégrés à un réseau de haies - Saint-Gervais Agence Folléa-Gautier
La rencontre avec la Dordogne mérite un aménagement de qualité - Saint-André-de-Cubzac
La rencontre avec la Dordogne mérite un aménagement de qualité - Saint-André-de-CubzacAgence Folléa-Gautier
Point de vue depuis Peyrelevade sur le hameau de Plagne et le marais - Saint-André-de-Cubzac
Point de vue depuis Peyrelevade sur le hameau de Plagne et le marais - Saint-André-de-Cubzac Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation/requalification

Les extensions urbaines récentes : inscription dans le paysage par la constitution de lisières urbaines plantées d’essences indigènes.

La ferme, dont on aperçoit les toitures au fond, a justifié ces constructions banalisantes et mal inscrites dans le paysage - Saint-André-de-Cubzac
Agence Folléa-Gautier La ferme, dont on aperçoit les toitures au fond, a justifié ces constructions banalisantes et mal inscrites dans le paysage - Saint-André-de-Cubzac

Documents à télécharger

C3. Les palus de Parempuyre

Situation

Au nord de l’agglomération bordelaise, face au Bec d’Ambès, l’urbanisation laisse très vite la place à des milieux humides, presque dénués de toute trace de bâti. De la réserve naturelle des marais de Bruges aux premières vignes de Macau, les palus de Parempuyre forment une longue plaine marécageuse d’une douzaine de kilomètres, traversée par plus de dix canaux. Ce réseau hydraulique, ainsi que les longues digues qui bordent la berge, ont permis la conquête de ces terres sur l’estuaire, et forment aujourd’hui la structure de base d’un paysage périurbain atypique, mêlant marais arborés et installations industrielles, entre l’agglomération et le fleuve.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C3

  • BLANQUEFORT
  • BORDEAUX
  • BRUGES
  • LUDON-MÉDOC
  • MACAU
  • PAREMPUYRE

Caractéristiques

Les marais, un territoire organisé par l’eau

A l’abri des digues, de vastes parcelles marécageuses sont exploitées en cultures (maïs) ou en prairies, déployant leurs palettes vertes sur de grands espaces. Bien que l’on n’y trouve aucun boisement d’envergure, les arbres sont très présents dans ces marais, bordant les parcelles et les cours d’eau en rideaux denses de feuillus, superposant un horizon sombre aux cultures très ouvertes. Ces haies longent parfois aussi les voies de communication, dessinant alors des routes en tunnels végétaux opaques. Bien que très peu nombreuses, on trouve également quelques vignes, sur les bordures nord et ouest de l’unité, les premières en aval de Bordeaux. L’origine artificielle de ces terrains se traduit aujourd’hui par une topographie tout à fait particulière. En effet, les terres les plus basses sont les plus éloignées des berges, la digue ayant maintenu autour d’elle un bourrelet de terrain plus élevé. Cette cuvette, au réseau de drainage bien plus dense mais toujours plus humide malgré tout, a développé un sol tourbeux, distinct des terrains en bord de fleuve. L’implantation du bâti s’en ressent également : l’urbanisation (très limitée) s’est concentrée derrière la digue, au long de la D209, tandis que les zones inondables restent presque désertes.

Avec la proximité de Bordeaux, cette unité est aussi marqués par diverses implantations économico-industrielles de grande échelle : gravières, zones industrielles de Bruges et de Blanquefort... Etablis dans ces paysages marécageux, avec leurs trames précises et leur riche patrimoine naturel, ces complexes doivent s’intégrer et tirer parti des éléments en place afin de composer un paysage, le plus équilibré possible, de ’nature industrielle’, c’est-à-dire de nature marquée par l’industrie. Souvent, les implantations industrielles jouent un rôle de repère. La centrale thermique d’Ambès en est un bon exemple : dressée sur l’autre rive, elle surplombe les cimes des arbres et se perçoit depuis une grande partie du territoire. Plus ponctuellement, les silos ou les tapis roulants des carrières nous signalent des activités liées à des sites particuliers, et nous renseignent donc aussi sur les paysages. Mais les vastes étangs résultant des activités des gravières transforment sur de grandes surfaces les paysages des marais, et s’inscrivent difficilement dans ces territoires complexes.

Des lisières sombres accompagnent les vastes prairies des marais - Ludon-Médoc
Des lisières sombres accompagnent les vastes prairies des marais - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
schema-structures-morpho
schema-structures-morphoAgence Folléa-Gautier
Lisières, haies ou sujets isolés : les arbres prennent une place majeure dans ces paysages - Ludon-Médoc
Lisières, haies ou sujets isolés : les arbres prennent une place majeure dans ces paysages - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
Bâtisse agricole ancienne, implantée en bordure de la D209 - Ludon-Médoc
Bâtisse agricole ancienne, implantée en bordure de la D209 - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
Au-delà des vignes et de la ripisylve des rives de Garonne, la centrale thermique d'Ambès est un repère fort dans le paysage - Ludon-Médoc
Au-delà des vignes et de la ripisylve des rives de Garonne, la centrale thermique d'Ambès est un repère fort dans le paysage - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les gravières s'accompagnent d'équipements importants, très visibles dans les basses terres des palus - Blanquefort
Les gravières s'accompagnent d'équipements importants, très visibles dans les basses terres des palus - BlanquefortAgence Folléa-Gautier
Les vastes étangs résultant de l'exploitation du sol ne s'inscrivent pas encore dans le paysage des marais - Blanquefort
Les vastes étangs résultant de l'exploitation du sol ne s'inscrivent pas encore dans le paysage des marais - BlanquefortAgence Folléa-Gautier

Ludon-Médoc, une commune entre ruralité et urbanité

Si cette commune de taille réduite fait partie des paysages de l’estuaire, elle n’en est pas moins clairement sous l’influence directe de l’agglomération bordelaise : située juste après Parempuyre sur la D210, elle constitue en réalité une banlieue de Bordeaux. Cette situation intermédiaire pose des difficultés en termes de gestion du développement, car elle suppose une pression urbaine conséquente, peu facile à conjuguer avec un contexte rural. Néanmoins, Ludon-Médoc présente des réalisations intéressantes. En effet, si l’habitat pavillonnaire aligné en bord de route est bien présent, on trouve aussi quelques opérations de petit logements collectifs à proximité du centre. L’aménagement de l’espace public dans le cœur du village illustre bien, encore une fois, la situation intermédiaire de la commune : un peu trop chargé en mobilier urbain pour un contexte rural, il annonce aussi l’approche de l’agglomération et le passage à d’autres paysages. La place du piéton est en tout cas bien prise en compte dans le centre et ses extensions immédiates, moins dans les zones pavillonnaires. Plus loin, en sortant vers Bordeaux, une précieuse coupure d’urbanisation sépare encore Ludon-Médoc de Parempuyre par de petits boisements. Elle mérite d’être préservée afin d’offrir une respiration dans le continuum bâti de la D210.

Le pavillonnaire implanté au fil de la route ne génère pas d'espace public - Ludon-Médoc
Le pavillonnaire implanté au fil de la route ne génère pas d'espace public - Ludon-MédocAgence Folléa-Gautier
Quelques logements proches du centre forment un quartier de petits collectifs - Ludon-Médoc
Quelques logements proches du centre forment un quartier de petits collectifs - Ludon-MédocAgence Folléa-Gautier
L'aménagement du cœur de village, très soigné, a une connotation plutôt urbaine - Ludon-Médoc
L'aménagement du cœur de village, très soigné, a une connotation plutôt urbaine - Ludon-MédocAgence Folléa-Gautier
Cette coupure d'urbanisation marque une étape nette dans la sortie de l'agglomération bordelaise - Ludon-Médoc
Cette coupure d'urbanisation marque une étape nette dans la sortie de l'agglomération bordelaise - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Les coupures d’urbanisation autour de Parempuyre : préservation des espaces non-bâtis pour souligner la limite de l’agglomération bordelaise.

Les réseaux hydrauliques des palus : préservation de ces éléments patrimoniaux, protection et développement des trames verte et bleue liées à ce réseau.

Les pâturages et prairies fauchées : soutien à la pratique de la pâture, mode traditionnel de gestion des marais favorable aux milieux naturels.

Les structures végétales du marais (haies, ripisylves) : préservation de ces éléments clefs de lecture du paysage, gestion de ce patrimoine, création d’ouvertures au long des routes-tunnels.

La limite d'urbanisation nord de Parempuyre doit être maintenue et affirmée comme limite de l'urbanisation
La limite d'urbanisation nord de Parempuyre doit être maintenue et affirmée comme limite de l'urbanisationAgence Folléa-Gautier
Les structures végétales accompagnent et enrichissent les canaux - Ludon-Médoc
Les structures végétales accompagnent et enrichissent les canaux - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les terres labourées ont remplacé une grande partie des pâtures - Parempuyre
Les terres labourées ont remplacé une grande partie des pâtures - Parempuyre Agence Folléa-Gautier
Mal entretenues, les haies n'offre plus de continuités écologiques - Ludon-Médoc
Mal entretenues, les haies n'offre plus de continuités écologiques - Ludon-MédocAgence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les abords de la D209, route de découverte des paysages des palus : réhabilitation du patrimoine bâti, gestion de la végétation au long de la route, aménagement d’accès vers la rive de l’estuaire.

Les aménagements dans l’espace public : poursuite du travail d’amélioration des espaces publics, définition d’une charte pour le mobilier urbain afin d’éviter toute surcharge.

La végétation opaque des bords de route occulte ici toute vue vers les marais - Ludon-Médoc
La végétation opaque des bords de route occulte ici toute vue vers les marais - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les aménagements de l'espace public évoquent un paysage de banlieue - Ludon-Médoc
Les aménagements de l'espace public évoquent un paysage de banlieue - Ludon-Médoc Agence Folléa-Gautier
La mise en place de pistes cyclables et de plantations améliorent le confort des usagers, mais l'image de la voie, en bordure des marais, reste très urbaine - Parempuyre
La mise en place de pistes cyclables et de plantations améliorent le confort des usagers, mais l'image de la voie, en bordure des marais, reste très urbaine - Parempuyre Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les zones d’activités et gravières : inscription de ces emprises dans les paysages du Bec d’Ambès, accompagnement des fronts bâtis par des lisières végétales.

Les étangs issus de l’exploitation de granulats : poursuite des aménagements, inscription dans les paysages du marais, maîtrise du développement des gravières en activité.

Les extensions urbaines en bords de routes : maîtrise du foncier en bordure des villages, aménagement des entrées de villages (coupures d’urbanisation, limites marais/coteau...).

Gravière à réinvestir après l'exploitation - Blanquefort
Gravière à réinvestir après l'exploitation - Blanquefort Agence Folléa-Gautier
Etang et équipements industriels à inscrire dans le paysage des marais - Blanquefort
Etang et équipements industriels à inscrire dans le paysage des marais - Blanquefort Agence Folléa-Gautier
Le bâti dispersé en limites de bourgs mite et dégrade les paysages - Parempuyre
Le bâti dispersé en limites de bourgs mite et dégrade les paysages - Parempuyre Agence Folléa-Gautier

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C4. Le Médoc de Margaux

Situation

Le Médoc de Margaux s’élève à la naissance de l’estuaire, face à l’Ile Verte et à l’Ile du Nord : surplombant la Gironde sur sa rive gauche, il est le premier des prestigieux paysages viticoles médocains en venant de Bordeaux. De Ludon-Médoc à Cussac-Fort-Médoc, les domaines renommés se succèdent sur une vingtaine de kilomètres, implantés sur les modestes pentes (moins de vingt mètres de dénivelé) en contrebas du plateau forestier. La berge elle-même est bordée d’une frange marécageuse d’un peu plus d’un kilomètre de large, distincte des coteaux autant par son relief que par les réseaux hydrauliques ou l’agriculture qui la caractérisent.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C4

  • ARCINS
  • ARSAC
  • AVENSAN
  • BAYON-SUR-GIRONDE
  • CUSSAC-FORT-MEDOC
  • LABARDE
  • LAMARQUE
  • LISTRAC-MEDOC
  • LUDON-MEDOC
  • MACAU
  • MARGAUX-CANTENAC
  • MOULIS-EN-MEDOC
  • SOUSSANS

Caractéristiques

schéma bloc 31
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier schéma bloc 31

Un vignoble prestigieux, garant du paysage

Les riches domaines viticoles de cette partie sud du Médoc profitent de la plus grande nappe de graves du département : les qualités de ce substrat pour la culture de la vigne expliquent la prédominance écrasante de cette culture. Ces sols particulièrement bien drainés lui offrent des conditions de développement idéales, alors que les marais en contrebas sont bien trop humides : sur la carte de l’agriculture, la limite entre les vignes d’une part et les prairies et cultures de l’autre dessine une séparation bien nette.

La plupart des exploitations laissent d’ailleurs cette terre de graves à nu (désherbée ou retournée) au pied des ceps, donnant ainsi à voir cette constitution particulière des sols. Ces cailloux blancs très lumineux éclaircissent les paysages de vignes, et répondent aux pierres calcaires des bâtiments. La qualité du vin produit ici a une influence directe sur les paysages. Le soin apporté à chaque pied de vigne confère à l’ensemble de ces coteaux un aspect entretenu, peigné, souvent mis en valeur grâce au recul par rapport à la route (assuré par les larges bords enherbés).

Les châteaux et leurs chais prestigieux participent pleinement du décor et leur architecture s’impose à l’œil, qu’ils soient isolés au cœur des vignes ou installés en limite des villages. Une partie du domaine est fréquemment enclose, ceinte d’un mur ou de grilles et accessible par un portail monumental : paysages privés, ces vignes se dérobent à la promenade mais pas toujours aux regards. Clôtures, vignes, châteaux et allées plantées peuvent former des ensembles harmonieux.

Enfin, ces terres viticoles s’ouvrent vers des paysages lointains, car si les structures arborées des marais coupent les vues directes de l’estuaire, la position en hauteur sur les croupes graveleuses offre des ouvertures visuelles vers le coteau opposé, viticole, boisé et habité.

De taille variable, les graves sont souvent visible dans la terre à nu des parcelles viticoles - Cantenac
De taille variable, les graves sont souvent visible dans la terre à nu des parcelles viticoles - CantenacAgence Folléa-Gautier
Les vignes s'imposent à perte de vue comme l'élément dominant de ces paysages (du moins sur les hauteurs) - Labarde
Les vignes s'imposent à perte de vue comme l'élément dominant de ces paysages (du moins sur les hauteurs) - LabardeAgence Folléa-Gautier
Les graves blanches des vignes répondent aux pierres calcaires du bâti - Margaux
Les graves blanches des vignes répondent aux pierres calcaires du bâti - Margaux Agence Folléa-Gautier
Les bandes enherbées au bord de la route donnent un aspect soigné aux paysages, et contribuent à la mise en valeur des vignes - Margaux
Les bandes enherbées au bord de la route donnent un aspect soigné aux paysages, et contribuent à la mise en valeur des vignes - MargauxAgence Folléa-Gautier
En limite de bourg, le Château Haut-Breton-Larigaudière marque la silhouette du village par son architecture et son parc - Soussans
En limite de bourg, le Château Haut-Breton-Larigaudière marque la silhouette du village par son architecture et son parc - Soussans Agence Folléa-Gautier
Sur l'horizon plat des vignes, le Château Labegorce par la profusion végétale de son parc - Soussans
Sur l'horizon plat des vignes, le Château Labegorce par la profusion végétale de son parc - Soussans Agence Folléa-Gautier
Les clôtures de certains domaines laissent passer le regard et percevoir vignes et bâti - Margaux
Les clôtures de certains domaines laissent passer le regard et percevoir vignes et bâti - MargauxAgence Folléa-Gautier

Une frange de marais sur les rives

Les terres basses qui jouxtent l’estuaire en une large bande marécageuse sont parcourues de réseaux de digues et de canaux, qui ont permis leur assainissement et leur mise en culture. Ces vastes parcelles ouvertes, occupées par des champs céréaliers (surtout dans la partie sud) ou des prairies (plutôt au nord), sont donc organisées à partir de cette trame. A celle-ci s’ajoute une structure végétale forte : alignements et haies, bois et bosquets, ripisylves des canaux, sujets isolés… constituent un paysage marqué par les arbres. Bien qu’étroite, cette bordure suffit donc à séparer les coteaux viticoles de l’estuaire, par les épais rideaux de feuillus qu’elle met en place.

Ces boisements se concentrent et se densifient lorsque des cours d’eau, esteys ou jalles, incisent les terres, s’accompagnant de larges zones humides impropres à la viticulture. Le ruisseau de la Laurina, l’estey de Tayac ou la jalle du Cartillon s’écoulent ainsi au sein de terres marécageuses, boisées ou pâturées. Mais ces légers vallons ont tendance à s’enfricher de façon importante, laissant se refermer les prairies et créant des coupures boisées denses entre les croupes graveleuses. La proximité avec l’estuaire enrichit ces berges d’une activité propre, notamment la pratique de la pêche de loisir.

Certaines berges voient ainsi s’aligner les abris sur pilotis et leurs carrelets, dressés au-dessus des eaux calmes de l’estuaire. Souvent autoconstruites, ces cabanes - éléments symboliques des paysages girondins – rythment et animent les rives par leur simple présence. Ailleurs, ce sont de petits pontons qui sont installés, permettant de stationner quelques barques ou même de pêcher directement depuis le bord, comme au Port d’Issan sur la commune de Cantenac. Ces différentes pratiques halieutiques assurent, à un certain niveau, un entretien et une animation des berges, et en font un paysage vivant et habité.

Les alignements au long des routes (ici la D105) forment des éléments importants du paysage des marais - Margaux
Les alignements au long des routes (ici la D105) forment des éléments importants du paysage des marais - Margaux Agence Folléa-Gautier
L'étroite bande des marais offre un paysage de grandes parcelles dégagées (prairies, comme c'est le cas ici, ou cultures) accompagnées d'arbres, radicalement différent des coteaux - Cantenac
Agence Folléa-Gautie<L'étroite bande des marais offre un paysage de grandes parcelles dégagées (prairies, comme c'est le cas ici, ou cultures) accompagnées d'arbres, radicalement différent des coteaux - Cantenac

Une urbanisation au fil de la route départementale

Au long de l’axe de la D2 sont installés la plupart des villages de cette unité : cette voie de communication majeure structure l’organisation urbaine de la rive gauche de l’estuaire, en un chapelet régulier de bourgs plus ou moins importants. Son tracé parcourt les surfaces viticoles, sans s’aventurer ni vers les marais en contrebas, ni sur le plateau forestier à l’ouest.

Ces deux derniers paysages sont d’ailleurs quasiment exempts de toute occupation bâtie.Si la plupart des villages sont organisés autour d’un cœur assez dense, formé de maisons d’un ou deux niveaux alignées sur rue, les périphéries plus récentes ont tendance à s’étaler sous la forme d’habitat pavillonnaire lâche, colonisant les bords de routes.

Dans les deux cas, l’espace public reste en général assez pauvre, pour diverses raisons : en centre-bourg, le peu de surface disponible oblige à réduire les aménagements au minimum ; dans les extensions récentes, tout est organisé autour de la voiture et le piéton ne trouve pas toujours sa place.

Néanmoins, certains villages présentent des aménagements plus heureux, ou intègrent à leur développement des éléments propres à améliorer la qualité des espaces urbains aussi bien que l’inscription dans le site. Le maintien de lisières urbaines végétales par exemple, ou encore de parcelles de vigne dans le village, peut jouer ce double rôle.

Atlas des paysages - Cantenac
La D2 parcourt les vignes et traverse la majorité des villages de l’unité - CantenacDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Les façades sont continues dans cette rue au centre du village, l'espace dévolu aux piétons est réduit au minimum - Macau
Les façades sont continues dans cette rue au centre du village, l'espace dévolu aux piétons est réduit au minimum - Macau Agence Folléa-Gautier
Les périphéries présentent une structure plus distendue : l'urbanisation suit les axes routiers - Macau
Les périphéries présentent une structure plus distendue : l'urbanisation suit les axes routiers - MacauAgence Folléa-Gautier
La présence occasionnelle de vignes dans le village pourrait valoriser l'espace public - Macau
La présence occasionnelle de vignes dans le village pourrait valoriser l'espace public - Macau Agence Folléa-Gautier
Le hameau d'Issan offre une silhouette intéressante : les chais de Château Palmer sont mis en avant tandis que les arbres forment une lisière urbaine végétale autour des habitations récentes - Cantenac
Le hameau d'Issan offre une silhouette intéressante : les chais de Château Palmer sont mis en avant tandis que les arbres forment une lisière urbaine végétale autour des habitations récentes - Cantenac Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

La qualité des paysages viticoles : gestion soignée des abords des vignes (bandes enherbées, bords de routes, fossés...).

Le patrimoine des châteaux et de leurs parcs : classement des bâtiments et jardins à protéger dans les documents d’urbanisme, mise en place d’outils.

Les coupures d’urbanisation entre les bourgs : arrêt des constructions au fil des routes, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, valorisation des abords des voies.

Les structures végétales des marais : entretien du patrimoine existant, création d’itinéraires de promenade parmi ces réseaux.

Ces chemins d'exploitation, ne laissant pas de place au végétal, valorisent moins la vigne que les routes aux bords enherbés - Margaux
Ces chemins d'exploitation, ne laissant pas de place au végétal, valorisent moins la vigne que les routes aux bords enherbés - Margaux Agence Folléa-Gautier
Le bâtiment d'activité récent visible à droite dévalorise le paysage du château en contrebas - Margaux
Le bâtiment d'activité récent visible à droite dévalorise le paysage du château en contrebas - MargauxAgence Folléa-Gautier
L'absence de constructions dispersées hors du bourg préserve la qualité des paysages - Margaux
L'absence de constructions dispersées hors du bourg préserve la qualité des paysages - Margaux Agence Folléa-Gautier
Un renouvellement des haies est nécessaire pour une partie des marais - Cantenac
Un renouvellement des haies est nécessaire pour une partie des marais - Cantenac Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les points de vue vers l’estuaire : signalisation des sites clefs de découverte des paysages, aménagement de points de vue, création d’itinéraires de promenade.

L’espace public des villages : réaménagement des voiries, réduction de l’emprise de la voiture et création d’espaces de circulations privilégiés pour les piétons et cyclistes, aménagement d’espaces accueillants dans les bourgs.

Les sites accessibles sur les berges méritent une valorisation _ Cantenac
Les sites accessibles sur les berges méritent une valorisation _ CantenacAgence Folléa-Gautier
La majorité de l'espace est dédié à la voiture, les trottoirs sont très étroits et le végétal ne trouve pas sa place - Macau
La majorité de l'espace est dédié à la voiture, les trottoirs sont très étroits et le végétal ne trouve pas sa place - Macau Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / création

L’enfrichement des vallons humides : gestion régulière des boisements, maintien des prairies ouvertes par pâturage.

Les extensions urbaines pavillonnaires : arrêt du développement des constructions, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, inscription dans les paysages des constructions existantes par la mise en place de lisières urbaines plantées.

Au nord de Macau, l'urbanisation dessine des extensions pavillonnaires linéaires
Agence Folléa-Gautier Au nord de Macau, l'urbanisation dessine des extensions pavillonnaires linéaires

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C5. La clairière de Listrac

Situation

En retrait des coteaux de la rive gauche de l’estuaire, la clairière de Listrac est un petit territoire viticole à l’ouest de Margaux, encadré par la forêt du plateau landais et relié au fleuve par quelques jalles accompagnées de boisements. Avec une emprise d’environ huit kilomètres du nord au sud et six kilomètres d’est en ouest, c’est une modeste enclave au cœur de la pinède. Son socle géologique, calcaire et plus ancien (ère tertiaire), se démarque nettement des terres alentour, constituées en grande partie d’une base argilo-sableuse du secondaire, et explique la nature particulière de ces paysages, bien distincts de la forêt du plateau landais.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C5

  • AVENSAN
  • CASTELNAU-DE-MEDOC
  • LISTRAC-MEDOC
  • MOULIS-EN-MEDOC

Caractéristiques

Bloc 32
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier Bloc 32

Une clairière principalement viticole

Le paysage est en premier lieu constitué de vignes, s’étendant en très vastes parcelles quasiment exemptes de toute présence arborée. La majorité des terres, constituées des podzols humides des Landes, sont dédiées à la culture viticole, à l’exception de quelques boisements et des environs des implantations urbaines. Seuls les vallons humides, au long du ruisseau de Larrayaut et de la jalle de Tiquetorte, forment des ruptures dans cet ensemble par leur cortège dense de feuillus. L’horizon, au-delà des vignes, est ainsi constamment occupé par une lisière forestière, fin liseré sombre visible au loin dès que l’on sort des villages (qu’il s’agisse des franges de la forêt landaise ou de ces corridors accompagnant les cours d’eau). Ici plus que dans les autres paysages en rive gauche de l’estuaire, la présence de la forêt est très marquée : on perçoit ainsi constamment la configuration de cette unité en clairière, ourlée de sombres manteaux arborés au-dessus des cultures plus lumineuses.

Jusqu'à l'horizon forestier qui marque la limite de la clairière, la vigne s'étend sans concurrence, uniquement interrompue par les allées plantées de Château Peyre-Lebade - Listrac-Médoc
Jusqu'à l'horizon forestier qui marque la limite de la clairière, la vigne s'étend sans concurrence, uniquement interrompue par les allées plantées de Château Peyre-Lebade - Listrac-MédocAgence Folléa-Gautier
La clairière est très nettement délimitée par une lisière en muraille végétale - Listrac-Médoc
La clairière est très nettement délimitée par une lisière en muraille végétale - Listrac-MédocAgence Folléa-Gautier

Des lisières qui concentrent l’urbanisation

La lisière de la clairière prend un rôle important dans l’organisation de cette unité, notamment en termes d’implantations urbaine : les franges de ce territoire concentrent une occupation bâtie plus marquée que le cœur. Castelnau-de-Médoc, Avensan, ou encore Donissan sont ainsi installées à l’interface entre forêt et plaine viticole, marquant bien la distinction avec le territoire de la pinède, presque inhabité. Ce contact entre deux univers bien différenciés offre des configurations très riches en termes de structures paysagères. D’une part, la lisière forestière voit les feuillus affirmer leur présence : une frange de boisements mixtes opère ainsi la transition entre la pinède et la clairière, offrant des horizons boisés plus composés (l’ourlet et le manteau arbustif offrent un visage différent de celui des hautes futaies de résineux).

D’autre part, les villages voient souvent des prairies encadrer leur pourtour, créant des espaces particuliers entre vignes et boisements. Aujourd’hui, ces franges ouvertes sont souvent gagnées par une urbanisation peu maîtrisée, due à la fragilité de ces prés, et méritent une attention particulière. Ces extensions urbaines récentes manquent de structure et de cohérence, alignant au fil des routes un pavillonnaire banal et disparate. Celui-ci est souvent accompagné de hautes clôtures opaques ou de haies de thuyas, ou bien est isolé et implanté au cœur du paysage. Dans les deux cas, les transitions ne sont assurées ni avec le bâti existant ni avec les éléments paysagers alentour, malmenant la cohérence du territoire.

L'urbanisation se mêle à la forêt, formant des lisières complexes, comme ici à Donissan, en limite nord de la clairière - Listrac-Médoc
L'urbanisation se mêle à la forêt, formant des lisières complexes, comme ici à Donissan, en limite nord de la clairière - Listrac-Médoc Agence Folléa-Gautier
A proximité de la forêt, les villages sont entourés de franges de prairies - Moulis-en-Médoc
A proximité de la forêt, les villages sont entourés de franges de prairies - Moulis-en-MédocAgence Folléa-Gautier
Les extensions récentes tendent à coloniser ces prairies - Listrac-Médoc
Les extensions récentes tendent à coloniser ces prairies - Listrac-MédocAgence Folléa-Gautier
Atlas des paysages - Listrac-Médoc
La croissance urbaine se produit par l’accumulation d’un bâti hétéroclite au long des routes Listrac-MédocDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautie

De légers vallons, soulignés par les boisements

Des paysages plus spécifiques accompagnent les légers vallons de plusieurs cours d’eau, tous affluents de l’estey de Tayac. Un cortège de feuillus suit ainsi la jalle de Tiquetorte et l’estey du Houguet - plusieurs cours parallèles forment ici un couloir d’une certaine ampleur - tandis que les ruisseaux de Larrayaut et du Cartillon sont flanqués de boisements mixtes. Ces reliefs peu marqués apparaissent ainsi soulignés par ces peuplements denses, dont les cimes s’élèvent en arrière-plan des vignes, et qui profitent des mêmes sols hydromorphes que les marais littoraux.

Les réseaux hydrauliques, aménagés par l’homme pour drainer ces sols trop humides et fournir de l’énergie, créent des ambiances agréables dans ces sous-bois, ouvrant des percées au sein de la forêt. Mais les routes traversent ces espaces sans les parcourir, n’en laissant découvrir qu’un aperçu restreint. Des nombreux moulins signalés sur la carte de Cassini, bien peu ont laissé des traces de ce passé industrieux des canaux, mais celui de Tiquetorte en offre un bel exemple, encore bien préservé aujourd’hui.

Les ambiances de bois feuillus dans ces vallons, traversés rapidement par les routes, offrent pourtant une image riche - Moulis-en-Médoc
Les ambiances de bois feuillus dans ces vallons, traversés rapidement par les routes, offrent pourtant une image riche - Moulis-en-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les cimes de ces forêts s'immiscent dans les paysages viticoles de la clairière, interrompant les vignes - Moulis-en-Médoc
Les cimes de ces forêts s'immiscent dans les paysages viticoles de la clairière, interrompant les vignes - Moulis-en-Médoc Agence Folléa-Gautier
La route longe l'estey du Houguey, formant une ouverture plus lumineuse dans les boisements - Moulis-en-Médoc
La route longe l'estey du Houguey, formant une ouverture plus lumineuse dans les boisements - Moulis-en-Médoc Agence Folléa-Gautier
Beau patrimoine bâti lié à la jalle : le moulin de Tiquetorte - Moulis-en-Médoc
Beau patrimoine bâti lié à la jalle : le moulin de Tiquetorte - Moulis-en-Médoc Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Le patrimoine des réseaux hydrauliques (canaux, moulins...) : protection des éléments bâtis par classement dans les documents d’urbanisme, entretien des rivières et des canaux.

Les ceintures de prairies autour des villages : définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, gestion des prairies par pâturage.

Cours d'eau à entretenir - Moulis-en-Médoc
Cours d'eau à entretenir - Moulis-en-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les constructions en périphéries rognent sur les prairies des pourtours villageois - Listrac-Médoc
Les constructions en périphéries rognent sur les prairies des pourtours villageois - Listrac-MédocAgence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les paysages des vallons boisés : gestion des boisements, création d’itinéraires de promenades (piétons et cyclistes).

Les rencontres entre forêt et urbanisation : développement de lisières habitées, inscription des arbres dans la trame urbaine.

Le franchissement de la rivière n'est pas mis en valeur - Moulis-en-Médoc
Le franchissement de la rivière n'est pas mis en valeur - Moulis-en-MédocAgence Folléa-Gautier
Cette extension banalisante ne s'inscrit pas dans la lisière boisée qui la borde - Donnissan
Cette extension banalisante ne s'inscrit pas dans la lisière boisée qui la borde - Donnissan Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les extensions urbaines pavillonnaires : arrêt du développement des constructions, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, inscription dans les paysages des constructions existantes par la mise en place de lisières urbaines plantées.

Les successions de pavillons en bords de routes banalisent fortement les paysages - Listrac-Médoc
Agence Folléa-Gautier Les successions de pavillons en bords de routes banalisent fortement les paysages - Listrac-Médoc

Documents à télécharger

C6. Le Médoc de Pauillac

Situation

Le Médoc de Pauillac est situé en rive gauche de la Gironde, entre Saint-julien-Beychevelle au sud et Saint-Estèphe au nord, soit une quinzaine de kilomètres de berges. Le territoire de cette unité de paysage s’étend sur sept à huit kilomètres vers l’intérieur des terres, regroupant une étroite bande littorale marécageuse et des coteaux viticoles. Les cours d’eau du marais de Beychevelle (jalle du Nord, chenal du Milieu et jalle du Sud) forment une rupture nette au sud, de même que le chenal de la Calupeyre et l’estey d’Un au nord. La morphologie et les sols autour de ces canaux ont maintenu, en arrière des coteaux, quelques poches exemptes de vigne, exceptions notables dans ces paysages de terroirs.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C6

  • CISSAC-MEDOC
  • CUSSAC-FORT-MEDOC
  • PAUILLAC
  • SAINT-ESTEPHE
  • SAINT-JULIEN-BEYCHEVELLE
  • SAINT-LAURENT-MEDOC
  • SAINT-SAUVEUR
  • SAINT-SEURIN-DE-CADOURNE
  • VERTHEUIL

Caractéristiques

Bloc 33
Agence Folléa-Gautier Bloc 33

Un vignoble ouvert sur l’estuaire

Si les reliefs restent modestes de ce côté de l’estuaire, ils offrent tout de même des paysages légèrement vallonnés et des coteaux doux mais bien lisibles : c’est sans doute la berge la plus marquée par la topographie sur la rive médocaine de l’estuaire. Découpées et bosselées par quelques vallons, ces pentes s’achèvent à peu de distance du rivage, réduisant les marais à une portion congrue. Les vignes trouvent ici, encore une fois, un milieu propice à leur culture, et elles s’étendent sans concurrence, des ’hauteurs’ sableuses du plateau jusqu’au pied des coteaux graveleux.

Ces vignes, dont la terre est le plus souvent laissée à nu, donnent à voir un sol de graves, blanc et lumineux. Quelques rares haies ou arbres isolés viennent à peine perturber ces étendues sans fin de vignoble ; le bâti lui aussi est peu nombreux. Les domaines viticoles apportent un peu de variété dans ces paysages : des parcs flanquent certains châteaux, parfois avec des ’emprunts’ aux paysages voisins (champs ouvrant une perspective sur l’estuaire à Château Beychevelle, jardin étendu dans les marais à Château Crock) ; des allées plantées en accompagnent quelques autres, ou encore des clôtures serties d’un portail monumental. Sur les coteaux, ces éléments d’apparat sont parfois tournés vers l’estuaire, bien en vue depuis la route en contrebas.

La vigne est ici reine, s'étendant sur l'ensemble des coteaux et collines - Saint-Estèphe
La vigne est ici reine, s'étendant sur l'ensemble des coteaux et collines - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier
A l'est de Saint-Corbian, la blancheur des graves est renforcée par les sombres sillons entre les règes - Saint-Estèphe
A l'est de Saint-Corbian, la blancheur des graves est renforcée par les sombres sillons entre les règes - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Ce portail monumental souligne le domaine de Château-Beau-Site, aux portes du hameau de Saint-Corbian - Saint-Estèphe
Ce portail monumental souligne le domaine de Château-Beau-Site, aux portes du hameau de Saint-Corbian - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Château Meyney étire son allée plantée jusqu'au pied du coteau - Saint-Estèphe
Château Meyney étire son allée plantée jusqu'au pied du coteau - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier

Les marais et la berge, interface avec l’estuaire

Si l’emprise première du marais était ici déjà réduite, étant donné la proximité au rivage du coteau, les aménagements et artificialisation plus récents ont encore diminué sa surface au nord de Pauillac. Mince bande de terre en prairies, parfois piquées d’arbres, la rive marécageuse donne à voir l’ampleur de l’estuaire, qui se révèle autant depuis les hauteurs des coteaux que depuis la route D2E2 en contrebas. Celle-ci, accompagnée d’alignements de platanes plus ou moins préservés, est un axe majeur pour la perception des paysages de l’estuaire : se glissant entre Gironde et coteaux viticoles, elle parcourt les marais et traverse Pauillac et son port.Au fil des berges, diverses activités littorales se dessinent, chacune à une échelle différente.

Si les cabanes à carrelets sont les installations les plus réduites, elles marquent le paysage par leur nombre conséquent, témoin de l’importance de cette pratique. Quelques ports se lovent dans les esteys : accessibles par des chenaux très réduits, ils accueillent de petites embarcations de pêcheurs ou de plaisanciers, flottant ou reposant sur les fonds vaseux au gré des marées. Pour les gabarits plus importants, le port de plaisance de Pauillac est un refuge mieux approprié : accueillant quelques dizaines de bateaux, il jette ses pontons récents en avancée sur l’estuaire, à l’abri d’épaisses palplanches.

Mais c’est à proximité du port pétrolier, juste au nord de Pauillac, que la confrontation avec les navires est la plus saisissante : plus ou moins dissimulés par les végétaux des marais, les gros porteurs se révèlent à la vue, en vis-à-vis des énormes cuves de la raffinerie. Le paysage de nature industrielle offert par l’usine trouve alors son complément dans le va-et-vient des bateaux amarrés à ses pontons. Ces pratiques diverses font de l’estuaire un espace vivant, ses paysages s’enrichissant de ces activités.

Les berges présentent un riche estran vaseux, surplombé par de larges quais aux alignements majestueux, rencontre des milieux naturels et du paysage anthropique construit - Saint-Estèphe
Les berges présentent un riche estran vaseux, surplombé par de larges quais aux alignements majestueux, rencontre des milieux naturels et du paysage anthropique construit - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Depuis la route de la berge, l'estuaire se révèle dans toute son ampleur - Saint-Estèphe
Depuis la route de la berge, l'estuaire se révèle dans toute son ampleur - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Le double alignement de platanes accompagne majestueusement la route - Pauillac
Le double alignement de platanes accompagne majestueusement la route - Pauillac Agence Folléa-Gautier
La gestion actuelle des arbres ne permet pas d'envisager un maintien à long terme des alignements - Pauillac
La gestion actuelle des arbres ne permet pas d'envisager un maintien à long terme des alignements - Pauillac Agence Folléa-Gautier
Architecture minimale des berges, la cabane à carrelet fait ici face à l'imposante silhouette de la centrale nucléaire du Blayais - Saint-Estèphe
Architecture minimale des berges, la cabane à carrelet fait ici face à l'imposante silhouette de la centrale nucléaire du Blayais - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Le port de la Chapelle s'immisce légèrement dans les terres - Saint-Estèphe
Le port de la Chapelle s'immisce légèrement dans les terres - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier
Les gros porteurs rappellent le rôle premier de l'estuaire en termes de transports - Saint-Estèphe
Les gros porteurs rappellent le rôle premier de l'estuaire en termes de transports - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Les installations pétrolières jouxtent l'axe de communications majeur qu'est l'estuaire - Saint-Estèphe
Les installations pétrolières jouxtent l'axe de communications majeur qu'est l'estuaire - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier

Les corridors transversaux des vallons alluvionnaires

Au-delà des croupes graveleuses des coteaux, quelques étendues marécageuses s’étalent en amont des chenaux. Ainsi, au long de la jalle du Breuil, du chenal de la Calupeyre ou du Graveyron, des terres humides restent inaptes à la culture viticole, bien que parcourues par des réseaux importants de canaux drainants. Ce sont alors quelques prairies et des boisements (mixtes ou feuillus) qui prennent place dans ces vallons alluvionnaires. Perceptibles depuis les hauteurs, ils s’intercalent entre les buttes couvertes de vignes, diversifiant la composition de ces paysages.

Les vallons marécageux - ici, celui du chenal de la Calupeyre - et leurs boisements succèdent au paysage de vignoble - Saint-Estèphe
Agence Folléa-Gautier Les vallons marécageux - ici, celui du chenal de la Calupeyre - et leurs boisements succèdent au paysage de vignoble - Saint-Estèphe

Des pressions urbaines variables

Les villages, situés sur les hauteurs et non dans les basses terres marécageuses, ont une organisation plutôt compacte, et leurs cœurs urbains denses ne laissent que peu de place à l’espace public. Si la valeur des terres viticoles renommées permet de préserver cette structure dense pour certains villages, ceux situés à proximité de prairies ou de boisements voient souvent leurs extensions s’égrener au long des routes, sans planification cohérente. Deux communes plus importantes articulent cette unité : Pauillac, la principale, sur les berges, et Saint-Laurent-Médoc, plus modeste, sur la lisière. Pauillac bénéficie de sa situation portuaire : le long front bâti donnant sur la Gironde crée la seule ambiance urbaine des rives de l’estuaire.

Le large espace du port et le double alignement de platanes, peu valorisés aujourd’hui, offrent de grandes opportunités d’aménagement. A Saint-Laurent-Médoc, c’est la forêt qui peut jouer ce rôle et conférer une certaine qualité aux nouveaux quartiers : les lisières et massifs permettraient d’accompagner la croissance urbaine et de développer des espaces publics de qualité.

Les villages s'implantent au sommet des coteaux : ici, la rue principale de Saint-Estèphe ouvre une perspective vers les marais et l'estuaire en contrebas - Saint-Estèphe
Les villages s'implantent au sommet des coteaux : ici, la rue principale de Saint-Estèphe ouvre une perspective vers les marais et l'estuaire en contrebas - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Les cœurs de villages sont souvent bien constitués, mais n'offrent qu'un espace public médiocre - Saint-Estèphe
Les cœurs de villages sont souvent bien constitués, mais n'offrent qu'un espace public médiocre - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier
Une émergence de l'espace public encore timide, sans réflexion à l'échelle du village - Saint-Estèphe
Une émergence de l'espace public encore timide, sans réflexion à l'échelle du village - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
La berge herbeuse, le mail plantée, et la large voie de circulation offrent un vrai potentiel pour aménager les quais de Pauillac, aujourd'hui peu valorisés - Pauillac
La berge herbeuse, le mail plantée, et la large voie de circulation offrent un vrai potentiel pour aménager les quais de Pauillac, aujourd'hui peu valorisés - Pauillac Agence Folléa-Gautier
Le front bâti de Pauillac offre une vraie ambiance urbaine en berges de la Gironde, formant une belle façade continue - Pauillac
Le front bâti de Pauillac offre une vraie ambiance urbaine en berges de la Gironde, formant une belle façade continue - PauillacAgence Folléa-Gautier
La proximité entre ville et forêt peut permettre de développer une lisière urbaine inscrite dans le paysage - Saint-Laurent-Médoc
La proximité entre ville et forêt peut permettre de développer une lisière urbaine inscrite dans le paysage - Saint-Laurent-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les parcelles de forêt urbaine peuvent former des espaces publics de qualité - Saint-Laurent-Médoc
Les parcelles de forêt urbaine peuvent former des espaces publics de qualité - Saint-Laurent-MédocAgence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

La qualité des paysages viticoles : gestion soignée des abords des vignes (bandes enherbées, bords de routes, fossés...).

Le patrimoine des châteaux et de leurs parcs : classement des bâtiments et jardins à protéger dans les documents d’urbanisme, mise en place d’outils.

Murets bien entretenus accompagnant les vignes - Saint-Estèphe
Murets bien entretenus accompagnant les vignes - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Le mur du parc, sur la crête, valorise le paysage viticole et doit être protégé - Saint-Estèphe
Le mur du parc, sur la crête, valorise le paysage viticole et doit être protégé - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les berges de l’estuaire : aménagements urbains des quais de Pauillac, protection et renouvellement des alignements d’arbres, traitement des abords de la RD2E2.

Les sites des ports : aménagement des abords des ports, création de liaisons douces jusqu’aux ports.

Les abords de la RD2E2 ne proposent pas de circulations douces, et aucun alignement n'accompagne ce tronçon - Saint-Estèphe
Les abords de la RD2E2 ne proposent pas de circulations douces, et aucun alignement n'accompagne ce tronçon - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Les quais de Pauillac, aujourd'hui occupés en grande partie par les voitures, méritent un réaménagement
Les quais de Pauillac, aujourd'hui occupés en grande partie par les voitures, méritent un réaménagement Agence Folléa-Gautier
Le port de la Chapelle - Saint-Estèphe
Le port de la Chapelle - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les espaces publics des villages : réaménagement des voiries, réduction de l’emprise de la voiture et création d’espaces de circulations privilégiés pour les piétons et cyclistes, aménagement d’espaces accueillants dans les bourgs.

Les extensions urbaines des villages de lisière : arrêt du développement des constructions, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, inscription dans les paysages des constructions existantes par la mise en place de lisières urbaines plantées.

Les périphéries de Pauillac et Saint-Laurent-Médoc : densification des zones urbaines lâches, connexion au centre par des circulations adaptées aux piétons et cyclistes, aménagement d’espaces publics de qualité dans ces marges.

Le piéton ne dispose que de très peu d'espace - Saint-Laurent-Médoc
Le piéton ne dispose que de très peu d'espace - Saint-Laurent-MédocAgence Folléa-Gautier
Extension pavillonnaire de Saint-Laurent-de-Médoc vers le sud, au fil de la RD1E8
Extension pavillonnaire de Saint-Laurent-de-Médoc vers le sud, au fil de la RD1E8 Agence Folléa-Gautier
Absence de cheminement piéton sur la RD1E8, au nord de Saint-Laurent-de-Médoc
Absence de cheminement piéton sur la RD1E8, au nord de Saint-Laurent-de-Médoc Agence Folléa-Gautier

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C7. Le Médoc de Saint-Christoly

Situation

Alors que l’estuaire commence à s’évaser, et qu’en rive droite le département de la Gironde laisse place à celui de la Charente Maritime, les ultimes reliefs du Médoc prennent la forme d’un éperon très peu marqué à l’est de Lesparre. A proximité des berges, quelques légères buttes de graves dessinent les dernières ’îles’ viticoles conséquentes au nord du département. Le Médoc de Saint-Christoly s’étend de Saint-Seurin-de-Cadourne au sud à Valeyrac au nord, soit une vingtaine de kilomètres de rivage ; tandis qu’entre la forêt des Landes et l’estuaire, c’est sur environ dix kilomètres que se succèdent vignobles et marais.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C7

  • BEGADAN
  • BLAIGNAN-PRIGNAC
  • CIVRAC-EN-MEDOC
  • COUQUEQUES
  • GAILLAN-EN-MEDOC
  • LESPARRE-MEDOC
  • ORDONNAC
  • SAINT-CHRISTOLY-MEDOC
  • SAINT-ESTEPHE
  • SAINT-GERMAIN-D’ESTEUIL
  • SAINT-SEURIN-DE-CADOURNE
  • SAINT-YZANS-DE-MEDOC
  • VALEYRAC
  • VERTHEUIL

Caractéristiques

Bloc 34
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier Bloc 34

Un vignoble perché sur les derniers reliefs

Si la vigne reste la culture principale, et occupe une grande majorité du territoire de cette unité, elle cède cependant bien plus de place aux marais qu’en amont : seuls les terrains légèrement surélevés, et donc plus secs, offrent les conditions nécessaires à son développement. Ces horizons viticoles couvrent néanmoins des surfaces très étendues, sur des reliefs très doux (mais soulignés par la régularité des règes). Les terres de graves, qui constituent les quatre légères buttes au long de l’estuaire, sont ici moins visibles et moins lumineuses que dans les vignobles en aval. Qu’il s’agisse de haies, d’arbres isolés, de buttes boisées ou de la sombre lisière quasi-omniprésente au-dessus des vignes, la présence forestière prend ici une grande importance visuelle, et ce, même si les arbres qui la constituent sont souvent assez éloignés.

Au sein de ces vastes terres viticoles, une urbanisation sans grande qualité est dispersée de façon assez homogène. Moins réputés qu’autour de Pauillac ou Margaux, les vignobles ne permettent pas de résister, par leur valeur intrinsèque, aux pressions urbaines qui peuvent s’exercer. Des domaines aux bâtiments et abords soignés agrémentent tout de même ces paysages : châteaux, chais et allées plantées émergent parfois au sommet d’une butte viticole, complétant le tableau.

Au sud-ouest de Courbis, les vignes s'étendent jusqu'aux terres marécageuses, soulignées par la ripisylve des canaux - Bégadan
Au sud-ouest de Courbis, les vignes s'étendent jusqu'aux terres marécageuses, soulignées par la ripisylve des canaux - Bégadan Agence Folléa-Gautier
Les terres plus hautes sont réservées à la vigne - Civrac-Médoc
Les terres plus hautes sont réservées à la vigne - Civrac-Médoc Agence Folléa-Gautier
Si les vallonnements restent très doux, ils sont néanmoins soulignés par les lignes des règes, révélatrices de ces ondulations - Lesparre-Médoc
Si les vallonnements restent très doux, ils sont néanmoins soulignés par les lignes des règes, révélatrices de ces ondulations - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les alignements au long des fossés participent d'une forte présence végétale - Prignac-en-Médoc
Les alignements au long des fossés participent d'une forte présence végétale - Prignac-en-MédocAgence Folléa-Gautier
Les arbres isolés prennent un statut remarquable au milieu des vastes vignes - Civrac-Médoc
Les arbres isolés prennent un statut remarquable au milieu des vastes vignes - Civrac-Médoc Agence Folléa-Gautier
Quelques buttes boisées s'élèvent au-dessus des horizons viticoles - Civrac-Médoc
Quelques buttes boisées s'élèvent au-dessus des horizons viticoles - Civrac-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les constructions récentes dépassent le territoire du bourg et empiètent sur l'espace agricole - Civrac-Médoc
Les constructions récentes dépassent le territoire du bourg et empiètent sur l'espace agricole - Civrac-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les pavillons s'alignent au fil de la route, face aux vignes, sans s'adapter ou tirer parti de cette confrontation - Lesparre-Médoc
Les pavillons s'alignent au fil de la route, face aux vignes, sans s'adapter ou tirer parti de cette confrontation - Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier
 Château Vernous enrichit l'horizon de son domaine - Lesparre-Médoc
Château Vernous enrichit l'horizon de son domaine - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
La forte présence architecturale des chais du château La Cardonne se prolonge par cette allée plantée - Ordonnac
La forte présence architecturale des chais du château La Cardonne se prolonge par cette allée plantée - Ordonnac Agence Folléa-Gautier

Des zones humides qui prennent de l’importance

Deux vallées délimitent nettement l’unité au nord et au sud, et forgent ces paysages : autour du chenal de Guy et du chenal de la Calupeyre - cours principaux de réseaux hydrauliques complexes - se constituent les marais formant ces limites. Entre les îlots de graves s’immiscent aussi le chenal de la Maréchale, les chenaux de By ou encore le chenal de Troussas à la Reille. A chaque fois, ces basses vallées dessinent des paysages de marais pâturés ou cultivés, palus exploitables grâce aux grands travaux des ingénieurs hollandais au XVIIème siècle. Les prairies sont surtout groupées au long des berges de l’estuaire et sur les parties les plus basses, tandis que les cultures se retrouvent plus en amont des cours d’eau, la terre grasse et noire des champs contrastant fortement avec les tons plus lumineux des buttes viticoles.

De nombreuses haies et ripisylves traversent ces paysages, soulignant les structures confondues du parcellaire et du réseau hydraulique et accompagnant les cours d’eau. Ainsi, bien que très peu de réels boisements ne poussent ici, l’arbre garde une place dans ces paysages. Dans certains marais, des parcelles de pâturage en déprise commencent d’ailleurs à s’enfricher, soulignant un déséquilibre dans l’évolution de ces paysages.

Le chenal de la Calupeyre dessine une large vallée de marais entre les croupes viticoles - Saint-Seurin-de-Cadourne
Le chenal de la Calupeyre dessine une large vallée de marais entre les croupes viticoles - Saint-Seurin-de-CadourneAgence Folléa-Gautier
L'hippodrome s'implante sur les prairies marécageuses - Lesparre-Médoc
L'hippodrome s'implante sur les prairies marécageuses - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
La couleur du sol différencie de façon très nette les champs des vallées et les vignes des buttes - Saint-Seurin-de-Cadourne
La couleur du sol différencie de façon très nette les champs des vallées et les vignes des buttes - Saint-Seurin-de-Cadourne Agence Folléa-Gautier
Au fond des vallons humides, les boisements composent le paysage - Civrac-Médoc
Au fond des vallons humides, les boisements composent le paysage - Civrac-MédocAgence Folléa-Gautier
Les haies restent aussi présentes à l'approche des bourgs - Lesparre-Médoc
Les haies restent aussi présentes à l'approche des bourgs - Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier
Les haies, et même de simples herbacées, soulignent ici le réseau hydraulique - Lesparre-Médoc
Les haies, et même de simples herbacées, soulignent ici le réseau hydraulique - Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier
Les prairies en bords de jalles dessinent des paysages précieux, souvent menacés d'enfrichement - Saint-Seurin-de-Cadourne
Les prairies en bords de jalles dessinent des paysages précieux, souvent menacés d'enfrichement - Saint-Seurin-de-Cadourne Agence Folléa-Gautier

Le noyau d’urbanisation de Lesparre-Médoc

Lesparre-Médoc est la commune principale dans cette unité : plus étendue et plus peuplée, elle voit également converger vers elle toutes les routes de desserte locales. Ce statut lui a permis de maintenir un centre habité et vivant (mais quelques commerces commencent à faiblir, abandonnés), ou la densité importante est constituée d’un mélange de bâti ancien et récent. Les façades composites ainsi façonnées sont souvent assez belles, mais souffrent d’un aménagement peu valorisant de l’espace public. Dans les rues étroites du centre ancien, le peu de surface disponible est en grande partie dévolu à la voiture : chaussée et places de stationnements ; les piétons doivent se contenter d’un trottoir étroit, encore encombré par des jardinières et autres mobiliers.

Cette densité de construction reste importante dans la majeure partie du centre, ne se relâchant qu’à partir des voies extérieures. La D1215 est ainsi bordée de façades discontinues, mêlant habitations et activités, et mériterait un traitement adapté. Les extensions de Lesparre-Médoc, s’étendant au long des routes, ont déjà rejoint le hameau de Saint-Trélody au long de la D204 par un véritable continuum urbain, au sud duquel se propage une ville plus diffuse, moins cohérente.Ces extensions dispersées s’implantent dans un paysage préexistant riche en structures végétales : les vignes, mais aussi les prairies humides et leurs bocages. Ces éléments peuvent fournir une trame pour guider la croissance de la ville et intégrer ses nouveaux éléments dans un contexte riche, plutôt que d’enfiler au fil des voies des suites de pavillons.

Le marché de la place Gambetta, lieu d'animation au cœur du village - Lesparre-Médoc
Le marché de la place Gambetta, lieu d'animation au cœur du village - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
De beaux bâtiments en pierre calcaire constituent un patrimoine de qualité, ici la Poste - Lesparre-Médoc
De beaux bâtiments en pierre calcaire constituent un patrimoine de qualité, ici la Poste - Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier
Les voitures consomment la majeure partie de l'espace public dans les petites rues du centre - Lesparre-Médoc
Les voitures consomment la majeure partie de l'espace public dans les petites rues du centre - Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier
Au long de la D1215, forte circulation et grandes surfaces commerciales déqualifient les franges du bourg - Lesparre-Médoc
Au long de la D1215, forte circulation et grandes surfaces commerciales déqualifient les franges du bourg - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
Entre Lesparre et Saint-Trélody, la ville s'est étendue jusqu'à former un corridor de façades continues - Lesparre-Médoc
Entre Lesparre et Saint-Trélody, la ville s'est étendue jusqu'à former un corridor de façades continues - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Les structures arborées : repérage et protection des haies et arbres isolés, renouvellement des haies dégradées, maintien et restauration de la continuité des corridors écologiques locaux.

L’enfrichement des marais : maintien des paysages ouverts des marais, gestion des prairies par pâturage.

Le patrimoine des châteaux et de leurs parcs : classement des bâtiments et jardins à protéger dans les documents d’urbanisme, mise en place d’outils.

Structures végétales discontinues - Lesparre-Médoc
Structures végétales discontinues - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
A gauche, les boisements ont remplacé d'anciens marais
A gauche, les boisements ont remplacé d'anciens marais Agence Folléa-Gautier
Château la Cardonne - Blaignan
Château la Cardonne - Blaignan Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Le paysage des réseaux hydrauliques : entretien et gestion des réseaux de canaux, création d’itinéraires de promenade et de liaisons douces.

La végétation accompagne et souligne les réseaux hydrographiques - Bégadan
Agence Folléa-Gautier La végétation accompagne et souligne les réseaux hydrographiques - Bégadan

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les espaces publics de Lesparre-Médoc : réaménagement des voiries, réduction de l’emprise de la voiture et création d’espaces de circulations privilégiés pour les piétons et cyclistes, aménagement d’espaces accueillants.

Les extensions récentes de Lesparre-Médoc : densification des zones urbaines lâches, connexion au centre par des circulations adaptées aux piétons et cyclistes, aménagement d’espaces publics de qualité dans ces marges.

L'espace dévolu aux piétons reste très réduit - Lesparre-Médoc
L'espace dévolu aux piétons reste très réduit - Lesparre-Médoc Agence Folléa-Gautier
Urbanisation lâche et architecture banalisante au nord de Lesparre-Médoc
Urbanisation lâche et architecture banalisante au nord de Lesparre-MédocAgence Folléa-Gautier

C8. Le Médoc des mattes

Situation

À la pointe nord de la Gironde, le Médoc des mattes - dernière unité estuarienne avant la pointe du Verdon, plus tournée vers l’océan - est en très grande partie constitué de terres gagnées sur les eaux après les grands travaux du XVIIIème siècle. Cette particularité se lit d’ailleurs très bien dans la constitution des sols : le socle, bien délimité, est principalement formé d’alluvions modernes de l’holocène, tout comme l’estuaire en lui-même. Ces vastes marais s’étendent entre Lesparre-Médoc et le Verdon-sur-Mer, soit environ 25 km du nord au sud, et entre 5 et 10 km dans les terres, jusqu’à la lisière de la forêt des Landes girondines.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C8

  • BEGADAN
  • CIVRAC-EN-MEDOC
  • GAILLAN-EN-MEDOC
  • GRAYAN-ET-L’HOPITAL
  • JAU-DIGNAC-ET-LOIRAC
  • LESPARRE-MEDOC
  • LE VERDON-SUR-MER
  • QUEYRAC
  • SAINT-VIVIEN-DE-MEDOC
  • SOULAC-SUR-MER
  • TALAIS
  • VALEYRAC
  • VENSAC

Caractéristiques

Bloc 35
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier Bloc 35

Les marais, paysage fabriqué et omniprésent

Dans ces paysages de basses terres, humides et absolument horizontales, un décor très particulier s’offre au regard : les larges parcelles de marais pâturés (bovins, ovins, chevaux) ou cultivés (céréales, lin...) se succèdent, dégageant des vues très lointaines où les éléments verticaux prennent une grande importance (arbres isolés, lignes électriques...). L’ambiance végétale est différente : l’abondance de l’eau se fait sentir par une profusion verte, à perte de vue. Les haies forment les limites de ces perspectives, qu’il s’agisse des tamaris traditionnels - souvent sur le déclin et peu remplacés - ou de ripisylves touffues accompagnant les divers canaux.

Réseau hydraulique, digues et routes forment la trame de ce paysage. Souvent associés, ils permettent d’appréhender le fonctionnement de ce territoire, entièrement dépendant d’aménagements anthropiques, et offrent une diversité de situations qui enrichit les perceptions du visiteur. Les routes-digues, légèrement surélevées, proposent un regard différent sur les mattes ; celles bordant les canaux, flanquées de longues ripisylves opaques, révèlent soudain les marais à l’occasion d’une ouverture. Enfin, la variété des chenaux eux-mêmes est intéressante : plus ou moins profonds, sinueux ou rectilignes, dégagés ou étouffés sous les broussailles... Ils apportent une diversité bienvenue dans ce paysage sans reliefs.

Les mattes s'étendent ici en vastes prairies, seules les berges, légèrement boisées, ferment l'horizon - Soulac-sur-Mer
Les mattes s'étendent ici en vastes prairies, seules les berges, légèrement boisées, ferment l'horizon - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Le pâturage, mode d'exploitation (et de gestion) traditionnel de ces milieux, est encore pratiqué sur certaines terres - Soulac-sur-Mer
Le pâturage, mode d'exploitation (et de gestion) traditionnel de ces milieux, est encore pratiqué sur certaines terres - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Elevage bovin au nord-ouest du chenal de Guy - Jau-Dignac-et-Loirac
Elevage bovin au nord-ouest du chenal de Guy - Jau-Dignac-et-Loirac Agence Folléa-Gautier
Les cultures de lin ou de céréales dessinent des horizons encore plus dégagés que les prairies - Soulac-sur-Mer
Les cultures de lin ou de céréales dessinent des horizons encore plus dégagés que les prairies - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Quelques arbres isolés animent parfois ces paysages très ouverts - Queyrac
Quelques arbres isolés animent parfois ces paysages très ouverts - Queyrac Agence Folléa-Gautier
Les ripisylves composent des espaces plus restreints, correspondant aux mailles du réseau des canaux - Queyrac
Les ripisylves composent des espaces plus restreints, correspondant aux mailles du réseau des canaux - Queyrac Agence Folléa-Gautier
L’estuaire et ses rivages
L’estuaire et ses rivagesDépartement Gironde / Agence Folléa-Gautier
Des haies denses accompagnent les fossés, délimitant des couloirs fermés à travers les palus - Saint-Vivien-de-Médoc
Des haies denses accompagnent les fossés, délimitant des couloirs fermés à travers les palus - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Quelques ouvertures permettent de découvrir les marais au-delà de ces haies - Saint-Vivien-de-Médoc
Quelques ouvertures permettent de découvrir les marais au-delà de ces haies - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Quelques ouvertures permettent de découvrir les marais au-delà de ces haies - Saint-Vivien-de-Médoc
Quelques ouvertures permettent de découvrir les marais au-delà de ces haies - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Le fil sinueux du Coulage des Quatre Passes - Talais
Le fil sinueux du Coulage des Quatre Passes - Talais Agence Folléa-Gautier
Le long fossé rectiligne de la route de la Plage - Saint-Vivien-de-Médoc
Le long fossé rectiligne de la route de la Plage - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Le chenal du Gua et ses berges boisées - Vensac
Le chenal du Gua et ses berges boisées - Vensac Agence Folléa-Gautier

Des îlots à la pointe

La morphologie de la pointe du Médoc a subi des transformations conséquentes depuis la formation de l’estuaire, dues aux évolutions naturelles (apports de sédiments, érosion) mais aussi aux interventions humaines. Si le Médoc forme aujourd’hui une presqu’île d’un seul tenant, trouvant son achèvement dans cette pointe aigüe, ses rivages présentaient autrefois un profil bien plus découpé, la péninsule se prolongeant même, par périodes, en un archipel aux îles mouvantes dont Cordouan formait le dernier maillon. Les apports sédimentaires dus aux courants marins et aux fleuves ont eu tendance a ’gommer’ ces irrégularités, mais c’est l’action humaine qui façonnera la pointe de Grave.

Installée sur les restes sableux d’un cordon littoral, la ’passe castillonnaise’, chemin reliant Saint-Christoly (anciennement appellé Saint-Christoly-de-Castillon) à Soulac, formera la structure de cette conquête de l’estran, apportant les bases d’une digue semi-artificielle. À partir du XVIIème siècle, les marais situés à l’ouest de ce léger bourrelet sont asséchés et drainés, devenant des palus exploitables pour l’élevage. Ensuite, durant le XVIIIème siècle, cette conquête de terres sur la mer se poursuit par la construction de digues : les mattes étendent de nouveau, vers l’est de la passe, les terrains destinés à la production.

Évolution de la péninsule du Médoc
Agence Folléa-Gautier Évolution de la péninsule du Médoc

Les berges, limite et connexion entre deux univers

Les premiers signes de la proximité avec l’estuaire se découvrent bien loin des berges : sur les chenaux les plus importants sont installés de petits ports, parfois jusqu’à deux kilomètres de l’embouchure. De petites embarcations de pêche ou de loisir suivent ici le rythme des marées, flottant ou s’échouant sur la vase. Des villages de cabanes bordent ces quais : souvent autoconstruites, celles-ci sont composées de pans de bois goudronnés.En poursuivant la route vers l’estuaire, l’horizon reste résolument bouché : la haute digue côtière est la seule perspective au bout du chemin.

Construite tout au long des mattes, elle est un élément clef dans le maintien hors d’eau des marais littoraux, et forme une interface entre ces deux paysages. Après les avoir cachés l’un à l’autre, elle se révèle le meilleur point de vue pour observer leur rencontre, donnant à voir les lointains horizons de la rive droite de l’estuaire, comme les vastes parcelles dégagées des marécages.Quelques installations pavillonnaires relativement récentes voient le jour derrière la digue, à l’extrémité des routes. Ces poignées de maisons s’installent en bord de voie, isolées dans leur jardin, sans tenir compte de la richesse du site alentour, ni même du caractère inondable de ces terrains. Au vu de l’importance de ces lieux en termes de perception et de compréhension des paysages des mattes, cette tendance doit être analysée et maîtrisée.

Par les chenaux, l'estuaire s'immisce à l'intérieur des terres - Saint-Vivien-de-Médoc
Par les chenaux, l'estuaire s'immisce à l'intérieur des terres - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Cet assemblage hétéroclite de cabanes, incongru au cœur des marais, jouxte le port - Saint-Vivien-de-Médoc
Cet assemblage hétéroclite de cabanes, incongru au cœur des marais, jouxte le port - Saint-Vivien-de-Médoc gence Folléa-Gautier
La digue barre l'horizon vers l'est, ne laissant rien deviner du paysage de l'estuaire - Saint-Vivien-de-Médoc
La digue barre l'horizon vers l'est, ne laissant rien deviner du paysage de l'estuaire - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les terres des mattes, les eaux de l'estuaire, et la simple digue qui les sépare - Saint-Vivien-de-Médoc
Les terres des mattes, les eaux de l'estuaire, et la simple digue qui les sépare - Saint-Vivien-de-MédocAgence Folléa-Gautier
Quelques habitations occupent une position très sensible, juste en retrait de la digue - Saint-Vivien-de-Médoc
Quelques habitations occupent une position très sensible, juste en retrait de la digue - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier

Une naturalité contrastée des marais

L’estuaire de la Gironde forme un site-clef au regard des flux migratoires aviaires, et ce notamment grâce aux vastes étendues de marais, aptes à accueillir les oiseaux au cours de leur périple. Ces milieux façonnés par l’homme offrent en effet des conditions très riches en termes d’habitat et de biodiversité. Mais les évolutions récentes de l’agriculture, et la déprise du pâturage en particulier, ont modifié ces facteurs. D’une part, les grandes cultures céréalières diminuent fortement, par leur mode de gestion, la naturalité de ces espaces : les fossés n’assurant pas un drainage suffisant pour la production recherchée, ils sont complétés ou remplacés par des réseaux souterrains ressuyant totalement le sol.

L’ensemble du territoire des mattes, à l’est de la passe castillonnaise, ne s’apparente plus aujourd’hui que difficilement à un marais.D’autre part, les palus à l’ouest ont été réinvestis en grande partie par les chasseurs. En acquérant des superficies importantes de zones humides et en y aménageant des mares de chasse, ils permettent le maintien des milieux naturels marécageux. Néanmoins, contrairement au pâturage, leur action n’évite pas nécessairement l’enfrichement de ces parcelles, et les paysages très ouverts des palus tendent par endroits à se refermer.

Les îlots cultivés des villages

Cette unité de paysage reste très peu habitée : les quelques zones urbanisées sont séparées par de larges prairies inoccupées. Cet état de fait est évidemment lié à la nature de ces terrains, marécageux et uniquement maintenus hors d’eau par de complexes aménagements. Les villages sont donc installés sur les quelques relatives hauteurs (à peine perceptibles) dépassant de façon un peu plus marquée le niveau de la mer, îlots au cœur des palus ou limites du plateau sableux landais, qui accueillent également quelques vignes. Ce sont donc les bordures sud-ouest de l’unité ainsi que les communes de Jau-Dignac-et-Loirac et Talais qui constituent ces parties habitées.

L’urbanisation y est assez hétéroclite, si les villages anciens sont en général bien groupés, leur densité est variable : façades continues à Saint-Vivien-de-Médoc, trame plus aérée à Talais. En sortant de ces cœurs de bourgs organisés l’habitat pavillonnaire peu dense est souvent de mise ; mais cette configuration, grande consommatrice d’espace, peut créer des ambiances intéressantes lorsque l’exubérance végétale des jardins s’exprime dans l’espace public. Les franges de la forêt apportent aussi quelques situations composites assez riches où urbanisation, cultures et boisements se trouvent mêlés. Toutefois, la majorité de ces extensions présente aujourd’hui une urbanisation sans qualités.

En arrivant depuis le nord, le village se signale par une densité végétale plus importante et par la silhouette de son clocher - Talais
En arrivant depuis le nord, le village se signale par une densité végétale plus importante et par la silhouette de son clocher - Talais Agence Folléa-Gautier
La présence notable des pins souligne l'implantation du village, en bordure du plateau landais - Vensac
La présence notable des pins souligne l'implantation du village, en bordure du plateau landais - Vensac Agence Folléa-Gautier
En lisière de la forêt, on retrouve la présence de la vigne - Vensac
En lisière de la forêt, on retrouve la présence de la vigne - Vensac Agence Folléa-Gautier
Le centre du bourg, bien constitué, semble très vivant - Saint-Vivien-de-Médoc
Le centre du bourg, bien constitué, semble très vivant - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Plus aéré, le cœur de Talais est valorisé par de belles bâtisses - Talais
Plus aéré, le cœur de Talais est valorisé par de belles bâtisses - TalaisAgence Folléa-Gautier
En périphérie des bourgs, la structure urbaine laisse place à l'éparpillement - Talais
En périphérie des bourgs, la structure urbaine laisse place à l'éparpillement - Talais Agence Folléa-Gautier
Les pavillons s'alignent sans cohérence au long des routes - Saint-Vivien-de-Médoc
Les pavillons s'alignent sans cohérence au long des routes - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
L'espace public est inexistant et les bords de route peu accueillants - Queyrac
L'espace public est inexistant et les bords de route peu accueillants - QueyracAgence Folléa-Gautier
Les jardins privés créent un couloir végétal, rappelant certaines routes des marais - Talais
Les jardins privés créent un couloir végétal, rappelant certaines routes des marais - Talais Agence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Le réseau hydraulique : entretien et gestion des réseaux de canaux, création d’itinéraires de promenade et de liaisons douces.

Les prairies des marais : maintien des paysages ouverts des marais, gestion des prairies par pâturage.

Le réseau des haies : repérage et protection des haies et arbres isolés, renouvellement des haies de tamaris traditionnelles, maintien de la continuité des corridors écologiques locaux.

Canaux au nord de Talais
Canaux au nord de Talais Agence Folléa-Gautier
Prairie pâturée en limite sud-est de Soulac-sur-Mer
Prairie pâturée en limite sud-est de Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Haie endommagée dans les palus - Soulac-sur-Mer
Haie endommagée dans les palus - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

La digue et ses abords : création d’itinéraires de découverte de la digue et du marais, aménagement de sites clefs de découverte des paysages de la limite, arrêt des constructions à proximité de la digue, inscription des bâtiments existants dans le paysage.

Les paysages des routes : entretien des abords des routes, entretien des canaux, gestion des ripisylves et des haies, maintien d’ouvertures paysagères.

La digue offre des points de vue à valoriser - Saint-Vivien-de-Médoc
La digue offre des points de vue à valoriser - Saint-Vivien-de-MédocAgence Folléa-Gautier
Une gestion adaptée de la végétation permettrait d'offrir des vues vers les marais - Queyrac
Une gestion adaptée de la végétation permettrait d'offrir des vues vers les marais - Queyrac Agence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les îlots habités : affirmer le statut de ces îlots par la définition de limites strictes à l’urbanisation, mise en place de lisières agro-urbaines aménagées et plantées entre urbanisation et marais.

Les pavillons s'alignent sans cohérence au long des routes - Saint-Vivien-de-Médoc
Agence Folléa-Gautier Les pavillons s'alignent sans cohérence au long des routes - Saint-Vivien-de-Médoc

Documents à télécharger

C9. La pointe de Grave

Situation

À l’extrémité de la presqu’île médocaine, la pointe du Verdon s’avance entre estuaire et océan, soulignant à la fois la rencontre et la limite entre ces deux univers. Sur une surface réduite - une langue sableuse d’à peine une dizaine de kilomètres de long - elle réunit de nombreuses composantes des territoires rencontrés plus au sud : dunes, pinède, côte sableuse, ville balnéaire, installations portuaires et marais s’organisent ici en un ensemble complexe. Ce concentré de paysages, entrée maritime du département, est confronté aux larges horizons de l’estuaire girondin et à ceux, infinis, de l’océan Atlantique.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C9

  • LE VERDON-SUR-MER
  • SOULAC-SUR-MER

Caractéristiques

Soulac-sur-mer, cité balnéaire

Au départ simple monastère, Soulac-sur-Mer ne se développera qu’avec l’essor du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle : c’est au XIIème siècle qu’est bâtie la basilique Notre-Dame de la fin des Terres, destinée à accueillir les nombreux pèlerins qui empruntent alors la voie de Soulac. Modifiée plusieurs fois pour faire face à l’avancée des sables, elle sera finalement abandonnée et ensevelie par les dunes, ainsi que le village, en 1741 : seul le sommet du clocher émerge. Le Jeune-Soulac est alors implanté environ deux kilomètres plus à l’est, mais il redeviendra bientôt un simple hameau.

En effet, au milieu du XIXème siècle, la vague des cité balnéaires fait renaître la ville côtière : plantations de pins pour fixer les dunes, construction des premières villas, lancement des travaux de désensablement de la basilique. Cette métamorphose se confirmera à partir de 1874 grâce à l’arrivée du chemin de fer, qui accélère le développement ; tandis que la basilique sera complètement remise à jour en 1905. Les constructions de demeures de villégiature se poursuivront durant la première moitié du XXème siècle.Aujourd’hui, la ville présente un patrimoine témoin de cette époque, et l’architecture soulacaise en est un archétype reconnu. Ses villas, modestes en taille mais pomponnées comme des maisons de poupées, sont de formes variées, souvent composées de tours, vérandas et bow-windows, et surplombées de toîtures complexes. Les charpentes qui soutiennent celles-ci sont travaillées comme des ornements et de beaux lambrequins en bois découpé en ornent les avant-toits. Pierre de taille et briques composent des façades soignées, sur lesquels le nom de la maison se doit d’être affiché. De vastes quartiers pavillonnaires se construisent ainsi, assez denses et suivant une trame orthogonale dans le centre, autour de la basilique, plus diffus dans le sud de la commune et suivant une organisation rayonnante des rues.

À partir des années 1960, le front de mer est transformé par quelques projets qui le caractérisent aujourd’hui encore. ’Le Signal’, constitué de deux immeubles de logements, marque ainsi fortement le paysage : dressé sur les dunes au sud de la commune, il constitue la première tranche d’un programme dont la suite n’a pas vu le jour. Quasiment vide hors saison, ce bâtiment sans qualité architecturale est aujourd’hui fortement menacé par l’érosion, ce qui pose la question de sa conservation. Non loin, l’ensemble formé par le casino, le musée d’art et d’archéologie et le palais des congrès, datant des années 1970, présente une architecture typique de cette époque, mais n’a pour tout vis-à-vis qu’un vaste parking donnant à ce lieu un air inachevé.

Le Jeune Soulac est resté, aujourd'hui encore, un simple hameau - Soulac-sur-Mer
Le Jeune Soulac est resté, aujourd'hui encore, un simple hameau - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Le vocabulaire architecturale, riche et varié, dessine des villas à la forte personnalité - Soulac-sur-Mer
Le vocabulaire architecturale, riche et varié, dessine des villas à la forte personnalité - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Même les maisons plus modestes s'ornent de matériaux bigarrés et bien travaillés - Soulac-sur-Mer
Même les maisons plus modestes s'ornent de matériaux bigarrés et bien travaillés - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Ces villas, groupées en vastes ensembles pavillonnaires, constituent la majeure partie de la ville - Soulac-sur-Mer
Ces villas, groupées en vastes ensembles pavillonnaires, constituent la majeure partie de la ville - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Le sud du front de mer présente un visage moderne, hérité des années 1960 et 1970 - Soulac-sur-Mer
Le sud du front de mer présente un visage moderne, hérité des années 1960 et 1970 - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
'Le Signal' est aujourd'hui fortement menacé par l'érosion côtière - Soulac-sur-Mer5-005 - Le casino face à l'océan - Soulac-sur-Mer
'Le Signal' est aujourd'hui fortement menacé par l'érosion côtière - Soulac-sur-Mer5-005 - Le casino face à l'océan - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Le musée d'art et d'archéologie, et le palais des congrès, complètent cette opération - Soulac-sur-Mer
Le musée d'art et d'archéologie, et le palais des congrès, complètent cette opération - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Le vaste espace de stationnement, sans aménagement, dévalorise le front de mer - Soulac-sur-Mer
Le vaste espace de stationnement, sans aménagement, dévalorise le front de mer - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier

Le Verdon-sur-Mer, cité portuaire

Si la commune du Verdon-sur-Mer comporte aussi une plage - celle de la Chambrette, la seule en rive gauche de l’estuaire - elle est d’avantage caractérisée par les diverses installations portuaires qui l’occupent. Dès le Moyen-Âge, sa rade protégée des vents d’ouest offrait un abri aux navires ; cette vocation se confirme avec la construction en 1933 d’un avant-port de Bordeaux, destiné notamment aux paquebots transatlantiques, qui sera détruit par les Allemands. Le port pétrolier du Verdon est implanté sur ses ruines en 1966, il restera actif une vingtaine d’années - jusqu’à la fermeture des raffineries d’Ambès et de Pauillac - après quoi, son activité se tournera vers les conteneurs. Plus récemment, en 2004, Port-Médoc est créé, installation de plaisance d’une capacité de 800 anneaux, il s’intègre dans la volonté de développement touristique de la commune.

Port-Bloc reste également un équipement clef, stratégique au niveau départemental puisqu’il constitue un des points d’entrée en Gironde. Site de débarquement du bac assurant la liaison avec Royan, il accueille notamment une grande partie des visiteurs venus du nord, et mériterait à ce titre un aménagement de qualité : bien que les dunes boisées et le fort du Verdon offrent un cadre privilégié, les vastes parkings bordés de snacks sont peu valorisants.

Si le Verdon-sur-Mer se tourne aujourd’hui d’avantage vers le tourisme, les équipements portuaires anciens conservent une empreinte majeure sur les paysages. Les silhouettes des grues sur les docks, les avancées des jetées et des môles, s’inscrivent à l’horizon et constituent des éléments de repère et de découverte dans ces étendues maritimes. Phares et amers ponctuant le littoral contribuent aussi à composer un paysage spécifique, lié au trafic naval.

Tandis que ces divers équipements se succèdent sur la rive estuarienne de la ville, le bâti se répartit au long de la lisière forestière, se mêlant plus ou moins aux arbres. Le centre-bourg est en effet très réduit, et les habitations s’égrènent au long de la D1, souvent accompagnées d’une végétation importante qui forme des ambiances boisées. Les coupures d’urbanisation laissant passer le regard vers le sud, sur les marais du Conseiller et leurs vastes espaces dégagés, permettent de percevoir la finesse de cette frange végétale, qui longe simplement la route.

Au sud de Port-Médoc s'étend la petite plage de la Chambrette, la seule en rive gauche de l'estuaire - Le Verdon-sur-Mer
Au sud de Port-Médoc s'étend la petite plage de la Chambrette, la seule en rive gauche de l'estuaire - Le Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
La plage de la Chambrette fait face à celle de Saint-Georges-de-Didonne - Le Verdon-sur-Mer
La plage de la Chambrette fait face à celle de Saint-Georges-de-Didonne - Le Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Avec ses grues et ses longs appontements, le port pétrolier du Verdon marque fortement le paysage - Le Verdon-sur-Mer
Avec ses grues et ses longs appontements, le port pétrolier du Verdon marque fortement le paysage - Le Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Aujourd'hui, l'activité pétrolière a laissé la place au transit de conteneurs - Le Verdon-sur-Mer
Aujourd'hui, l'activité pétrolière a laissé la place au transit de conteneurs - Le Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Le tourisme devient un axe de développement majeur avec la création de Port-médoc - Le Verdon-sur-Mer
Le tourisme devient un axe de développement majeur avec la création de Port-médoc - Le Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Le bac pour Royan fait du port un site clef et un paysage animé - Le-Verdon-sur-Mer
Le bac pour Royan fait du port un site clef et un paysage animé - Le-Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Les dernières dunes du Médoc surplombent le port - Le-Verdon-sur-Mer
Les dernières dunes du Médoc surplombent le port - Le-Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
La qualité des aménagements n'est pas à la hauteur de ce site exceptionnel - Le-Verdon-sur-Mer
La qualité des aménagements n'est pas à la hauteur de ce site exceptionnel - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Les avancées des jetées permettent d'aller au contact des vastes horizons marins - Le-Verdon-sur-Mer
Les avancées des jetées permettent d'aller au contact des vastes horizons marins - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
La succession des môles souligne le rôle portuaire important du Verdon - Le-Verdon-sur-Mer
La succession des môles souligne le rôle portuaire important du Verdon - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Phares et grues constituent aussi le décor de cette entrée dans l'estuaire - Le-Verdon-sur-Mer
Phares et grues constituent aussi le décor de cette entrée dans l'estuaire - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
La ville et la forêt se côtoient directement, formant une longue lisière urbanisée entre dunes et marais - Le-Verdon-sur-Mer
La ville et la forêt se côtoient directement, formant une longue lisière urbanisée entre dunes et marais - Le-Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Les jardins densément plantés au bord de la D1 recréent une ambiance de route-tunnel boisée - Le-Verdon-sur-Mer
Les jardins densément plantés au bord de la D1 recréent une ambiance de route-tunnel boisée - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
L'étroitesse de la frange végétale en bord de route laisse percevoir les marais voisins à la moindre ouverture - Le-Verdon-sur-Mer
L'étroitesse de la frange végétale en bord de route laisse percevoir les marais voisins à la moindre ouverture - Le-Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier

Dunes boisées à l’ouest et marécages à l’est

Sur les dunes, la pinède est majoritaire mais les chênes verts sont aussi bien présents. Ces boisements denses et épais coupent la ville du Verdon-sur-Mer de tout contact avec l’océan, celle-ci se tourne d’avantage vers l’estuaire et se mêle à la forêt. Le littoral atlantique est ainsi bien préservé de toute urbanisation au nord de Soulac-sur-Mer, offrant un paysage de longues plages ponctuées de blockhaus. Les boisements sont parcourus de nombreuses pistes cyclables et piétonnes permettant de découvrir ces espaces préservés.

Au cœur de la forêt domaniale de la Pointe de Grave, le marais du Logit forme une ouverture conséquente, tandis que le marais du Conseiller, au sud du Verdon-sur-Mer, dessine une transition entre boisements et marais de chasse. Ancien marais salants recueillant l’eau de l’estuaire par des réseaux de canaux, il sont aujourd’hui dévolus à l’élevage aquacole et à la préservation des écosystèmes. Des biotopes précieux se sont en effet développés autour de ces bassins d’eau saumâtre, mais leur protection passe par l’entretien et la gestion des réseaux hydrauliques - dégradés après la fin de l’exploitation du sel.

Au niveau de Port-Médoc, la forêt et sa lisière feuillue s'avancent presque jusqu'à la mer - Le-Verdon-sur-Mer
Au niveau de Port-Médoc, la forêt et sa lisière feuillue s'avancent presque jusqu'à la mer - Le-Verdon-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Un boisement peu dense accompagne les habitations, entre Port-Médoc et le marais du Logit - Le-Verdon-sur-Mer
Un boisement peu dense accompagne les habitations, entre Port-Médoc et le marais du Logit - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
La pointe de Grave forme l'extrémité nord de la longue côte sableuse qui s'étend jusqu'à l'Adour - Le-Verdon-sur-Mer
La pointe de Grave forme l'extrémité nord de la longue côte sableuse qui s'étend jusqu'à l'Adour - Le-Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier

Le phare de Cordouan, sentinelle de l’estuaire

À 7 km du littoral vers l’ouest, le plateau de Cordouan, constitué de hauts-fonds rocheux affleurants, accueille le phare du même nom, véritable joyau architectural érigé au milieu des eaux. Construit en 1611, celui-ci a connu diverses transformations jusqu’en 1789, et a été classé monument historique dès 1862, il est un des éléments patrimoniaux les plus précieux de la pointe. Récemment, des travaux ont permis de renforcer sa base d’une cuirasse de béton armé (mesure de protection contre les attaques de la houle). Une nouvelle île sableuse est apparue à ses côtés en mars 2009, sans doute suite au passage de la tempête Klaus, rappelant la mobilité des substrats littoraux.

L’impact de l’érosion

Si les interventions humaines ont donné à la pointe médocaine une forme nouvelle (créations des mattes et palus notamment), elles ne l’ont pas prémunie des attaques de l’érosion, d’autant plus que la disparition des bancs sableux littoraux laissent la côte plus exposée aux marées et à la houle : dès le milieu du XIXème siècle, des ouvrages de protection sont installés au long du rivage (épis, digues...). Ils ne maintiennent cependant que difficilement la côte, et l’érosion reste un problème majeur, à étudier dans la perspective des changements climatiques en cours (élévation du niveau de la mer).

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Les prairies des marais : maintien des paysages ouverts des marais, gestion des prairies par pâturage.

Le patrimoine bâti (soulacaises,...) : repérage des bâtiments patrimoniaux, classement et protection par les documents d’urbanisme.

L’érosion et les évolutions climatiques : définition de zones à risques non constructibles, protection douce du cordon dunaire.

Prairie menacée par l'urbanisation linéaire - Soulac-sur-Mer
Prairie menacée par l'urbanisation linéaire - Soulac-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Quartier de villas soulacaises bien préservées - Soulac-sur-Mer
Quartier de villas soulacaises bien préservées - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier
Les dunes sont soumises à une érosion importante sur cette partie du littoral - Soulac-sur-Mer
Les dunes sont soumises à une érosion importante sur cette partie du littoral - Soulac-sur-Mer Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les milieux naturels des marais : protection des écosystèmes des marais, maintien des réseaux hydrauliques particuliers.

Milieux humides des marais au bord de la RD1215 - Soulac-sur-Mer
Agence Folléa-Gautier Milieux humides des marais au bord de la RD1215 - Soulac-sur-Mer

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les espaces publics aux abords des ports : aménagement d’espaces d’accueil de qualité, réaménagement des parkings.

Le front de mer de Soulac : réaménagement de la promenade et des parkings.

Parking peu amène à proximité du port du Verdon-sur-Mer
Parking peu amène à proximité du port du Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier
Le front de mer de Soulac
Le front de mer de Soulac Agence Folléa-Gautier

Documents à télécharger

C10. Le marais de Braud-et-Saint-Louis

Situation

En rive droite de l’estuaire, au nord de Blaye, les abrupts coteaux calcaires s’adoucissent et s’écartent vers l’est pour laisser la place à de vastes marais, qui s’étendent jusqu’à Mortagne-sur-Gironde, en Charente-Maritime. C’est sur environ 15 000 ha et 40 km du nord au sud - dont une vingtaine sur le territoire girondin - que ces grands espaces plats et dégagés s’offrent à la vue, ponctués de rares bâtiments et d’arbres isolés qui soulignent l’ampleur de l’horizon. Autrefois territoire de l’estuaire, ces terres ont été asséchées par des ingénieurs hollandais au XVIIème siècle, grâce à un réseau de digues et de canaux qui permet, aujourd’hui encore, l’exploitation de tout ce secteur.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C10

  • ANGLADE
  • BLAYE
  • BRAUD-ET-SAINT-LOUIS
  • CARTELEGUE
  • ETAULIERS
  • EYRANS
  • FOURS
  • SAINT-ANDRONY
  • SAINT-CIERS-SUR-GIRONDE
  • SAINT-GENES-DE-BLAYE
  • SAINT-MARTIN-LACAUSSADE
  • SAINT-PALAIS

Caractéristiques

Bloc 1 - Le marais de Braud-et-Saint-Louis
Département Gironde / Agence Folléa-Gautier Le marais de Braud-et-Saint-Louis

Les bordures viticoles habitées

La limite du côté est du marais est très clairement dessinée par le canal de ceinture, longue ligne brisée longeant les légers prémices des reliefs calcaires, doublée d’une route-digue. Au-delà de cet ouvrage, élément clé du réseau d’assèchement, les terres reprennent un peu de hauteur, s’élevant graduellement jusqu’à quelques dizaines de mètres. Les pieds de ces coteaux forment les franges habitées du marais ; les vignes et les cultures sur les pentes, les villages au long des routes, se démarquent nettement du quasi-désert qui règne en contrebas. La D255 de Braud-et-Saint-Louis à Saint-Ciers-sur-Gironde, prolongée par la D18, forme cet axe de peuplement au nord du marais. Au sud, au-dessus de Blaye, la D255 forme la limite digue-canal, et l’urbanisation sur les collines est plus diffuse. Bien que les différences de niveau soient faibles, elles suffisent à faire de ces pieds de coteaux des lieux stratégiques. Ils permettent d’offrir des vues sur une grande partie du marais, qui s’étend à perte de vue en contrebas, ne laissant même pas percevoir l’estuaire ; mais ils forment également les limites visuelles de celui-ci, perceptibles de très loin lorsqu’on se trouve dans les basses terres.

Vue depuis le canal de Ceinture : les pentes s'élèvent doucement, l'église signale le bourg de Braud derrière les arbres, légèrement surélevé - Braud-et-Saint-Louis
Vue depuis le canal de Ceinture : les pentes s'élèvent doucement, l'église signale le bourg de Braud derrière les arbres, légèrement surélevé - Braud-et-Saint-Louis Agence Folléa-Gautier
Bien que peu marqués, les légers rebords qui cernent le marais à l'est sont nettement visibles à l'horizon - Braud-et-Saint-Louis
Bien que peu marqués, les légers rebords qui cernent le marais à l'est sont nettement visibles à l'horizon - Braud-et-Saint-Louis Agence Folléa-Gautier
Le canal des Callonges est un des chenaux principaux du marais, colonne vertébrale du réseau hydraulique - Saint-Ciers-sur-Gironde
Le canal des Callonges est un des chenaux principaux du marais, colonne vertébrale du réseau hydraulique - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Le réseau s'organise en mailles orthogonales - Saint-Ciers-sur-Gironde
Le réseau s'organise en mailles orthogonales - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier

Le système hydraulique et l’exploitation agricole

Si la digue côté estuaire et le canal de ceinture au pied des coteaux forment les éléments clefs du réseau hydraulique d’assèchement des marais, son fonctionnement repose sur de nombreux autres outils. A commencer par le marais de la Vergne, à l’est, qui reçoit les eaux d’un petit bassin versant, acheminées par quelques ruisseaux. Ceux-ci,d’abord dirigés vers le canal des Sables, sont ensuite évacués par le canal Saint-Georges. Mais le débit de ce dernier devient insuffisant lors des périodes de forte précipitations ; le marais de la Vergne, bien que plus élevé, se trouve alors inondé et joue le rôle de régulateur afin de protéger les polders plus à l’ouest. Pour ces derniers, cernés par le canal de ceinture, les chenaux principaux sont organisés suivant un plan orthogonal, parallèlement à la digue ouest - ainsi que les routes, qui suivent et révèlent cette structure du paysage. Ils récoltent les eaux issues des fossés de coulée (qui délimitent les métairies, unités d’exploitation traditionnelles en bandes d’une dizaine d’hectares), eux-mêmes réunissant celles des fossés de travers (qui bornent les parcelles exploitables, ’barrails’ de un à deux hectares).

À la fin des années 1970, le remembrement va transformer ces paysages : la volonté de définir des parcelles plus vastes s’oppose au maintien des systèmes traditionnels de drainage, remettant en cause la gestion des marais. La maïsiculture irriguée, notamment, va occuper des champs d’une surface totalisant parfois plusieurs centaines d’hectares, en gommant totalement les complexes réseaux antérieurs. L’existence même des marais étant liée à ces systèmes, ces évolutions posent question, d’autant plus qu’aujourd’hui, différents usages prennent place ici. Si les cultures labourées sont très largement majoritaires, les prairies occupent encore une part conséquente des marais, tandis qu’une large frange à l’est est dévolue à la chasse (tonnes, friches) : toutes ces pratiques n’impliquent pas le même rapport à l’eau, et donc différentes gestions des canaux.

La finesse de certains fossés doit rivaliser dans ces paysages avec la démesure des lignes à haute tension - Braud-et-Saint-Louis
La finesse de certains fossés doit rivaliser dans ces paysages avec la démesure des lignes à haute tension - Braud-et-Saint-LouisAgence Folléa-Gautier
D'importants ouvrages (écluses, portes à flots) permettent le fonctionnement du système hydraulique du marais - Saint-Ciers-sur-Gironde
D'importants ouvrages (écluses, portes à flots) permettent le fonctionnement du système hydraulique du marais - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
De longues rampes d'irrigation surplombent souvent les parcelles céréalières : les cultures nécessitent ici des apports conséquents - Saint-Ciers-sur-Gironde
De longues rampes d'irrigation surplombent souvent les parcelles céréalières : les cultures nécessitent ici des apports conséquents - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
De nombreuses parcelles ont été réunies, et le réseau hydraulique partiellement 'effacé', pour permettre la création de ces très vastes champs de maïs - Saint-Ciers-sur-Gironde
De nombreuses parcelles ont été réunies, et le réseau hydraulique partiellement 'effacé', pour permettre la création de ces très vastes champs de maïs - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Les marais sont encore partiellement pâturés - Saint-Ciers-sur-Gironde
Les marais sont encore partiellement pâturés - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
La prairie de fauche est également un mode d'exploitation de ces polders - Saint-Ciers-sur-Gironde
La prairie de fauche est également un mode d'exploitation de ces polders - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Gérés par les chasseurs, certains milieux s'enfrichent, évoluant parfois jusqu'à un stade forestier - Saint-Ciers-sur-Gironde
Gérés par les chasseurs, certains milieux s'enfrichent, évoluant parfois jusqu'à un stade forestier - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
Des mares sont aussi créées par les chasseurs, pour attirer la faune aviaire - Saint-Ciers-sur-Gironde
Des mares sont aussi créées par les chasseurs, pour attirer la faune aviaire - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier

Les sites stratégiques des ports

Les ports de Vitrezay et des Callonges se situent tous deux à l’embouchure de chenaux importants, s’élargissant légèrement pour accueillir quelques embarcations dans un espace plus abrité que l’estuaire. Ces interfaces entre terre et eau représentent des sites-clefs pour la valorisation des paysages, et sur ces deux sites sont d’ailleurs favorisées les liaisons fluviales (construction d’un ponton aux Callonges, liaison par bac à Vitrezay) et les activités de découverte de la nature. Le pôle-nature de Vitrezay est situé en rive droite du canal de la Comtesse, donc dans le département de Charente-Maritime, mais le parc ornithologique ’Terres d’oiseaux’, au sud du port des Callonges, offre un exemple de site de nature, à destination du public, sur le territoire girondin.

Le port de Vitrezay s'immisce dans l'embouchure du canal de la Comtesse - Saint-Ciers-sur-Gironde
Le port de Vitrezay s'immisce dans l'embouchure du canal de la Comtesse - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
Les ports sont avant tout des sites stratégiques pour les déplacements à travers l'estuaire : liaisons possibles de Vitrezay à Pauillac ou Blaye - Saint-Ciers-sur-Gironde
Les ports sont avant tout des sites stratégiques pour les déplacements à travers l'estuaire : liaisons possibles de Vitrezay à Pauillac ou Blaye - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Le parc ornithologique des Callonges met en valeur le riche patrimoine naturel des marais estuariens - Saint-Ciers-sur-Gironde
Le parc ornithologique des Callonges met en valeur le riche patrimoine naturel des marais estuariens - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier

Au dessus de l’horizon : arbres et centrale nucléaire

Ces terres artificielles constituent des espaces sans limites, d’une horizontalité parfaite (de un à deux mètres d’altitude), et les arbres sont peu nombreux dans ce paysage : quelques friches boisées à l’est, des sujets isolés ou de rares alignements, et peu de ripisylves. Tout élément vertical prend donc ici une place importante, à la fois point de repère et facteur de variété. D’autant plus qu’ils aident à appréhender ce territoire, les alignements soulignant les canaux tandis qu’une ripisylve fournie surplombe la digue ouest, en bordure de l’estuaire.

Masse imposante dominant l’horizon, la centrale nucléaire du Blayais - mise en service en 1981 - est la marque la plus récente de l’emprise de l’homme sur ce territoire. Sa haute silhouette se perçoit depuis une grande partie du marais, mais aussi depuis la rive médocaine au-delà de l’estuaire, elle forme un point de repère dans ces paysages de grandes étendues, pauvres en éléments verticaux notables. Elle souligne notamment la limite entre terres et eaux, imperceptible depuis les polders. Mais sa présence se prolonge également dans trois directions par les imposantes lignes à haute tension distribuant la production électrique vers le nord, l’est et le sud-est ; celles-ci parcourent le paysage et s’imposent à la vue, quasi-omniprésentes dans ces pays très dégagés.

Sans présence végétale importante l'œil est très peu freiné dans ces paysages très plats et perçoit souvent jusqu'à la ripisylve en berge de l'estuaire - Saint-Ciers-sur-Gironde
Sans présence végétale importante l'œil est très peu freiné dans ces paysages très plats et perçoit souvent jusqu'à la ripisylve en berge de l'estuaire - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
En signalant une route, et donc un canal, cet alignement au loin laisse percevoir la structure du paysage - Saint-Ciers-sur-Gironde
En signalant une route, et donc un canal, cet alignement au loin laisse percevoir la structure du paysage - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
L'arrivée au port des Callonges est mise en scène par ce double alignement - Saint-Ciers-sur-Gironde
L'arrivée au port des Callonges est mise en scène par ce double alignement - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Les arbres isolés sont immédiatement remarquables, et prennent un rôle de point de repère - Saint-Ciers-sur-Gironde
Les arbres isolés sont immédiatement remarquables, et prennent un rôle de point de repère - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
La masse imposante de la centrale est visible de très loin, émergeant au-dessus des arbres - Braud-et-Saint-Louis
La masse imposante de la centrale est visible de très loin, émergeant au-dessus des arbres - Braud-et-Saint-LouisAgence Folléa-Gautier
Les lignes à hautes tensions sont les seuls éléments de ce paysage à ne pas suivre la trame du réseau hydraulique - Braud-et-Saint-Louis
Les lignes à hautes tensions sont les seuls éléments de ce paysage à ne pas suivre la trame du réseau hydraulique - Braud-et-Saint-Louis Agence Folléa-Gautier
Du fait de l'horizontalité du marais et de la faible présence arborée, les lignes électriques semblent omniprésentes, traversant le paysage d'un bout à l'autre - Braud-et-Saint-Louis
Du fait de l'horizontalité du marais et de la faible présence arborée, les lignes électriques semblent omniprésentes, traversant le paysage d'un bout à l'autre - Braud-et-Saint-LouisAgence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Le réseau hydraulique des marais : entretien et gestion des canaux, maintien de l’équilibre nécessaire à la préservation des milieux du marais.

Les prairies des marais : maintien des paysages ouverts des marais, gestion des prairies par pâturage.

Le canal du Canton - Braud-et-Saint-Louis
Le canal du Canton - Braud-et-Saint-Louis Agence Folléa-Gautier
Une gestion régulière est nécessaire pour éviter l'enfrichement - Braud-et-Saint-Louis
Une gestion régulière est nécessaire pour éviter l'enfrichement - Braud-et-Saint-LouisAgence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation / création

Les sites des ports : aménagement pour l’accueil au public, création de points de vue pour la découverte des paysages de l’estuaire.

Les transports fluviaux : développement des possibilités de transport fluvial à travers l’estuaire.

Les paysages des routes : entretien des abords des routes, entretien des canaux, protection et développement des alignements.

Ponton au port des Callonges - Saint-Ciers-sur-Gironde
Ponton au port des Callonges - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Bords de route à réaménager au long du canal Saint-Louis - Braud-et-Saint-Louis
Bords de route à réaménager au long du canal Saint-Louis - Braud-et-Saint-LouisAgence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les grandes parcelles de monoculture : recréation des canaux de drainage, développement de bandes enherbées ou de haies pour favoriser les milieux naturels.

Les bâtiments incongrus : inscription dans les paysages du marais par la plantation d’arbres et de haies adaptés en accompagnement.

L’urbanisation en bordure des marais : arrêt du développement des constructions, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, inscription dans les paysages des constructions existantes par la mise en place de lisières urbaines plantées.

Simplification du paysage par la monoculture - Saint-Ciers-sur-Gironde
Simplification du paysage par la monoculture - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
Les constructions banalisantes sont très visibles dans ces paysages ouverts - Saint-Ciers-sur-Gironde
Les constructions banalisantes sont très visibles dans ces paysages ouverts - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Urbanisation pavillonnaire en limite des marais - Braud-et-Saint-Louis
Urbanisation pavillonnaire en limite des marais - Braud-et-Saint-Louis Agence Folléa-Gautier

Documents à télécharger

C11. L’estuaire et ses îles

Situation

De la pointe du Bec d’Ambès à celle du Verdon, l’estuaire de la Gironde s’étire sur plus de 70 km de longueur, s’évasant au fur et à mesure pour atteindre 10 km de large avant son embouchure. Ces dimensions monumentales en font le plus grand d’Europe, représentant plus de 600 km². Même si les rives qui le bordent déterminent en partie ses paysages, ses dimensions énormes, ses îles, ses activités spécifiques, en font un lieu en soi, emblématique du département et précieux en termes de milieux naturels. Quelques villes s’approchent jusqu’aux berges mêmes : Pauillac et Le Verdon-sur-Mer sur la rive gauche, desservie par la RD2 ; Bourg et Blaye sur la rive droite, desservie par la RD669 et la RD255. Aucun pont ne franchit cette large encoche maritime, ce qui laisse isolées les populations du nord Médoc , mais fait de la Gironde un des estuaires les plus préservés d’Europe.

Atlas des paysages - légende des cartes de situation

Les communes concernées par l'unité de paysage C11

  • AMBES
  • ARCINS
  • BAYON-SUR-GIRONDE
  • BEGADAN
  • BLANQUEFORT
  • BLAYE
  • BOURG
  • BRAUD-ET-SAINT-LOUIS
  • CUBZAC-LES-PONTS
  • CUSSAC-FORT-MEDOC
  • FOURS
  • GAURIAC
  • JAU-DIGNAC-ET-LOIRAC
  • LAMARQUE
  • LE VERDON-SUR-MER
  • LUDON-MEDOC
  • MACAU
  • MARGAUX-CANTENAC
  • PAREMPUYRE
  • PAUILLAC
  • PLASSAC
  • PRIGNAC-ET-MARCAMPS
  • SAINT-ANDRE-DE-CUBZAC
  • SAINT-ANDRONY
  • SAINT-CHRISTOLY-MEDOC
  • SAINT-ESTEPHE
  • SAINT-GENES-DE-BLAYE
  • SAINT-GERVAIS
  • SAINT-JULIEN-BEYCHEVELLE
  • SAINT-LOUBES
  • SAINT-LOUIS-DE-MONTFERRAND
  • SAINT-SEURIN-DE-BOURG
  • SAINT-SEURIN-DE-CADOURNE
  • SAINT-VINCENT-DE-PAUL
  • SAINT-VIVIEN-DE-MEDOC
  • SAINT-YZANS-DE-MEDOC
  • SOULAC-SUR-MER
  • SOUSSANS
  • TALAIS
  • VALEYRAC
  • VILLENEUVE

Caractéristiques

L’immensité des horizons estuariens

L’estuaire de la Gironde, en mêlant les eaux douces des fleuves Garonne et Dordogne et les eaux salées de l’Atlantique, dessine un paysage particulièrement original, à la fois terrestre, fluvial et marin. Marin par ses dimensions : l’ampleur de l’estuaire dialogue ici avec l’immensité du ciel, sans rival de taille pour occuper l’horizon. Terrien par les marais : si les rives sont lointaines et discrètes, elles sont néanmoins travaillées et habitées par les hommes, qui ont petit à petit élargi leur emprise en gagnant des terres sur cette mer intérieure. Fluvial par la couleur brun rouge de ses eaux, par les villes et bourgs portuaires qui ponctuent ses rives, par ses activités de pêche et de navigation.

En rive gauche, culminant à peine à 45 m, les horizons du Médoc ne forment qu’une mince bande sombre sur les eaux. En rive droite, si les collines calcaires présentent des "falaises de Gironde" bien lisibles au sud de Blaye, surplombant les eaux d’une cinquantaine de mètres, les marais de Braud-et-Saint-Louis vers l’aval restent aussi bas que l’estuaire, leur présence étant uniquement signalée par les digues.

Rencontre de la Garonne et de la Dordogne et naissance de l'estuaire au Bec d'Ambès - Saint-Seurin-de-Bourg
Rencontre de la Garonne et de la Dordogne et naissance de l'estuaire au Bec d'Ambès - Saint-Seurin-de-Bourg Agence Folléa-Gautier
Vue sur les rivages charentais depuis la pointe du Verdon
Vue sur les rivages charentais depuis la pointe du Verdon Agence Folléa-Gautier
Vue sur le Médoc depuis le port de Vitrezay - Saint-Ciers-sur-Gironde
Vue sur le Médoc depuis le port de Vitrezay - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
Vue depuis la zone portuaire de Blaye : le ciel et l'estuaire écrasent le Médoc par leur immensité
Vue depuis la zone portuaire de Blaye : le ciel et l'estuaire écrasent le Médoc par leur immensité Agence Folléa-Gautier
Les falaises calcaires de Gauriac s'élèvent au-dessus des eaux
Les falaises calcaires de Gauriac s'élèvent au-dessus des eaux Agence Folléa-Gautier
Les prémices des coteaux charentais dessinent un mince et sombre horizon, surplombant les digues presque invisibles du marais de Braud-et-Saint-Louis - Vue depuis Saint-Estèphe
Les prémices des coteaux charentais dessinent un mince et sombre horizon, surplombant les digues presque invisibles du marais de Braud-et-Saint-Louis - Vue depuis Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier

Les paysages discrets des berges

Qu’elles soient formées d’une digue artificielle, d’une falaise calcaire ou d’une frange marécageuse, les berges de la Gironde sont, le plus souvent, accompagnées d’une présence arborée plus ou moins marquée. Si aucune forêt alluviale ne s’étend sur les rives, ripisylves et alignements soulignent néanmoins les limites du domaine terrien, tandis que la zone de transition s’étire sur des vasières rougeâtres, luisantes et grasses. Slikke et schorre étendent leur végétation spécifique, dessinant des entre-deux qui enrichissent et complexifient les paysages.

Une grande partie des berges de l’estuaire est constituée de digues, bâties et entretenues par l’homme depuis le XVIIème siècle afin d’accroître l’étendue des terres exploitables (cf "les marais"). Marais de Prignac-et-Marcamps, de Braud-et-Saint-Louis, mattes de Talais et palus de Parempuyre sont tous maintenus hors d’eau par ces fragiles barrières, associées à de vastes réseaux de canaux de drainage et à des systèmes de vannes, écluses et portes à flot. Ces systèmes complexes nécessitent un entretien attentif, car ils sont sans cesse soumis à l’action des eaux (courants, marées, batillage, mascaret...), particulièrement lors d’évènements comme la tempête Xynthia, en 2010. Environ 20% des digues sont aujourd’hui dégradées et 30% fragilisées, et la multiplicité des gestionnaires rend difficile la mise en place d’une politique globale.

Dans le contexte climatique actuel - fréquence accrue des tempêtes, réchauffement climatique et montée du niveau des eaux - la gestion des crues et des inondations passe par un questionnement de ces systèmes de digues. En effet, d’autres modes de gestion permettraient aux marais de jouer un rôle plus efficace en tant que secteurs d’épandage des crues, protégeant ainsi les zones très urbanisées de l’agglomération bordelaise en amont.

Entre digues et eaux se développent les bots (ou brods) : ces vasières, adossées aux ouvrages, s’étendent au-dessus de l’estran. Rarement immergées, elles sont couvertes d’une végétation herbacée pérenne, qui surplombe les bourrelets alluvionnaires luisants.

La succession des innombrables carrelets, perchés sur pilotis et surplombant les rivages, rappelle la présence de l’homme et l’importante activité que suscitent les berges. Emblématiques de l’estuaire, ces cabanons de pêche forment un véritable patrimoine encore peu valorisé et aujourd’hui menacé par les tempêtes, l’érosion, voire les perspectives de montée du niveau des eaux.

Les alignements accompagnant les routes sur les berges composent les paysages de l'estuaire - Saint-Estèphe
Les alignements accompagnant les routes sur les berges composent les paysages de l'estuaire - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier
Le reflux dégage d'amples vasières, à l'interface de la terre et des eaux - Saint-Vivien-de-Médoc
Le reflux dégage d'amples vasières, à l'interface de la terre et des eaux - Saint-Vivien-de-MédocAgence Folléa-Gautier
Le reflux dégage d'amples vasières, à l'interface de la terre et des eaux - Saint-Vivien-de-Médoc
Le reflux dégage d'amples vasières, à l'interface de la terre et des eaux - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
La fréquence de submersion détermine la végétation des berges - Saint-Ciers-sur-Gironde
La fréquence de submersion détermine la végétation des berges - Saint-Ciers-sur-GirondeAgence Folléa-Gautier
La digue maçonnée maintient hors d'eau les terres cultivées - Saint-Vivien-de-Médoc
La digue maçonnée maintient hors d'eau les terres cultivées - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les berges empierrées de la zone portuaire de Blaye
Les berges empierrées de la zone portuaire de BlayeAgence Folléa-Gautier
De nombreux fossés sillonnent les marais afin d'en drainer les eaux - Saint-Ciers-sur-Gironde
De nombreux fossés sillonnent les marais afin d'en drainer les eaux - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Vannes et écluses permettent le fonctionnement de ces réseaux - Saint-Ciers-sur-Gironde
Vannes et écluses permettent le fonctionnement de ces réseaux - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Une végétation spécifique se développe au pied des digues - Île du Nord
Une végétation spécifique se développe au pied des digues - Île du NordAgence Folléa-Gautier
Les carrelets surplombent les eaux et se succèdent au long de la ripisylve - Villeneuve
Les carrelets surplombent les eaux et se succèdent au long de la ripisylve - Villeneuve Agence Folléa-Gautier
Frêle carrelet en vis-à-vis de l'imposante centrale nucléaire du Blayais - Saint-Estèphe
Frêle carrelet en vis-à-vis de l'imposante centrale nucléaire du Blayais - Saint-Estèphe Agence Folléa-Gautier

Les paysages fluctuants des îles

Avec les apports importants en alluvions fluviatiles et en sables marins causés deux fois par jour par la marée montante, les mouvements sédimentaires à l’œuvre dans l’estuaire sont considérables : la physionomie des fonds sous-marins se modifie perpétuellement, et des îles se forment ou disparaissent régulièrement au sein de la Gironde.

Les processus de création d’une île :

« Au départ, il y a toujours un banc de sable. Et puis la vase s’en mêle, avec des herbes d’eau. On parle alors d’un vasard. Qui devient fagnard quand des buissons s’installent. Voire une île quand il commence à y avoir des arbres. »

Parfois rattachées naturellement aux rives par le comblement des chenaux et l’érosion du côté du lit principal, celles-ci participent aussi de la modification du pourtour même de l’estuaire, notamment sur la rive gauche. Depuis l’apparition de l’île Macau, dont la présence est attestée au XIème siècle, les changements ont été nombreux : ainsi, l’Île Cazeau passe de 100 ha au XVIIIème siècle à plus de 300 ha à la fin du XIXème, l’Île Patiras de 380 ha au début du XVIIIème à 1500 au début du XXème, l’Île Vincent et l’Île des Vaches se sont rattachées à la rive...

Les interventions humaines ont eu tendance à appauvrir l’archipel des îles estuariennes, principalement dans le but de conforter les chenaux de navigation : ainsi, l’Île Cazeau, l’Île du Nord et l’Île Verte ont été réunies au XIXème siècle, de même que l’Île Nouvelle et l’Île Bouchaud. Par ces interventions, les courants sont concentrés et permettent de maintenir un effet de chasse plus efficace. Mais les paysages s’en trouvent simplifiés : les îles deviennent des bandes de terre ou disparaissent, et avec elles les petits bras aux ambiances riches et intimes.

Simple banc de sable apparu au milieu du XVIIème siècle, l’Île Paté fera l’objet d’un renforcement par des structures en bois afin d’accueillir Fort Paté, dont la construction sera achevée en 1693. Celui-ci forme le troisième élément du verrou de la Gironde conçu par Vauban, avec la citadelle de Blaye et Fort Médoc. Cette architecture militaire participe également du paysage de l’estuaire, elle souligne son importance stratégique et la volonté humaine de maîtriser ces territoires fluctuants. L’île en elle-même, soumise à une érosion importante, verra sa surface diminuer de 20 à 13 ha entre 1723 et 1912 ; de nombreuses opérations de consolidation des berges ont été menées au fil du temps, afin de préserver cet élément du système défensif. Aujourd’hui, cet îlot non exploité est envahi par la végétation, qui camoufle la construction héritée de Vauban.

Au milieu du cours de la Dordogne, l'Île d'Ambès s'étire face à Bourg
Au milieu du cours de la Dordogne, l'Île d'Ambès s'étire face à Bourg Agence Folléa-Gautier
Depuis la citadelle de Blaye se dessinent l'Île Nouvelle, puis le Vasard de Beychevelle, et enfin le rivage du Médoc
Depuis la citadelle de Blaye se dessinent l'Île Nouvelle, puis le Vasard de Beychevelle, et enfin le rivage du Médoc Agence Folléa-Gautier
La surface de l'Île Nouvelle se réduit progressivement sur sa rive droite
l'Île Nouvelle Agence Folléa-Gautier
L'enracinement des arbres ne résiste pas à l'érosion - Île Verte
L'enracinement des arbres ne résiste pas à l'érosion - Île VerteAgence Folléa-Gautier
Évolution des îles de l'estuaire
Évolution des îles de l'estuaire Agence Folléa-Gautier
L'Île Bouchaud et l'Île Nouvelle forment aujourd'hui un seul ensemble
L'Île Bouchaud et l'Île Nouvelle forment aujourd'hui un seul ensemble Agence Folléa-Gautier
Rivages de l'Île du Nord vu depuis les berges de Margaux
Rivages de l'Île du Nord vu depuis les berges de MargauxAgence Folléa-Gautier
L'Île Paté vue depuis la citadelle de Blaye
L'Île Paté vue depuis la citadelle de Blaye Agence Folléa-Gautier
Les friches de l'île s'étendent au pied du Fort Paté
Les friches de l'île s'étendent au pied du Fort Paté Agence Folléa-Gautier
Le développement de la végétation occulte le fort - Île Paté
Le développement de la végétation occulte le fort - Île Paté Agence Folléa-Gautier
La citadelle et le port de Blaye
La citadelle et le port de BlayeAgence Folléa-Gautier

L’occupation humaine des îles

Les îles furent d’abord exploitées majoritairement pour le pâturage, et ce n’est qu’au début du XIXème siècle qu’elles commencent à être mises en culture. Cultures céréalières et surtout viticoles se développent alors sur la plupart d’entre elles : elles bénéficient en effet d’un climat favorable - protégé du gel comme de la grêle - et de sols particulièrement riches. Tout comme sur le Bec d’Ambès, les parcelles peuvent être facilement inondées, ce qui protège les pieds des attaques du phylloxéra : les vignobles des îles deviennent donc florissants lorsque frappe cette maladie. Plus de 200 ha de vigne couvrent ainsi l’ensemble Île Cazeau-Île du Nord-Île Verte à la fin du XIXème siècle.

Un important besoin en main d’œuvre découle de ce développement de la viticulture : une population permanente s’installe sur les îles. Celle-ci est estimée à environ 450 personnes au total en 1878, constituant de véritables hameaux. Au fil des années, la vie des insulaires est facilitée par divers aménagements : creusement de puits artésiens pour l’eau, construction d’écoles, électrification en 1950...

La prééminence viticole prendra fin dans la deuxième moitié du XXème siècle, et les surfaces plantées en vigne se réduisent alors pour laisser la place à la céréaliculture, et notamment au maïs. Ce changement, associé à la modernisation des techniques, signifie la baisse de la population des îles, jusqu’à sa disparition et l’abandon des bâtiments.

Après avoir été exploitée durant 20 ans par la maïsiculture, l’Île Nouvelle est rachetée en 1991 par le Conservatoire du Littoral. Différents projets de renaturation sont menés : maintien des digues au sud afin de retenir les eaux de pluies et développer des roselières, propices à certains oiseaux (canards, fauvettes, hérons...) ; ouvertures des digues au nord pour laisser pénétrer les eaux estuariennes et obtenir des vasières susceptibles d’évoluer, à long terme, en boisements alluviaux. L’île est aujourd’hui ouverte au public lors de visites guidées, afin de révéler sa richesse écologique tout en préservant ses milieux.

Le Domaine de l'Île Verte
Le Domaine de l'Île Verte Agence Folléa-Gautier
Le village de l'Île sans Pain, sur l'Île Nouvelle
Le village de l'Île sans Pain, sur l'Île Nouvelle Agence Folléa-Gautier
Bâtiments abandonnés sur l'Île Nouvelle
Bâtiments abandonnés sur l'Île Nouvelle Agence Folléa-Gautier
Les anciennes terres céréalières de l'Île Nouvelle voient les milieux naturels se reconstituer
Les anciennes terres céréalières de l'Île Nouvelle voient les milieux naturels se reconstituerAgence Folléa-Gautier

Le paysage des ports

Garonne, Dordogne et Gironde constituent depuis des temps immémoriaux des axes de communication majeurs ; en effet, les voies navigables sont restées très longtemps des moyens plus sûrs de voyager et de transporter les marchandises. Si le rail et la route ont considérablement diminué l’importance de la navigation, celle-ci n’a jamais disparu pour autant, et aujourd’hui encore des navires de gros tonnage remontent jusqu’à Bordeaux, voire plus en amont : les éléments de fuselage de l’Airbus A380 sont ainsi transportés par bateau jusqu’au port de Langon.

Les premiers bateaux, grâce à un tirant d’eau faible, trouvaient sans encombre leur chemin dans l’estuaire, mais les navires plus modernes ont nécessité de nombreux aménagements afin d’assurer sa navigabilité. En plus des rattachements d’îles évoqués plus haut, qui permettent d’accentuer les effets de chasse, les passes sont entretenues par dragage à partir du milieu du XIXème siècle. Parallèlement, des systèmes de balisage et d’éclairage apparaissent et seront achevés à la fin de ce même siècle. Aujourd’hui encore, la passe est draguée continuellement afin d’assurer l’accès jusqu’au Grand Port Maritime de Bordeaux.

La plupart des petits ports de pêche et de plaisance, égrenés au fil de l’estuaire, restent discrets, implantés en retrait le long d’étroits chenaux. Ce sont traditionnellement des ports d’échange, soumis aux marées. Le bois y est omniprésent pour les confortements des berges, les platelages, les piquets, les échelles, et contribue de façon majeure à la qualité paysagère des lieux. A marée basse, la vase fait aussi partie de leur personnalité, évacuée par système de chasse. En général, une rive reçoit les bâtiments, l’autre restant naturelle. Quant aux peyrats, ils permettent la mise à l’eau des bateaux.

Les ports urbains, comme Blaye ou Pauillac, participent des paysages de la Gironde de façon plus manifeste : façades bâties urbaines ou quais de pierre dessinent des rencontres frontales entre villes et estuaire. La présence marquée d’arbres d’alignement enrichit encore cette interface, en révélant son potentiel en tant qu’espace public. Le port de plaisance de Pauillac, vu depuis l’estuaire, nuit en partie à cette image : les longues berges herbeuses plongeant dans les eaux sont occultées par les hautes palplanches métalliques de la jetée.

Le rôle de l’estuaire reste majeur en termes de transport, notamment dans les domaines commercial et industriel : l’entretien constant du chenal permet d’assurer l’accès de navires de grands gabarits, nécessaires aux activités lourdes. La pointe du Bec d’Ambès, le port pétrolier de Pauillac ou encore le port industriel du Verdon, révèlent ce rôle important de la Gironde ; grues, cuves de stockage et pontons de déchargement formant le décor devant lequel se succèdent les gros porteurs.

Les phares de Patiras et de Trompeloup, dressés au sein de l’estuaire sur les îles éponymes, constituent également un patrimoine architectural de valeur. Enfin, éléments d’échelle moindre, les bouées et balises accompagnent au long de l’estuaire le spectacle des navires empruntant le chenal ; tandis que quelques épaves gisant sur les berges rappellent les dangers de la navigation.

Chenal du port de la Chapelle - Saint-Estèphe
Chenal du port de la Chapelle - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier
Chenal urbain du port de Blaye, envahi par les parkings
Chenal urbain du port de Blaye, envahi par les parkings Agence Folléa-Gautier
Port de Roque-de-Thau
Port de Roque-de-Thau Agence Folléa-Gautier
Quais de pierre et façade urbaine de Blaye
Quais de pierre et façade urbaine de Blaye Agence Folléa-Gautier
Façade continue et alignements majestueux du port de Pauillac
Façade continue et alignements majestueux du port de Pauillac Agence Folléa-Gautier
Douceur de la transition du bâti à l'estuaire : berges enherbées et vasière - Pauillac
Douceur de la transition du bâti à l'estuaire : berges enherbées et vasière - PauillacAgence Folléa-Gautier
Les palplanches du port de plaisance dévalorisent la silhouette de Pauillac
Les palplanches du port de plaisance dévalorisent la silhouette de PauillacAgence Folléa-Gautier
Les grues du port du Verdon accueillent les navires à l'entrée de l'estuaire
Les grues du port du Verdon accueillent les navires à l'entrée de l'estuaireAgence Folléa-Gautier
Dès la confluence, le Bec d'Ambès souligne le rôle industriel de l'estuaire
Dès la confluence, le Bec d'Ambès souligne le rôle industriel de l'estuaire Agence Folléa-Gautier
Les gros porteurs amarrés aux pontons de chargement participent du paysage de l'estuaire
Les gros porteurs amarrés aux pontons de chargement participent du paysage de l'estuaireAgence Folléa-Gautier
Les cuves du port pétrolier de Pauillac sont visibles depuis la rive droite
Les cuves du port pétrolier de Pauillac sont visibles depuis la rive droite Agence Folléa-Gautier
Le phare de Patiras ponctue la longue sihouette de l'île
Le phare de Patiras ponctue la longue sihouette de l'île Agence Folléa-Gautier
Phare de l'île de Patiras
Phare de l'île de Patiras Agence Folléa-Gautier
Les bouées signalent l'emplacement du chenal
Les bouées signalent l'emplacement du chenalAgence Folléa-Gautier
Quelques épaves jalonnent les berges de l'estuaire
Quelques épaves jalonnent les berges de l'estuaireAgence Folléa-Gautier

Enjeux

Atlas des paysages - légende enjeux

Enjeux de protection / préservation

Les milieux humides des berges : protection des milieux fragilisés, mise en place d’accès canalisés.

Le patrimoine architectural (phares, citadelles...) : classement et inscription aux documents d’urbanisme, entretien et rénovation.

Les carrelets : entretien et rénovation.

L'instabilité des berges génère des milieux très particuliers
L'instabilité des berges génère des milieux très particuliers Agence Folléa-Gautier
L'église de Pauillac permet d'identifier la silhouette de la ville
L'église de Pauillac permet d'identifier la silhouette de la ville Agence Folléa-Gautier
La fragilité des carrelets participe de leur charme
La fragilité des carrelets participe de leur charme Agence Folléa-Gautier

Enjeux de valorisation/création

Les paysages des îles : ouverture au public, renaturation des parcelles abandonnées, aménagement de points d’accueil, organisation de visites.

Les berges : mise en place de circulations douces, gestion de la ripisylve et des plantations sur digues, entretien et rénovation des carrelets, aménagement de points de vue sur l’estuaire.

Les espaces publics des villes portuaires : aménagement de lieux d’aménité urbains, recul des aires de stationnements par rapport aux berges, valorisation du contact ville-estuaire.

Les petits ports de pêche : aménagement de lieux privilégiés de découverte de l’estuaire, entretien et rénovation des villages, création de liaisons douces piétons-cyclistes depuis l’intérieur des terres et d’itinéraires de découverte.

Les transports collectifs fluviaux, le tourisme fluvial : développement de nouvelles lignes, notamment à but touristique.

Terres et hameaux abandonnés offrent des paysages insolites - Ile nouvelle
Terres et hameaux abandonnés offrent des paysages insolites - Ile nouvelle Agence Folléa-Gautier
Aucun espace de circulation n'est dédié aux piétons ou aux cyclistes - Saint-Estèphe
Aucun espace de circulation n'est dédié aux piétons ou aux cyclistes - Saint-EstèpheAgence Folléa-Gautier
Les stationnements occultent le paysage urbain - Blaye
Les stationnements occultent le paysage urbain - Blaye Agence Folléa-Gautier
Par les chenaux, l'estuaire s'immisce à l'intérieur des terres - Saint-Vivien-de-Médoc
Par les chenaux, l'estuaire s'immisce à l'intérieur des terres - Saint-Vivien-de-Médoc Agence Folléa-Gautier
Les ports dessinent de petits espaces intimes et agréables - Villeneuve
Les ports dessinent de petits espaces intimes et agréables - Villeneuve Agence Folléa-Gautier
Le bac reste le seul moyen de franchir l'estuaire - Le Verdon-sur-Mer
Le bac reste le seul moyen de franchir l'estuaire - Le Verdon-sur-MerAgence Folléa-Gautier

Enjeux de réhabilitation/requalification

Les berges érodées et les ouvrages de défense endommagés : mise en place de systèmes de protections végétales, consolidation ou renaturation selon les milieux naturels, organisation de "vigilance citoyenne".

Le patrimoine bâti des îles : rénovation des bâtiments, aménagement d’espaces d’accueil du public, valorisation de l’environnement.

Des protections peu soignées dévalorisent le paysage - Saint-Ciers-sur-Gironde
Des protections peu soignées dévalorisent le paysage - Saint-Ciers-sur-Gironde Agence Folléa-Gautier
Sur les îles, les bâtiments à l'abandon présentant un interêt architectural pourraient être réhabilités au bénéfice du public : un projet de restauration du patrimoine bâti et de renaturation est en cours sur l'île Nouvelle
Sur les îles, les bâtiments à l'abandon présentant un interêt architectural pourraient être réhabilités au bénéfice du public : un projet de restauration du patrimoine bâti et de renaturation est en cours sur l'île Nouvelle Agence Folléa-Gautier
Sans aménagements, les berges reculent inexorablement
Sans aménagements, les berges reculent inexorablement Agence Folléa-Gautier

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