Aux bons soins des chèvres, Marlène et Laetitia

Marlène Serrano élève un imposant troupeau de chèvres laitières à Courpiac dans l’Entre-deux-Mers. Un travail qu’elle mène seule depuis la disparition de son compagnon. Heureusement, elle peut compter sur Laetitia Desbarats, qui vient lui prêter main forte grâce au service de remplacement agricole, dispositif subventionné par le département de la Gironde.

Manieu Noël, jolie propriété agricole de l’Entre-Deux-Mers à Courpiac, est le royaume de 88 chèvres sur lequel veille Marlène Serrano. Elle a repris, il y a un peu plus de seize ans la ferme familiale.

« C’est une activité très prenante en particulier avec la traite. Je transforme mes fromages moi-même et je fais de la vente directe. Il y a aussi les fourrages mais également la comptabilité et toute la partie administrative. » 

Marlène a découvert le service de remplacement agricole très tôt car ses parents y avaient recours. Il offre une assistance précieuse aux agriculteurs, en cas d’arrêt de travail pour des raisons de santé ou d’aléas liés à la vie personnelle. Le Département subventionne ce service fondamental au titre de son chef de filat des solidarités humaines. 

« La première fois que j’ai contacté ce service, c’était dans le cadre de mon congé maternité pour un remplacement en fromagerie puis à cause de déboires avec mon dos, des hernies discales qui m’ont handicapée. Là, j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à servir sur les marchés. Ce type de service me permet aussi de gagner du temps pour suivre des formations et assurer des mandats agricoles, notamment au sein de l’Association de formation collective à la comptabilité et gestion, l’Afocg33. »  

Et si Laetitia Desbarats est venue rejoindre Marlène, c’est d’abord à l’occasion de congés mérités. Puis, en décembre 2025, le décès brutal de son compagnon, amène sa remplaçante à tenir un rôle essentiel. 

Laetitia, habituée à faire les saisons dans les vignes, s’est formée peu à peu au métier de chevrière, au point de connaître le petit nom de toutes les biquettes. 

« Je travaille pour Marlène et, côté viticulture, chez Aurélie Carreau au château La Graveyre, à Cambes. Chacune des exploitations a des besoins mais ne peut employer quelqu’un à temps plein. Avant j'intervenais sur cinq exploitations différentes. Là, dans un meilleur équilibre, ma passion des animaux peut s’exprimer. » 

Un amour du métier et des chèvres qui unit donc pour le meilleur Marlène et sa remplaçante très engagée, Laetitia.

Au moment où, dans le cadre de la Foire internationale de Bordeaux, le Salon régional de l’agriculture, bat son plein, il est indispensable de porter à la connaissance du plus grand nombre, l’existence de ce service de remplacement qui peut changer la vie des agricultrices et des agriculteurs girondins.