Foyer EVA, à l'écoute de son corps

Au Foyer EVA, à Braud-et-Saint-Louis, sont accueillies des personnes adultes en situation de handicap mental. Avec la chorégraphe Aline Landreau, résidents et personnels de l’établissement renouent avec leur corps et imaginent de nouvelles interactions. Le projet, baptisé Feu Follet, s’inscrit dans le dispositif L’un est l’autre porté par le Département.

Aline Landreau, en cette matinée presque printanière fait le tour des bâtiments de plain-pied du Foyer EVA où vivent 80 personnes de 20 à 60 ans, en situation de handicap mental. Chacune ou chacun est invité à laisser ses occupations quotidiennes. Dans une salle commune, celles et ceux qui le souhaitent, renouent avec leur corps lors d’une séance d’automassage. Exclamations et rires accompagnent les indications d’Aline. Cet après-midi, une expérience chorégraphique les attend. « Nous avons pu impliquer l’ensemble des personnes qui vivent mais aussi travaillent dans le Foyer EVA toujours sur la base du volontariat. » Aline Landreau, chorégraphe et danseuse, liée à la plateforme Météores, place la transmission et l’échange au cœur de ses pratiques de danse. 

« Feu Follet symbolise mille façons d’animer un foyer en apportant un autre regard sur le handicap que celui souvent porté par la société. » 

Le rapport au corps, à soi, aux autres et à l’espace est développé. Les résidents et les salariés d’EVA sont invités à participer à des ateliers de danse, une fois par mois. Les expériences autant individuelles que collectives, étant filmées et dessinées, aboutiront à un objet final qui reste à définir.

 Le Département, lié par ses compétences en matière de solidarité, au Foyer EVA, porte bien sûr le projet L’un est l’autre qu’il cofinance et qui s’adresse aux publics éloignés des pratiques culturelles, en jouant sur l’intergénérationnel et l’inclusivité.

Le Foyer EVA, à Braud-et-Saint-Louis, établissement non médicalisé qui a ouvert ses portes en 2010, est fort d’une équipe de 80 professionnels encadrant les résidents. François Brandon, responsable de l’accompagnement éducatif, Noémie Drots qui pilote l’animation comme la directrice des lieux, Marie Thouraud, apprécient tout particulièrement le projet. 

« Des résidents s’inscrivent pour participer à Feu Follet alors qu’ils ne s’impliquent pas habituellement dans des activités. Ces temps de rencontre ont des effets apaisants. Les professionnels participent volontiers. Des équipes qui vont bien, ce sont aussi des résidents qui vont bien. »