Au Porge comme autour du Bassin d’Arcachon, le département de la Gironde poursuit son action auprès des habitants touchés par les incendies.
Accompagnement social, soutien psychologique, aide au relogement et coordination des acteurs de la solidarité sur le terrain : un dispositif exceptionnel de proximité est encore aujourd’hui déployé pour répondre aux besoins des habitants par un accueil, une écoute et un accompagnement humain en proximité de leur parcours de vie.
Gironde Solidaire, est un exemple de mise en œuvre du Plan Départemental de Sauvegarde qui vise à garantir l’articulation entre les acteurs publics dans la gestion de crise et renforcer la coopération avec l’Etat (Préfecture et national) et les collectivités locales et ce même en post-crise.
Concrètement, plus de 350 agentes et agents du Département (chiffrage en cours) issus des services se sont impliqués et relayés tout au long de la crise pour répondre aux demandes des habitants, des associations, des services de secours et leurs besoins opérationnels. Les agents ont par ailleurs été aux côtés des communes en suivi des personnes vulnérables dont les personnes âgées évacuées (services d’aide à domicile ou des Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes).
- Chiffres clés
- 199 situations de relogement accompagnées par la cellule Gironde Relogement Solidaire
- 92 foyers d’ores et déjà relogés ;
- 7500 repas préparés par les collèges ;
- 4 collèges ouverts pendant la crise ;
- 24 psychologues du Département mobilisés pour 53 journées de soutien psychologique ;
- Les travailleurs sociaux fortement impliqués avec 89,5 journées d'équivalent temps plein mobilisées ;
- 29 jours de permanence du « Bus en + » dans le Médoc, avec une présence en moyenne de 5 professionnels / jour et 16 jours d'accueil sur le Bassin d’Arcachon ;
- 9 M€ d’impact financier pour le Département (estimation à date, une séance plénière extraordinaire dédiée se tiendra le lundi 28 septembre prochain).
Cellule relogement solidaire
Pour accompagner les habitantes et les habitants suite à la perte de leur habitation, le Département mobilise, en lien avec ses partenaires, des équipes spécialisées afin d’apporter des réponses rapides et adaptées. La cellule de relogement accompagne les habitants dans leurs démarches et recherche des solutions adaptées, de l’hébergement temporaire au relogement durable.
Le Département active une Maîtrise d’Œuvre Urbaine et Sociale (MOUS), en lien avec l’Etat, pour soutenir l’ingénierie déployée. Cette MOUS est un dispositif qui s’intègre au sein du Plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) de la Gironde et permet d’apporter, à la lumière des enjeux et des situations des personnes, un accompagnement social, technique et opérationnel, pour répondre au besoin de relogement des habitantes et des habitants.
Chiffres clés (depuis le 1er août, au 8 septembre)
- 199 foyers accompagnés,
- 92 foyers ont d’ores et déjà trouvé une solution de relogement pour une durée d’un à deux ans, le temps nécessaire à la reconstruction de leur logement.
L’accompagnement se poursuit
Les situations continuent d’arriver. Des habitants qui n’avaient pas encore sollicité la cellule viennent faire le point sur l’après-incendie.
Les travailleurs sociaux du Département connaissent un accroissement des besoins sociaux très marqué avec 20 à 40 entretiens par jour pour des besoins nouveaux de publics non identifiés.
La cellule reste mobilisée pour écouter, orienter et accompagner chaque ménage dans la recherche d’une solution adaptée.
Permanences dédiées avec le « Bus en + »
Des permanences sont organisées aussi longtemps que nécessaire dans les communes impactées. Une assistante sociale et une secrétaire médico-sociale du Département apportent aux habitants un service public au plus près de leurs besoins (soutien psycho-social, démarches administratives ou encore démarches financières).
- Au Porge, tous les mardis et jeudis devant le CCAS du Porge, place de la mairie de 9h à 17h
- A Lège-Cap-Ferret, les lundis 7 et 14 septembre, parvis de la mairie, de 9h à 17h
- A Lanton, au Pôle territorial des Solidarités, 1 rue Transversale, les 11, 16, 21, 25 et 28 septembre, de 9h30 à 16h30 (sauf les vendredis)
Pour qui ?
Les familles et ménages qui ont besoin de faire le point en lien sur leur situation peuvent s’orienter vers le « Bus en + » pour obtenir :
- Un soutien psycho-social ;
- Un accompagnement aux démarches administratives ;
- Un accompagnement aux démarches financières ;
- Un accompagnement social ;
- Ou une orientation vers les dispositifs d’aide.
Renseignements :
Pôle Territorial des Solidarités de Lanton — secteur Coban 05 57 76 22 10
Pôle Territorial des Solidarités du Médoc — secteur du Porge 05 57 88 84 90
La mobilisation des équipes des collèges
Plus de 104 agents de la Direction de l’Éducation et des Collèges se sont mobilisés dès le 24 juillet.
Les agents ont assuré sur place et en « base arrière » à Mériadeck, la restauration, l’entretien des locaux et des sanitaires et douches, les approvisionnements, la logistique, la maintenance et le support technique, la récupération de dons, la tenue des plannings, les adaptations d’organisation en lien avec les services hébergés et les autres collectivités.
Leur mobilisation a permis de répondre aux besoins des services de secours avec :
- La mise à disposition de mobilier et de matériels issus des collèges pour équiper les sites d’hébergement d’urgence (160 tapis de gymnastique, 100 tables et 100 chaises pour aménager le Parc des Expositions (PEX) et accueillir les personnes évacuées).
- L’ouverture de trois collèges (Marcheprime, Villenave-d’Ornon Nikki-de-Saint-Phalle, Villenave-d’Ornon Chambéry) avec offre d’hébergement complète pour accueillir les services de secours de la Croix Rouge, de la Protection civile, de la gendarmerie et des pompiers. Ces sites ont accueilli jusqu’à 400 personnes par jour et leurs véhicules de secours.
- L’ouverture du collège du Teich pour accueillir et héberger des personnes évacuées d’un EHPAD d’Audenge et assurer la restauration de plus de 200 personnes par jour.
- La restauration assurée sur le site de Villenave-d’Ornon Nikki de Saint-Phalle a également permis de livrer des repas à l’Aérocampus de Latresne le week-end du 1er et 2 août et des repas pour les pompiers hébergés à Saint-Jean-d’Illac les 3 et 4 août soit une production de 400 repas par jour (matin, midi, soir et collation)
Au total, ce sont plus de 7500 repas qui ont été préparés entre le 24 juillet et le 2 août sur les collèges de Marcheprime, de Villenave-d’Ornon et du Teich.
La mobilisation des équipes s’est poursuivie en août avec la remise en état des collèges, le retour du matériel emprunté, la reconstitution des stocks et la préparation des établissements pour la rentrée scolaire.
Un réseau optique qui a globalement résisté
Pendant les incendies, Gironde Numérique a déployé des boxes d’urgence pour permettre de maintenir un réseau numérique de secours. Gironde Numérique reste pleinement engagé aux côtés des populations, des communes et des services de secours et continue d’identifier précisément les infrastructures touchées, tandis que les opérations de rétablissement et de reconstruction sont d’ores et déjà préparées.
Chiffres clés
- 418 clients fibre recensés à date comme coupés ;
- 80 km de réseau aérien affectés ;
- 72 armoires et 1100 poteaux affectés.
Des impacts limités sur les infrastructures enterrées
Sur les 64 kilomètres de réseau situés dans les zones brûlées, les infrastructures enterrées n’ont pas été directement impactées par les incendies. Ce choix d’aménagement, engagé dès 2018, a permis de limiter les conséquences de la catastrophe sur les infrastructures structurantes du réseau.
Impact sur les infrastructures de mobilité départementales
L’incendie de Saumos entraîne dans son sillage de nombreuses chutes d’arbres tant sur le domaine public que privé (estimation cartographique de 85 000 arbres), sans compter la détérioration des enrobés des routes départementales et des pistes cyclables. Certaines barrières ou dispositifs de signalétique ont également été ôtés voir endommagés lors des opérations.
Afin d’assurer la sécurité des usagers, le Département doit anticiper les conséquences des incendies sur le réseau routier et dégager une enveloppe de près de 8,1 M€ pour mener à bien des réparations ou des opérations d’élagages.
Impact sur les Espaces Naturels Sensibles (ENS) départementaux
4 ENS départementaux ont été touchés par les incendies. Les zones impactées représentent plus de 158 hectares (ha), réparties comme suit :
- 18 ha touchés sur la réserve de Lacanau ;
- 1,76 ha touché au Grand Crohot ;
- 33,73 ha concernés sur le secteur du Canal des Étangs ;
- 105 ha sur le site de Castillonville, dont 80 ha de parcelles de recherche INRAE incendiées.
Bilan estimatif de l’impact de l’incendie de Saumos
Le Département dresse un premier bilan des dépenses induites par l’incendie de Saumos et la mobilisation exceptionnelle des agents départementaux tout au long de la crise. Une première estimation indique près de 9 M€ d’impact financier pour le Département.
« L’école autrement » : redonner l'envie d'apprendre
Au centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF), certains enfants accueillis vivent aussi des ruptures scolaires en lien avec des traumatismes répétés, absence de figures d’attachement stables. Pour répondre à leurs besoins spécifiques, et les accompagner dans leur autonomie scolaire, le département de la Gironde à travers son CDEF, expérimente depuis 2025 un dispositif innovant : L’École autrement.
Mené en partenariat avec l’Éducation nationale et soutenu par des mécènes, ce projet repose notamment sur une classe mobile rendue possible grâce au don d’un véhicule par Vinci Autoroutes et à son aménagement par le Rotary Club de Bordeaux.
« Quelle quantité de jus est contenue dans ce citron ? » demande l’enseignante détachée de l’Éducation nationale. Face à elle, Téo, 11 ans, et Mathieu, 13 ans (les prénoms ont été modifiés) réfléchissent, expérimentent et apprennent. Dans cette classe à effectif réduit, les savoirs s’acquièrent autrement. À raison de deux séances de deux heures par semaine, les enfants reprennent progressivement confiance dans leurs capacités et renouent avec les les rythmes scolaires.
« J’aime la mythologie, l’histoire et la couture », confie Téo. Mathieu, lui, résume simplement : « Cette école est là pour apprendre, et j’aime bien. »
Pour ces jeunes l’enjeu dépasse largement la réussite scolaire. Ils ont besoin de sécurité et de stabilité émotionnelle pour pouvoir apprendre. L’objectif premier est donc de leur offrir un environnement rassurant, cohérent et stable, où des adultes de confiance les accompagnent dans la durée. Dans ce cadre, les enfants peuvent progressivement satisfaire leurs besoins d’appartenance, d’estime de soi et de reconnaissance avant de retrouver le chemin des apprentissages.
Lorsque les cours quittent la salle de classe installée sur leur lieu de vie, ils prennent place dans le camion de l’Ecole autrement, aménagé spécialement pour eux. Véritable classe mobile, ce lieu atypique permet aux enfants d’explorer le territoire, de découvrir des lieux inspirants et de nourrir les futures leçons. Avec ses aménagements chaleureux et son atmosphère apaisante, le véhicule favorise également les échanges avec les professionnels. Le petit groupe constitue l’un des piliers de cette approche. Là où certains enfants se retrouvent en difficulté dans une classe ordinaire, l’accompagnement individualisé leur permet d’être pleinement considérés et soutenus. Cette « bulle relationnelle » favorise l’émergence de la confiance, réduit les stratégies d’évitement liées aux traumatismes et redonne progressivement du sens aux apprentissages.
Depuis son lancement, le dispositif a également multiplié les projets culturels, artistiques, sportifs et de pleine nature, en lien avec les programmes de l’Éducation nationale et de nombreux partenaires. Ces expériences valorisantes permettent aux enfants de découvrir leurs talents, de développer leur estime de soi et de porter un regard plus positif sur leurs capacités.
Douze enfants, douze trajectoires uniques.
Depuis le lancement en octobre 2025, douze enfants ont été accompagnés.
Parmi eux, deux ont retrouvé une scolarisation à temps plein et cinq suivent désormais un parcours d’inclusion progressive dans leur établissement d’origine.
Les transformations sont notables et les résultats encourageants. Les enfants réclament de venir et prennent véritablement plaisir à apprendre soulignent les professionnels qui les accompagnent.