Ange gardien du quotidien

Mise à jour : 21 octobre 2026

Temps de lecture : 2 minutes

Chaque jour, des auxiliaires de vie permettent à des personnes âgées de rester chez elles. Une mission essentielle que le Département accompagne au plus près du terrain.

Il est 8 heures, la chaleur est déjà lourde dans le petit T2 de Viviane Pemartin, 86 ans, à Portets. Sous oxygène jour et nuit, essoufflée au moindre effort, elle attend Camille Encinas. Depuis cinq ans, la jeune auxiliaire de vie pousse la porte de son logement au moins deux fois par jour. En quarante-cinq minutes, il faut enchaîner le lever, la toilette, l'habillage, le petit-déjeuner, avant l'arrivée de l'infirmière.  

Les habitudes sont bien installées, les regards et les sourires complices aussi. « C'est mon ange gardien. C'est bon pour le moral, je me sens vivante, » glisse Viviane. Ses trois enfants et ses huit arrière-petits-enfants, ses « pious-pious », vivent loin. Alors cette présence quotidienne est devenue un repère, un lien avec l'extérieur, une bouffée d'humanité.

Ce maintien à domicile est rendu possible grâce à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), financée par le Département. Une aide précieuse pour Viviane, ancienne ouvrière d’usine, dont la petite retraite couvre à peine les dépenses. Cet été, elle s'inquiète de la facture d'électricité : l'oxygène fonctionne en permanence et la climatisation est devenue indispensable.

Prendre soin de ceux qui prennent soin 

À 28 ans, Camille exerce à l'ADMR, Aide à domicile en milieu rural, depuis près de dix ans. Recrutée sans diplôme, elle s'est formée sur le terrain et débutera en septembre une Validation des acquis de l'expérience (VAE) pour obtenir le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social. 

C'est en accompagnant un monsieur en fin de vie que j'ai compris que je voulais continuer ce métier et me former. Ce métier devrait être mieux reconnu. Je ne suis pas une femme de ménage. On apporte de l'aide, mais aussi de l'affection. Des liens se créent. 

Pourtant, elle évoque aussi des journées morcelées, cinq minutes seulement entre deux interventions, des remplacements, des déplacements peu indemnisés et une rémunération qui ne reflète pas, selon elle, l'engagement demandé.

Parce que ces professionnels sont indispensables au maintien à domicile, le Département soutient les Services d'aide à domicile (SAD). Grâce au fonds mobilité de la CNSA, il finance l'acquisition de véhicules propres et les équipements de recharge. Camille a ainsi opté pour une voiture hybride de fonction mise à disposition par l’ADMR. Un soutien concret qui facilite les déplacements et améliore les conditions de travail de celles qui, chaque jour, rendent possible le choix de vieillir chez soi.

Retrouvez cet article dans le magazine En Gironde n°151.