Du trouble anxieux généralisé, Emmanuelle Ramon a fait une œuvre théâtrale. Elle raconte ce chant du Petit Oiseau caché à l’intérieur d’elle-même et qui ne peut pas prendre son envol. Aidée à la mise en scène et à la direction d’acteur par Margaux Langlest, la comédienne a été doublement récompensée, il y a cinq ans. Elle a reçu un prix Coup de cœur du jury et un Prix du public lors de l’édition 2021 de Talents d’avance. Grâce à ce dispositif culturel, porté par le Département, Petit Oiseau a pris de l’altitude et a rencontré le succès.
Emmanuelle Ramon est tombée dans le théâtre dès l’école primaire.
« Après mon bac, je pensais qu’il fallait rejoindre une école d’art dramatique à Paris mais mes parents ne me trouvaient pas assez mature. Je me suis rabattue sur la fac Arts du spectacle à Bordeaux. Là, effectivement, je n’avais pas la maturité nécessaire et j’ai opté pour un BTS hôtellerie-restauration. Diplômée, je me suis demandée : mais que-ce que tu fais ? Le théâtre s’est imposé. »
Grâce à des amis, Emmanuelle rejoint Le Théâtre en Miettes, à Bègles où elle reçoit une formation avant d’intégrer le Conservatoire. Malgré les années Covid, elle s’accroche et passe son examen pour lequel elle doit présenter un travail personnel : ce sera Petit Oiseau.
Pendant ce temps, Margaux Langlest qui a aussi fréquenté les bancs du Conservatoire de Bordeaux, alarmée sur le statut précaire de l’intermittence, va créer sa compagnie pour disposer d’une structure destinée à ses projets mais aussi à ceux des autres. Elle retrouve Emmanuelle, emballée par son travail en lien avec la santé mentale.
« Je me suis dit, ça me touche, ça me parle. On s’était croisées au Conservatoire sans se connaître vraiment, c’est donc après qu’on a créé du lien. »
Dans la foulée Petit Oiseau est présenté à l’édition 2021 Talents d’avance, concours lancé par le Département pour promouvoir les jeunes artistes girondins, cette année-là engagés dans un projet théâtral. L’œuvre est doublement primée.
Pour rappel, en lançant le dispositif Talents d’avance, le Département promeut les artistes émergents girondins, conscient de la précarité du statut des jeunes acteurs de la culture. Il lie ainsi ses politiques culturelles et sociales dans un même élan.
Depuis, Petit Oiseau a grandi.
« J’ai moi-même un trouble anxieux généralisé et j’avais très envie de créer un one woman empreint de stand-up, d’un rapport frontal avec le public. Petit Oiseau a reçu un bon accueil. Après une résidence près de Pau qui nous a permis de le consolider, nous avons rodé le spectacle au théâtre de La Rousselle à Bordeaux. Pendant un an et demi, il a eu une diffusion grand public. Et comme nous avons eu un bon retour avec les adolescents et leurs parents, on est rentré dans le Pass’Culture et Petit Oiseau a été tourné dans les lycées »
Un processus de médiation a intégré la psychologue scolaire, l’infirmière du lycée et, le cas échéant, une association proche impliquée sur le thème de la santé mentale.
Petit Oiseau est loin de replier ses ailes. Après un spectacle dans une MJC de Nancy le 25 juin, il sera visible à Bordeaux, au cœur du festival Menthalo autour de la santé mentale, le 17 octobre, au Bien Public avant d’être programmé au Glob Théâtre les 12 et 13 novembre prochain.