Conférence sur la perception des risques majeurs

À l’occasion de la Journée internationale sur les risques majeurs, le Département organise un cycle de conférences sur la perception des risques inondation, et les évènements majeurs qui impactent notre territoire. Comment l’individu évalue-t-il le risque et son environnement ? Quels comportements adopte-t-on en gestion de crise ?

Ouverte aux collectivités girondines impliquées dans la gestion des risques naturels, à tous les acteurs locaux concernés par le sujet, et au public qui s’y intéresse, cette journée permettra de partager les regards afin d’améliorer sur son propre territoire la prévention ou la gestion des évènements extrêmes.

Plusieurs chercheurs mettront en évidence les études basées sur des analyses en psychologie qui questionnent les individus sur leur vision du territoire et leur appréhension face au risque. Une table ronde rapportera cette thématique aux zones inondables en Gironde, en abordant la question de leur gestion, leur aménagement dans l’avenir, et la place de l’humain dans cet environnement.

Rediffusion

Revivez les échanges ci-dessous.

Cette rediffusion sera accessible jusqu'au 30 novembre 2022.

Programme

  • 9h : Accueil
  • 9h25 :
    • Introduction de la journée par Pascale GOT, vice-présidente chargée de la protection de l'environnement, des espaces naturels sensibles, gestion des risques
    • « L’individu face à son environnement », Laura MENATTI, Chercheuse au Konrad Lorenz Institute for Evolution and Cognition Research, Kloterneuburg Austria, rapporteuse de séance
    • Agnès FERNANDEZ, journaliste indépendante spécialisée en aménagement du territoire et environnement, animatrice de la journée
  • 9h55 : Conférence sur « Perception du risque et prévention » par Rémi KOUABENAN, Professeur de psychologie du travail et des organisations à l’université Grenoble Alpes
  • 11h : Conférence « Distorsion et distance entre la connaissance de l’expert et le sens commun » par Oscar NAVARRO, Professeur des Universités en psychologie sociale et environnementale à l’Université de Nîmes
  • 11h30 : Conférence sur « Entre risques perçus, connus et ampleur des mobilisations » par Marc-Eric GRUENAIS, Professeur en anthropologie de la santé, politique et des religions à l’Université de Bordeaux
  • 12h15 : Pause déjeuner
  • 13h30 : Présentation du baromètre IRSN « L’évolution de la perception des risques et de la sécurité par les Français à travers le temps » par Hugo LUTUN, Chargé d’études sur la perception des risques et de prospective à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
  • 14h :
    • Présentation du territoire et du Programme d’Action de Prévention des Inondation de l’Estuaire par Jean-Luc TROUVAT, Directeur du SMIDDEST
    • Prise de parole du CEREMA avec le guide sur la culture du risque par Adeline MARTEAU, Chargée d’études risques naturels au CEREMA à Bordeaux
  • 14h20 : Table ronde « Application au territoire à risque inondation sur l’Estuaire de la Gironde » avec l’ensemble des intervenants
  • 15h30 : clôture

Les intervenants conférenciers

  1. Rémi KOUABENAN, Professeur de psychologie du travail et des organisations à l’université Grenoble Alpes. Perception du risque et prévention.  
    « La présente intervention vise à évoquer l’intérêt que représente la prise en compte de la perception des risques pour leur prévention. Elle s’emploie à montrer comment cette perception affecte notre comportement face aux risques et notre décision de nous protéger ou de ne pas nous protéger, ou encore de suivre ou non les recommandations de sécurité. Elle souligne comment les variations dans la perception des risques et les croyances de toutes sortes sont susceptibles de générer des biais et des illusions susceptibles d’affecter nos comportements devant le risque et nos réactions face aux alertes et aux campagnes de prévention. Les mécanismes psychologiques en œuvre dans la perception des risques seront exposés et expliqués. On évoquera également le lien entre perception des risques, la perception de l’alerte et le comportement. Enfin, on évoquera quelques pistes qui suggèrent comment la prise en compte de la perception des risques et la perception de l’alerte peut contribuer à accroître l’engagement et l’implication dans la prévention du risque inondation. »
  2. Oscar NAVARRO, Professeur des Universités en psychologie sociale et environnementale à l’Université de Nîmes. Distorsion et distance entre la connaissance de l’expert et le sens commun.
    « Notre approche cherche à comprendre la relation complexe des individus aux risques climatiques. Sous le spectre de connaissances sociales, évaluations, perceptions, représentations et jugements, nous nous intéressons à comprendre comment les risques climatiques vont être définis par les citoyens non experts, et comment ils comptent s’y adapter, faire face, agir ou non pour s’adapter, se protéger. L’hypothèse principale est que la connaissance experte dans la définition et l’évaluation des risques se confronte assez souvent à une évaluation produite par la connaissance du sens commun, engendrant des divergences et tensions entre les populations, les experts et les autorités. Notre approche cherche à appréhender également les facteurs psychosociaux pouvant expliquer la mise en place des comportements de protection face aux risques. Un certain nombre des facteurs ont été identifiés pour comprendre et expliquer les réactions des populations à la menace climatique : auto efficacité perçu de l’action, la confiance envers les institutions, représentations sociales des enjeux, attachement au lieu, etc. »
  3. Marc-Éric GRUENAIS, Professeur en anthropologie à l’Université de Bordeaux. Anthropologie de la santé, politique et des religions. Les enjeux externes influençant la perception individuelle des risques.
    « Les médias, les experts, les politiques, les populations, les travailleurs, les industriels sont constamment interpelés ou interpellent régulièrement les « décideurs » pour prendre (ou non) des mesures face à un risque identifié. Rappelons que le sociologue allemand U. Beck caractérisait la modernité des sociétés contemporaines par leur rapport au risque. Pour tous les types d’acteur énumérés ci-dessus certains risques sont « meilleurs à penser » que d’autres : une épidémie, une guerre, une catastrophe dite naturelle, etc., donnent lieu par exemple à des mobilisations plus importantes que les accidents de vélo qui font de nombreuses victimes. L’ampleur des mobilisations n’a souvent que peu de rapport avec l’ampleur du risque documenté, et certains risques, connus, sont parfois invisibilisés. Les mesures d’anticipation pour tous entrent en compétition, voire en conflit, avec les situations de certains. Et chacun de rationaliser (des experts et des politiques aux individus) sa légitimité à minimiser ou à amplifier les conséquences de l’exposition à un risque, composant avec les injonctions contradictoires inhérentes aux difficultés d’administration de la preuve et d’une causalité. La communication illustrera cette thématique de la hiérarchisation des priorités et de la perception des risques notamment à partir d’exemples empiriques. »
  4. Hugo LUTUN, chargé d’études sur la perception des risques et de prospective à l’IRSN.  Présentation du Baromètre sur la perception des risques et de la sécurité par les Français de l’IRSN.
  5. Adeline MARTEAU, chargée d’études risques naturels au Cerema à Bordeaux. Impliquée dans des projets relatifs au développement de la culture du risque.  Présentation du nouveau guide du Cerema sur la culture du risque.
  6. Jean-Luc TROUVAT, Directeur du SMIDDEST. Présentation du territoire et du Programme d’action de Prévention des Inondation de l’Estuaire de la Gironde
  7. Laura MENATTI, chercheuse au Konrad Lorenz Institute for Evolution and Cognition Research, Kloterneuburg AustriaL’individu face à son environnement.