Depuis le retour des populations évacuées sur le bassin d’Arcachon, le Bus en +, dispositif déployé par le Département, passe de commune en commune afin de venir en soutien aux sinistrés. Psychologues, assistantes sociales, aide à la petite enfance, … De nombreux spécialistes se relaient afin de déployer une aide complète, au cas par cas. Au Porge, épicentre de l’incendie ravageur, le temps est aussi à l’organisation du retour à la vie normale, au sein de l’école Jean Degoul : relogement, aide alimentaire, collecte de vêtements. Zoom sur l’après.
Sur la route départementale 206 vers Lège-Cap-Ferret et ses arbres brûlés, sur la D3 et ses premières habitations touchées, vers Le Porge, les stigmates de l’incendie sont partout. Symbole d’une population qui réagit, quelques sinistrés commencent à faire le ménage des débris. Leur deuil, leur douleur commune n’ont pas tardé à former une naissante fraternité.
Le Bus en + fait halte à Lège, aux portes de la mairie, le dispositif se pose. Les psychologues attendent les premiers sinistrés qui, le cœur lourd, se confient puis s’allègent. Pour les habitants touchés ou miraculés, la santé mentale demeure abîmée. Dans un climat aussi inquiet que solidaire, l’on s’en réfère aux volontaires, pour que petit à petit, s’estompent les flammes d’hier…
Dès 8 heures, les agentes et agents du Département installent leur barnum, toit de leur foyer d’accueil nomade. Le bus en + permet de « partir à la rencontre des personnes isolées géographiquement » explique Marine Lurca, responsable de circonscription sur le Sud-Bassin, et coordinatrice de ce dispositif. Mais il lui incombe ici « d’accompagner les sinistrés en demande d’un soutien émotionnel et personnel ». Le Bus en + sera présent sur le nord bassin jusqu’à la fin du mois d’août. Les habitants émettent des requêtes selon leur sensibilité. Le suivi au cas par cas s’avère plus qualitatif, comme le souligne, la coordinatrice.
« On peut prendre plus de temps pour accompagner ceux qui ont besoin d’aide afin de mieux répondre à leurs problèmes. »
Quand certains observent, que d’autres hésitent, c’est parfois aux équipes d’aller directement à leur contact. Apolline Fontaniere, elle, n’a pas hésité, déjà assise auprès de Audrey Vert, puéricultrice. Berçant la poussette du petit Léon, elle vient demander des conseils, remarquant l’agitation de son tout-petit, depuis les multiples évacuations vécues du haut de ses 6 mois.
C’est la voix rassurée, qu’elle exprime son soulagement, décrivant « un très bel échange » et repartant forte de conseils pour faire face à cette épreuve. Quand les problèmes sont d’ordre psychologiques, c’est Lison Giordana, professionnelle du métier, qui écoute les doléances des plus impactés. Elle loue les mérites du dispositif mais nuance, en rappelant que l’exercice de l’entretien rapide n’est qu’une impulsion vers une action en profondeur.
« C’est un exercice différent, on peut manquer de temps, ce qu’il faut, c’est les rediriger vers des suivis plus classiques. »
Manger, s’habiller, se reloger…
Au Porge, les bâtiments de l’école n’ont jamais connu autant de mouvement malgré les vacances scolaires. Dans la cour, le toboggan mène à un autre Bus en +, dont les roues viennent cacher la marelle. Dans le hall, les dessins des enfants sont recouverts d’affiches informatives, Sandrine Dastouet Teillier, conseillère en développement territorial dans le Médoc, aiguille les sinistrés, en fonction de chaque besoin ; « On s’adapte à tous les profils. » De son côté, Valentine François, psychologue du Département, va vers ces familles au milieu des vêtements qui sont distribués ou à l’endroit discret où elles viennent récupérer un colis alimentaire.
« Elles n’osent pas forcément faire le premier pas. On les met en confiance pour qu’elles puissent se confier, parler. En fait, ces familles sont en demande de pouvoir raconter ce qu’elles ont vécu. »
Valentine précise que, depuis les incendies de l’été 2022, le Département a mis en place une équipe de psychologues volontaires.
Pour les familles qui ont vu leur maison détruite par le feu, le Département a mobilisé des équipes spécialisées et ses partenaires afin d’apporter des réponses rapides et adaptées. En lien étroit avec la commune du Porge, elles accompagnent les sinistrés dans leurs démarches et recherchent des solutions de relogement, à la fois pour répondre à l’urgence et pour préparer la reconstruction dans la durée. Cette plateforme, Gironde Relogement Solidaire, a suscité une mobilisation qui porte déjà ses fruits. À ce jour, elle a permis de prendre en compte la situation de 119 ménages soit 283 personnes dont 77 enfants. 12 familles ont d’ores et déjà trouvé une solution de relogement pour une durée d’un à deux ans, le temps nécessaire à la reconstruction de leur logement.
Ces premiers résultats témoignent de l’élan de solidarité exceptionnel qui s’est exprimé au Porge, dans les communes voisines et partout en Gironde. Grâce à une mobilisation dans laquelle le Département a pris toute sa part, des solutions concrètes émergent et, au lieu de l’angoisse et l’incertitude, l’espoir dans le temps long reprend toute sa place.
En lien étroit avec la commune du Porge, les équipes du Département accompagnent les sinistrés dans leurs démarches et recherchent des solutions de relogement, à la fois pour répondre à l’urgence et pour préparer la reconstruction dans la durée. Contact au Porge du lundi au samedi : 06 09 71 88 31 et 06 17 57 80 28 - gironderelogementsolidaire@gironde.fr