Le Département encourage les mobilités durables du quotidien (vélo, marche à pied...) et le partage des véhicules ou covoiturage, pour…
Les ponts de Gironde (hors métropole)
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La Gironde compte 1 770 ponts et 390 murs de soutènement hors métropole et 1 tunnel de piste cyclable. Un patrimoine très important pour le département le plus grand de France, qui pourrait s’estimer à une valeur neuve de 925 millions d’euros.
Parmi toutes ces constructions que l’on rassemble sous le terme « d’ouvrage d’art », nous pouvons distinguer les ponts suspendus, les viaducs, les ponts en voûte maçonnée, les ponts métalliques ou en béton armé, les buses et les tunnels.
Leur diversité est remarquable. Elle s’explique de plusieurs manières : le cours d’eau que le pont traverse, sa situation géologique et environnementale, mais aussi sa période de construction à laquelle est associée une technique de fabrication particulière.
La répartition territoriale des ponts (hors métropole)
Les ponts en Gironde (hors métropole) sont présents sur l'ensemble du territoire :
- Libournais : 378 ponts
- Médoc : 302 ponts
- Sud Gironde : 382 ponts
- Entre-deux-Mers : 267 ponts
- Haute Gironde : 216 ponts
- Bassin : 225 ponts
77 % des ponts font une longueur inférieure ou égale à 10 m et 8 % font plus de 50 m de long.
Les ponts maçonnés ou ponts en pierre
Réalisés depuis l’antiquité jusqu’à la fin du XIXe siècle, les ponts en pierre constitués d’une ou plusieurs voûtes ont un âge moyen théorique de 150 ans.
Le département de la Gironde entretient 707 ponts maçonnés (hors métropole).
Le pont de pierre de Libourne construit en 1824 est le plus ancien de ces ponts en Gironde (hors Métropole). Commandé par Napoléon, comme le pont de pierre de Bordeaux, il fait 220 mètres de long et comporte 9 arches. Fortement endommagé en 1944, il est restauré après la Seconde Guerre mondiale. Élargi en 1975 pour l’adapter à la circulation piétonne, il est étanchéisé en 2000. En 2018, le pont est à nouveau restauré, dans les règles de l'art, avec 7 000 briques commandées à Storme-Pruvost, le spécialiste de la terre cuite à Gironde-sur-Dropt.
L’unique viaduc de Gironde
Le département de la Gironde compte un seul viaduc, situé à Cubzac-les-Ponts en Haute Gironde. Il date de 1883 et mesure 1 km de long.
Auparavant, le dernier pont testé pour traverser la Dordogne avait duré 30 ans. En 1879, Gustave Eiffel engage la rénovation. Les viaducs en pierre, de forme conique de 100 mètres de long et 20 mètres de haut de voûte, et les tabliers, sont conservés et réparés. Un tablier métallique de 546 mètres de long et 3,10 m de haut est alors posé sur sept nouveaux piliers.
Détruit partiellement en 1944 suite aux sabotages de troupes allemandes en repli, il est reconstruit en 1948 à l’identique, par l’entreprise générale industrielle du Sud-Ouest dont le directeur est Jacques Eiffel, le petit-fils de Gustave Eiffel.
En 2016-2017, le Département a mené une rénovation d’ampleur. Réhabilité, le pont Eiffel s’est doté d’une passerelle supplémentaire pour les piétons et les cyclistes.
Le Département a financé ces travaux à hauteur de 10,8 millions d’euros, et l’État de 16 millions d’euros.
Deux ponts emblématiques construits par Eiffel se trouvent dans le territoire des Graves Entre-deux-mers :
- le pont de Cadillac construit en 1879
- le pont de Langoiran construit en 1881
Les ponts métalliques
Avec l’apparition de techniques de fabrication performantes de l’acier vers la fin du XVIIIe, les ponts métalliques vont se multiplier, en parallèle du développement du réseau ferroviaire. L’âge d’or se prolongera jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Le département de la Gironde entretient 46 ponts métalliques. Le plus ancien est le pont de Castets-en-Dorthe construit en 1905.
Les ponts suspendus
Datant de la fin du XIXe, les ponts suspendus sont des ponts à câbles porteurs dont le tablier est attaché par des tiges de suspension verticales à un certain nombre de câbles flexibles. Contrairement aux autres ponts, les ponts suspendus exercent une traction horizontale sur leur point d'appui.
Les ponts suspendus sont des ouvrages permettant le franchissement de grande portées. Ils ont beaucoup été employés dans l’entre-deux guerres. Ces ouvrages restent néanmoins relativement complexes par les très nombreuses pièces mécaniques en jeu, notamment dans le système de suspension.
Le département de la Gironde compte trois ponts suspendus (hors métropole) :
- le pont du Rouergue à La Réole construit en 1934
- le pont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile construit en 1940
- le pont de Pineuilh de Sainte-Foy-la-Grande construit en 1961
Les ponts en béton armé
Les ponts en béton armé sont constitués d’armatures en acier ajoutées au béton. Cette combinaison accroît la résistance du pont notamment par rapport au poids qu’il peut supporter. Ce type de construction est utilisé depuis le début du XXe siècle.
Le département de la Gironde entretient 763 ponts en béton armé, dont :
- le pont de Savignac
- le pont de Castillon-La-Bataille (pont en arc)
- le pont de Guîtres
- le pont de la RD 672
Le pont de Petit-Palais, sur la RD 121 a été entièrement démoli et reconstruit de septembre 2023 au 31 janvier 2024, pour un montant de 410 000 €.
Les ponts mixtes : métallique et béton
Les ponts mixtes comportent des éléments structurels en acier et en béton armé. Cette particularité permet de faire fonctionner ensemble ces deux matériaux selon leurs meilleures capacités : en compression pour le béton c’est-à-dire pour le poids qui va exercer une force vers l’intérieur, et en traction pour l'acier, soit une force portée vers l’extérieur.
Cette technique de construction a été adoptée dès le milieu du XXe siècle, permettant notamment d’augmenter la rapidité de construction.
Le département de la Gironde entretient 88 ponts mixtes métal et béton, dont le pont Michel de Montaigne à Ste Foy-la-Grande.
Les buses métalliques ou bétons et les ponts cadres
Ce type de pont, développé depuis le XXe siècle, permet le franchissement d'un cours d'eau ou d'un fossé, et parfois de prolonger ou renforcer un pont existant.
Le département de la Gironde entretient 160 buses métal ou béton.
La surveillance et l'entretien des ponts en Gironde
La durée de vie théorique d’un pont est d’environ 100 ans, notamment pour les ponts construits après les années 2000. La longévité moyenne s’établit plutôt autour de 70 ans, avec de fortes disparités selon les matériaux employés et le type de construction.
Le vieillissement des ponts résulte de la dégradation progressive des matériaux, aggravée par les conditions environnementales. Le dérèglement climatique accentue ce phénomène, en raison de la fréquence et de l’intensité accrues des événements météorologiques extrêmes. À cela s’ajoutent les évolutions des usages, avec un trafic croissant et des véhicules de plus en plus lourds.
Une surveillance régulière assurée par les équipes territoriales
Chaque pont fait l’objet d’un suivi rigoureux, assuré par des agents dédiés des six maisons du Département des infrastructures de mobilité, sauf en cas de particularités techniques nécessitant l’intervention de bureaux d’études spécialisés comme le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).
Deux types de contrôles sont réalisés :
- chaque année : une visite de contrôle pour observer l’évolution de l’état du pont et identifier les travaux d’entretien courant et les réparations légères
- tous les six ans : une inspection détaillée et approfondie
Ces délais peuvent être ajustés selon l’âge et l’état de l’ouvrage.
Une classification pour prioriser les interventions
Afin de mieux cibler les priorités d’intervention, le Département s’est doté en 2024, d’un nouvel outil de classification : l’Image Qualité Ouvrages d’Art (IQOA).
Ce système de notation, défini par l’État, classe les ponts selon leur état :
- Classe 1 : bon état apparent
- Classe 2 : entretien spécialisé à prévoir, sans urgence
- Classe 2E : entretien spécialisé urgent
- Classe 3 : structure altérée nécessitant des travaux, sans caractère d’urgence
- Classe 3U : structure gravement altérée et nécessite travaux urgents
95 % des ponts en Gironde sont classés en bon état en 2024.
Les ouvrages classés en mauvais état font l’objet d’un suivi tant technique que socio-économique :
- études de pré-diagnostic et inspections renforcées,
- études de réhabilitation ou de reconstruction,
- information et concertation avec les communes et les usagers,
- évaluation de la gêne occasionnée (en tenant compte de la localisation, du trafic, des déviations, des impacts économiques, etc.)
En fonction de ces éléments, une hiérarchisation pluriannuelle est établie. Des équipes projets du Département assurent le suivi de ces opérations en collaboration étroite avec le bureau d’études. Cela permet de bénéficier d’analyses renforcées et d’établir des plans d’action adaptés.
Trois ponts sont actuellement sous surveillance renforcée :
- le pont du Rouergue à La Réole : fermé à la circulation depuis 2021, y compris aux piétons et cyclistes en période hivernale. Une concertation publique sur son avenir est programmée du 14 juin au 14 juillet 2025.
- le pont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile : fermé depuis fin 2023, en attente de démolition. Une concertation publique aura lieu du 18 juin au 18 juillet 2025 concernant son projet de reconstruction.
- le pont du bois à Izon : actuellement fermé à la circulation. Les travaux sont prévus au dernier trimestre 2025.
Soutien aux entreprises impactées
Lorsque la fermeture d’un ouvrage entraîne des conséquences économiques pour les professionnels et commerçants locaux, le Département peut mettre en place une commission d’indemnisation amiable. La CCI de Bordeaux Gironde, mandatée par la collectivité, accompagne les entreprises dans la constitution de leur dossier.
Le Département anime cette commission, établit les propositions d’indemnisation, les soumet au vote de l’assemblée départementale, puis procède aux paiements.
Le pont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile
Le premier pont suspendu construit en bois pour franchir l’Isle entre St-Denis-de-Pile et Bonzac sur la RD22 date du milieu du XIXe siècle. Il a été démoli en 1929, car devenu trop étroit pour la circulation à cheval.
Reconstruit dès 1930, le nouveau pont connaît une inauguration tragique. Le 3 juin 1931, il s’effondre sous le poids de seize camions chargés de gravier avancés pour le tester entraînant la mort de 13 personnes et 16 blessés. Cet événement reste gravé dans la mémoire des habitants.
Le pont actuel a été reconstruit entre 1938 et 1941. Depuis sa mise en service en 1941, le pont a bénéficié d’un entretien régulier, d’abord assuré par la Direction Départementale de l’Equipement (DDE) de l’État, puis par le Conseil Départemental de la Gironde.
Âgé de plus de 90 ans, le pont est devenu trop risqué. En 2020, les véhicules de plus de 3,5 tonnes sont interdits. Début 2024, malgré cette mesure et un suivi rigoureux, une inspection détaillée met au jour une évolution trop rapide des dégradations. Le 16 février 2024, le Département interdit toute circulation sur le pont.
D’après le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), il existe un risque modéré mais réel d’effondrement du pont sous son propre poids.
Comme d’autres ponts construits entre les deux guerres, le pont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile a souffert de l’augmentation du trafic routier et du poids de plus en plus important des camions.
Un engagement de reconstruire l’ouvrage
Dès mars 2024, le département de la Gironde a pris l’engagement de procéder à la déconstruction, puis à la reconstruction du franchissement.
Concertation publique
Le département de la Gironde a organisé une concertation publique du 18 juin au 18 juillet 2025 pour présenter les aménagements envisagés, et permettre aux habitants de s’exprimer sur le projet de reconstruction.
Environ 50 personnes ont assisté à la réunion publique de lancement et 13 contributions ont été recueillies, principalement sur la plateforme de participation citoyenne du Département.
Le projet et le bilan sont consultables ci-dessous ainsi que sur la plateforme jeparticipe.gironde.fr
Documents à télécharger
L’avancée du projet de reconstruction
Le nouveau pont permettra une circulation motorisée à double sens et sera autorisé à la circulation des poids lourds avec une limitation de tonnage à 19 tonnes et de vitesse à 30 km/h.
En effet plusieurs contraintes viennent ainsi déterminer le projet :
- Contraintes de voirie environnante : la largeur de la voirie jusqu’aux carrefour ne permet pas d’aménagement cyclable
- Contraintes environnementales : des habitats et espèces protégés sont à respecter
- Contraintes liées à l’Isle : avec le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) en vigueur sur les deux communes, aucun nouvel appui ne peut être envisagé dans le lit de l’Isle.
L’aménagement du pont
Tenant compte des contraintes, deux options d’aménagement sur le pont sont envisageables, intégrant les modes doux de déplacement, piétons et cyclistes : zone 30 ou « Chaussidou ». Le choix définitif sera réalisé après les solutions architecturales.
Le choix architectural
Le choix de la solution architecturale sera arrêté lors des études de définition de projet. Deux types de solutions ont été retenues à l’issue de la concertation :
Soit un pont à poutres latérales de type Warren :
Soit un pont de type BowString :
La déconstruction
Déconstruire un tel pont nécessite une très bonne compréhension du comportement structural de l’ouvrage, de ses matériaux, et des problématiques environnementales.
La solution privilégiée utiliserait la capacité portante des câbles actuels. Le tablier serait découpé en petits tronçons en partant du centre, évacués par de petits engins sur la terre ferme.
Pour ce faire, de plus amples vérifications structurelles doivent être faites et des travaux préalables de renforcements seraient nécessaires.
Le calendrier prévisionnel
2026
- Désignation d’un maître d’œuvre (architecte et bureau d’étude)
- Etudes techniques et environnementales de reconstruction
- Consultation en parallèle pour les travaux de déconstruction
2027
- Travaux de déconstruction
- Consultation pour les travaux de reconstruction
2028 – 2029
- Reconstruction de l’ouvrage
Réhabilitation du pont de Rouergue à La Réole
Le pont suspendu du Rouergue, sur la RD 9E6 à La Réole, assure depuis 1835 le franchissement de la Garonne. Le premier pont suspendu avec chaussée en bois avait été construit en 1835. Suite à l’apparition des véhicules automobiles, il devient inadapté et est reconstruit avec tablier métallique en 1935.
Malgré un entretien régulier, le pont a vieilli. Ses pathologies ont conduit à l’abaissement progressif de sa limitation de tonnage, pour arriver à une fermeture totale aux véhicules motorisés en août 2021.
Le pont souffre aujourd’hui de pathologies liées à la corrosion, particulièrement sur les câbles et suspentes, mais également d’une fragilité au froid courante sur ce type d’ouvrage.
Un engagement de pérenniser le pont, dans la concertation
En 2023, le Président et les élus du Département ont pris l’engagement de maintenir le pont sur la Garonne. Une concertation publique a été mise en place sur la plateforme jeparticipe.gironde.fr et a permis une analyse claire des attentes des usagers et riverains.
Retrouvez le dossier de concertation ainsi que le bilan de concertation en téléchargement ci-dessous.
Documents à télécharger
Le projet retenu : la réhabilitation du pont
Suite à cette concertation et en adéquation avec la majorité des voix exprimées, le projet retenu par le conseil départemental consiste en la réhabilitation complète de l’ouvrage, marqueur patrimonial fort du Réolais.
L’usage de l’ouvrage réhabilité évoluera par rapport à la situation actuelle. La chaussée sera ainsi divisée en deux espaces :
- une voie de circulation en sens unique pour les véhicules de moins de 3.5 tonnes
- une voie bidirectionnelle réservée aux piétons et cyclistes.
Les trottoirs existants resteront accessibles aux piétons.
Le calendrier prévisionnel
Après une période de consultation des entreprises de travaux durant l’année 2026, le démarrage prévisionnel de la réhabilitation est prévu pour 2027 pour une durée de deux ans.
La mise en place d’une navette en période hivernale
Depuis décembre 2023, le Département déploie durant chaque période hivernale, en partenariat avec Sud Gironde Mobilités, un service de navette de substitution continue, tout au long de l’hiver. Ce service de transport, gratuit et sans réservation, permet d’assurer une liaison entre le Rouergue et la Réole.



