Les cours d'eau et milieux aquatiques

La Gironde compte un réseau dense de fleuves, rivières, crastes, esteys, etc... aux régimes hydrauliques variés et extrêmes.

 

Le fonctionnement des bassins versants

 

Le bassin versant est une unité géographique naturelle qui recueille à travers un cours d'eau et ses affluents les précipitations. Au-delà de la définition géographique, le bassin versant est un écosystème qui inclut autant les eaux de surface (lac, cours d'eau, zones humides) que souterraines.

Ce territoire cohérent hydrauliquement constitue la meilleure entité pour une gestion globale et intégrée de la ressource en eau, c'est-à-dire que l'ensemble des acteurs du territoire peuvent s'associer pour définir les conditions d'utilisation de la ressource au regard des contraintes des uns et des autres, des enjeux locaux et de la préservation de l'environnement.

En effet les activités humaines dévelopées à l'intérieur des limites du bassin versant influent sur la qualité de l'eau et sa disponibilité quantitative : il existe des liens d'interdépendance entre l'amont et l'aval du bassin versant.

 

Les rivières

 

La rivière est un milieu aquatique fortement influencé par les activités humaines présentes sur son bassin versant. La plupart des cours d'eau ont été fortement aménagés et modifiés par l'homme. Ces aménagements ont des répercussions parfois irréversibles sur le fonctionnement des milieux aquatiques (rôle auto-épurateur, échange avec la nappe phréatique, développement d'une grande diversité biologique).

Le Département, depuis 1999, s'est engagé auprès des différents maîtres d'ouvrage (syndicats de bassin versant par exemple), dans une politique de préservation et de valorisation de la rivière en créant la Cellule d'Assistance Technique à l'Entretien des Rivières (CATER). Cette cellule a pour vocation l'aide à l'entretien des cours d'eau, à la préservation d'espèces faunistiques et floristiques en voie de disparition ou encore la sensibilisation aux méthodes douces d'aménagement.

Afin de poursuivre ces actions qui ont en outre permis le recrutement de 17 techniciens rivières ces dernières années dans les structures en charge de cette problématique, la CATER est devenue en 2008 la CATERZH : la Cellule d'Animation Territoriale Rivières et Zones Humides en vue d'ancrer davantage son rôle d'animation territoriale et d'étendre ses compétences aux zones humides.

Le Bureau de la Ressource en Eau quant à lui propose un appui aux collectivités en matière d'aménagement des cours d'eau, de lutte contre les inondations (gestion des ouvrages hydrauliques et des digues) afin que les écoulements puissent se réaliser. Il assure aussi un suivi qualitatif et quantitatif des eaux de rivière grâce à un réseau de points de mesures et de prélèvements.

 

Les crues et étiages

 

Les crues et les étiages sont des périodes où les rivières et les nappes des cours d'eau atteignent respectivement leurs niveaux les plus hauts et les niveaux les plus bas.

inondation après XynthiaEn Gironde, les inondations sont provoquées :

  • par des crues fluviales importantes (débit élevé de la Garonne ou de la Dordogne)
  • par des crues lentes de petits ruisseaux ou bien de forts ruissellements lors d'épisodes orageux (Artolie, Pimpine, Charros, Rieuvert...)
  • par la conjonction d'une crue importante de la rivière, de la marée et du vent (dans l'estuaire et à l'aval des bassins).

La crue correspond à une hausse du niveau des eaux due à une augmentation de la quantité d'eau qui s'écoule dans la rivière. C'est un phénomène naturel qui entre dans la vie normale d'une rivière.

En Gironde ce sont 229 communes qui sont concernées par ce risque d'inondation. Elles sont localisées le long de la Garonne, de la Dordogne, de l'Isle, de la Dronne, du Dropt et de l'estuaire de la Gironde.

Virvée à sec août 2005

L'étiage en Gironde s'observe la plupart du temps en été et peut se prolonger jusqu'au mois d'octobre. L'étiage a une image moins spectaculaire que l'inondation mais peut être beaucoup plus catastrophique écologiquement.

L'étiage correspond généralement à une situation naturelle, due à une pluviométrie faible et à des températures élevées à laquelle les écosystèmes tentent de s'adapter. Cependant différentes pressions (prélèvements d'eau pour divers besoins, destruction des zones humides, rectification des cours d'eau...) viennent s'ajouter et accentuer le phénomène naturel de basses eaux.

Les situations observées peuvent devenir extrêmes et le manque d'eau peut provoquer des impacts désastreux sur l'environnement (écologie des rivières fragilisée, qualité de l'eau dégradée) et l'apparition de conflits d'usage (activités économiques et récréatives perturbées).

 

 

Les zones humides

 

Les zones humides sont des espaces de transition, entre terre et eau, présentant les caractéristiques suivantes :

  • La présence d'eau au moins une partie de l'année;
  • Les sols hydromorphes (c'est-à-dire présentant des signes de saturation en eau);
  • La végétation de type hygrophile (c'est-à-dire qui se développe en milieux humides).

 

Les zones humides contribuent aussi bien à la protection de la ressource en eau, qu'à celle des habitats naturels et des espèces. En effet, elles remplissent des fonctions essentielles dans la régulation de la ressource en eau (capacité de stockage : elles limitent l'intensité des crues et peuvent restituer l'eau en cas de sécheresse), la dépollution des eaux (capacité « d'autoépuration »), la constitution des réservoirs biologiques, le développement d'activités économiques et récréatives.

Les zones humides sont ainsi essentielles à la biodiversité et vitales pour l'homme. Pourtant, ces milieux sont très menacés depuis la moitié du XXème siècle, principalement en raison des pressions humaines (urbanisation, infrastructures, agriculture, ..).

Fort de ces constats, le Département de la Gironde s'est engagé dans une politique volontariste forte de préservation de ce patrimoine naturel.

En 2009, une étude a été lancée pour identifier les enjeux de ces milieux, définir et coordonner les actions des politiques publiques en Gironde. Ainsi, un plan d'actions des zones humides de la Gironde (PAZH33) réalisé dans la transversalité et la concertation, a été approuvé le 5 février 2010 par l'ensemble des partenaires départementaux associés.

Le PAZH33 a pour double rôle de cadrer la politique départementale et d'inciter les maîtres d'ouvrage à s'inscrire dans une démarche globale de gestion des zones humides, des cours d'eau, des habitats et des espèces associés.

 

 

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