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Emmanuel, le chant des invisibles

Emmanuel Commenges est un artiste authentique et généreux. Musicien, auteur-compositeur, il porte aussi le chant des invisibles, celui des personnes âgées. Dans le cadre du projet L’un est l’autre, il interprète des textes issus de la rencontre avec les résidents de l’EHPAD de la Réole. 

Un couloir nu dans l’établissement qui héberge des personnes âgées et dépend de l’hôpital de La Réole, Emmanuel joue quelques notes de saxophone. Un vieil homme un peu perdu, lui répond par un cri. Sa voix et les notes se mêlent bientôt, attirant peu à peu un public ébahi, résidents et personnel confondus.

« C’est une expérience incroyable, un lien social qui ne s’explique pas. C’est une somme d’émotions que nous partageons »

L'artiste, aujourd’hui installé du côté de Duras, dans le Lot-et-Garonne, a été formé au conservatoire de sa ville puis à Paris, pratiquant le jazz mais aussi le piano et des instruments plus insolites après son séjour en Inde, Emmanuel reste très ému de l’expérience lancée, il y deux ans, via le dispositif du Département, L’un est l’autre.

En résidence dans l’EHPAD, Emmanuel qui souligne « J’ai retrouvé l’accent et la manière de parler de mes grands-parents langonnais », a donc mené une belle expérience d’écriture avec les personnes âgées et des salariés œuvrant auprès d’elles. À l’écriture et comme regard extérieur, il s’est assuré le concours de son amie, Laurence Poueyto, actrice, auteure et metteuse en scène. Huit personnes, aînés et employés, ont participé de près à la création. Résultat : un spectacle, Maintenant = Poésie, spectacle musical, basé sur une galerie de portraits chantés. Plusieurs représentations sont d’ores et déjà programmées : à la Maison des Arts et Arts-Thérapeutes d’Aquitaine (MAATA) de Bordeaux, le 3 juin, le 10 juillet à L’Accordeur de Saint-Denis-de-Pile et pour le festival Hors Jeu En Jeu au mois de novembre.

Sons et mots pour mémoire

Emmanuel Commenges qui, depuis, six ans, a décidé d’écrire ses chansons en français, a aussi sorti son premier album dans la langue de Molière, Des larmes de couleur, l’an dernier. Entreprise de passionné, au cœur de l’épidémie de coronavirus, elle ne lui laisse aucun regret :

« Il faut continuer à diffuser la création culturelle et lui donner tous les moyens de rencontrer des publics qui peuvent et doivent être pluriels, nouveaux. »

De cette culture, évidemment essentielle, il parle avec douceur et conviction, préparant pour Maintenant = Poésie, un prolongement discographique qui sera disponible à la fin de l’année.

Si les mots des personnes âgées, mêlés à ceux d’Emmanuel, à ses notes, colorées et limpides, disent la singularité de ces expériences de vie, l’artiste qui est intervenu également à l’Établissement et service d’aide par le travail (ESAT) de Floirac, reste persuadé d’une ouverture culturelle encore à venir, à réinventer.

« Notre spectacle avec des aînés à inspiré une suite qui va être proposée à la ville de Bordeaux pour trois EHPAD et un collège. »

Le projet d’Emmanuel a reçu un accompagnement de 10 000 euros sur deux ans dans le cadre du dispositif départemental L’un est l’autre.