Alors que les pompiers et les forces engagés sur le terrain luttent pied à pied pour contenir l’incendie, à l’arrière, la Croix Rouge, la Protection Civile, nombre d’associations et de bénévoles coordonnent les missions mais s’occupent aussi des personnes évacuées. Les agents du Département les nourrissent et veillent à leur confort quotidien.
Dans un premier temps, la base arrière de la lutte contre les incendies a été hébergée au collège Gaston Flament de Marcheprime mais l’évacuation de la commune a amené le Département à accueillir le centre opérationnel de la Croix-Rouge au collège Nikki de Saint Phalle, à Villenave d’Ornon. Dans cette véritable ruche qui réunit d’autres structures comme l’Ordre de Malte ou encore plusieurs associations liées au secourisme, il faut veiller aux équipes et aux bénévoles qui se relaient pour être proactifs vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Il faut que chacune, chacun puisse se restaurer et se reposer, dormir un peu, profiter des sanitaires et d’instants de détente pour rester opérationnels. Du côté du restaurant habituellement réservé aux élèves et à leurs professeurs, on s’active pour proposer plus de 600 repas là aussi toute la journée et durant la nuit selon l’arrivée et le départ des ambulances et autres convois de secours. Marc Deffez est à la manœuvre. Troquant sa casquette de conseiller territorial en restauration, il dirige une dizaine de personnes, toutes et tous agentes et agents du Département qui se sont proposés pour aider…
« Je veille à l’approvisionnement et à la récupération permanente des denrées et je passe commande auprès des fournisseurs afin de préparer des menus. Je veille aussi à ce que les équipes puissent se relayer et n’effectuent pas un nombre d’heures de travail trop lourdes. »
Autour de Marc, des chefs, des cuisiniers, des agents de service, tous engagés à la cuisine, au service, à la plonge. C’est le cas d’Audrey : « Je travaille habituellement à Gujan-Mestras et j’y suis agente d’entretien mais je me suis proposée spontanément. Des petits déjeuners aux repas du soir, on est partout. Le rythme est rapide mais on s’adapte. » Soukaina, agente volante dans plusieurs collèges de Soulac-sur-Mer à Mérignac est là aussi au service : « J’étais en congés mais je suis revenue, la solidarité c’est aujourd’hui, pas demain. » Christophe Bronceau, lui, est chef cuisinier à Blanquefort mais il entend, ici, simplement faire partie du collectif : « Ça se passe très bien, il y a une très bonne organisation, une très bonne ambiance et ça fait plaisir d'être utile. »
Aujourd’hui, trois personnes cuisinent, deux agents de la direction des collèges s’occupent de la gestion et trois sont au service, veillant également à l’entretien des tables. Un peu plus loin, derrière la cour qui fourmille de bénévoles en mouvement, il y a les sanitaires dont il faut veiller à la permanente propreté. Fatima y agit avec énergie.
« Je suis conseillère en hygiène des locaux dans le Libournais et en Haute-Gironde. Je me suis inscrite sur la liste des gens qui voulaient participer. Je tiens à ce que celles et ceux qui partent sur le terrain aient leur meilleur accueil ici. »
Damien, qui travaille au service logistique du Département, ne dit pas autre chose : « Il faut être solidaire entre nous. »
Dans cette ruche, Brigitte, une habitante de Villenave d’Ornon, se présente sur le site de restauration. « Je ne sais pas comment je peux aider, ce que je peux faire mais j’ai envie d’agir. C’est le moment où jamais d’être présent. » Parce qu’une mobilisation exceptionnelle continue de répondre à cet événement hors norme.