Adoma : se loger, s’émanciper dans le partage

« Proposer bien plus qu’un toit », c’est la raison d’être d’Adoma depuis sa création en 1956. Elle centre son activité sur l’accompagnement adapté aux personnes en grande difficulté. À l’occasion de la sixième édition de la semaine des pensions de famille, en mai 2026, la structure implantée à Bordeaux, regroupant deux résidences de ce type, rue Rolland et cours du Médoc, a organisé une exposition du projet A4A4 suivie d’un vernissage, dévoilant ainsi les œuvres des résidents. 

Aider les personnes en situation de précarité à obtenir un logement, là est l’enjeu du Département dans son partenariat avec Adoma. L’extension des pensions de familles est l’un des chemins possibles pour lutter contre le « sans-abrisme » et offrir une seconde chance, une aide à l’inclusion dans la société.

David Fièvre-Robert, son responsable développement social, insiste sur l’importance de ce soutien qui, aux côtés de ses autres partenaires, contribue, à l’essor du dispositif. 

« Les pensions de famille sont un regain d’espoir pour ces personnes, et la condition pour être logés, c’est de s’impliquer dans un projet collectif, » 

Pierre*, l’un des résidents confirme : 

« On est accueillis pour se stabiliser, nous sommes souvent des gens écartés du système social, voire avec un passage par la rue. »  

Une autre résidente, Line*, approuve.

« Et là d’un seul coup, vous êtes accueillis dans un organisme qui vous apporte une petite vie privée, » 

L’adhésion au groupe se nourrit d’actions communes. Dans le cadre de cette semaine valorisant l’esprit même des pensions de familles, c’est l’Insoleuse, atelier de sérigraphie lié à la Fabrique Pola, qui a initié un projet avec l’artiste Naïf et les résidents. Il a débuté par une visite de la Fabrique Pola, permettant aux participants de découvrir un environnement de création et de se familiariser avec la sérigraphie. Il s’est poursuivi avec un atelier de conception des visuels puis un atelier d’impression au cours duquel les résidents ont donné vie à leurs œuvres.

« Quand nous leur demandons s’ils sont prêts à recommencer, ils nous répondent : largement ! » s’exclame Naïf.

Entre partage et transmission, les résidents ont adoré cette expérience avec la sensation d’avoir appris et de s’épanouir à travers des œuvres picturales réalisées en commun et un vrai vernissage ouvert au grand public. 

C’est l’état d’esprit défendu par Adoma. En parallèle de ce parcours artistique, une demi-journée dédiée au bien-être a été organisée. Des professionnelles de la socio-esthétique, de la socio-coiffure et de la pédicurie-podologie ont proposé des temps de soins et d’échanges. Ces moments ont permis de travailler sur la confiance en soi et le regard des autres.

Deux autres sites d'Adoma devraient ouvrir d'ici septembre 2026, notamment dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux et le Département entend poursuivre son soutien.

*Les prénoms ont été changés par souci de confidentialité.